Puisque nous y revenons toujours, autant en discuter.
La déception référendaire
Et dans cette discussion vous vous gardez bien de prendre acte de ce que je vous dis à propos de la montréalisation du Québec au titre « Rencontre avec André Drouin - Tribune libre de Vigile - 21 août 2009, Robert Barberis-Gervais, Marcelle Viger
Or vous y revenez en voulant justement stigmatiser la région de Québec, coupable de n’avoir voté à 4% de moins que l’ensemble des régions du Québec ayant voté à 60% en faveur du OUI.
« Les stratégies à la petite semaine qui camouflent des intérêts régionaux ne peuvent remplacer le courage politique qu’il faut pour défendre des intérêts nationaux. »
Voilà bien ce qui nous entrave et ce que je dis dans le titre précité concernant votre parti pris en faveur d’Alain Simard et de son coup de force unilatéral est bien ce que vous nous accusez de faire.
Dénoncer la montréalisation du Québec
Voilà ce qu’il nous faut maintenant faire.
Ça c’est la version courte...
Voici la version longue de ma réponse à votre message...
Cela vous prendrait « du courage politique qu’il faut pour défendre les intérêts nationaux » du Québec en matière de calendrier des festivals. Et, il semble que vous en manquiez. Pire, ce n’est pas tant une question de courage selon moi, mais bien, d’information. Le Québec est coupé en deux. Et Québec proteste. Québec a protesté en 1995. À quoi sert un Québec souverain qui Québec n’existe pas pour Montréal, d’autant si Montréal compte sur le Québec pour se libérer de l’emprise canadianisatrice ? Je n’endosse bien sûr pas ce genre de raisonnement. Mais penser pouvoir le contrer avec ce que vous nous proposez, n’est ni conséquent, ni productif.
La déception n’est pas de mise aujourd’hui
C’est avant qu’il aurait fallu agir. ET, c’est maintenant qu’il faudrait agir et face à ce que je vous présente, qui me semble donner des pistes, vous nous revenez avec votre déception... On tourne en rond... Désolé de vous le dire.
Le « mystère de Québec » est pourtant simple à comprendre. Il réside dans l’opposition de Québec à la montréalisation du Québec, à sa partition entre une métropole arrogante et le reste du Québec. En deux, puisqu’en terme de population c’est moitié moitié.
Le Québec n’est pas un réservoir de votes souverainistes
Tant et aussi longtemps que vous serez déçu de ne pas avoir reçu votre redevance « votes souverainistes », on n’avancera pas d’un pouce. Et, cela ne fera qu’accroitre l’ampleur du gouffre séparant le Québec de sa métropole. Ce qui m’inquiète grandement. Votre refus de prendre acte des conséquences de la montréalisation du Québec est fort inquiétant en effet. Si les analystes éclairés ne parviennent pas à le faire, cela témoigne bien dans l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.
Bien sûr, le cas des Francofolies n’est qu’un cas d’espèce. Mais cela ne l’empêche pas justement à valeur d’exemple de témoigner du reste de la situation nationale. En somme, si nous parvenons à régler la question du réflexe régionaliste de Montréal qui refuse de considérer les protestations de Québec, comme vous le faites en refusant de prendre acte de ce que je vous ai présenté, nous pourrions avancer.
Québec dans les années soixante était une fourmilière animée et partie prenante active exemplaire en terme de Révolution tranquille. L’université Laval n’était encore pas déménagée à Sainte-Foy, le Quartier Latin du Vieux-Québec grouillait d’activité, Piaf, Trenet, Alice Roby, Aznavour, et combien d’autres y avaient leurs aises, Alfred Hitchcock venait en août 1952 à Québec d’y tourner La Loi du silence (I Confess). De grands politiciens y ont représenté la vigueur de Québec. Jean Lesage pour n’en nommer qu’un. On y tournait des émissions de télévisions, « Les enquêtes Jobidon », et surtout, venue de partout de l’Est du Québec, du Lac Saint-Jean, de la Côte-Nord, de la Gaspésie une jeunesse avide y a fait ses classes.
Gilles Vigneault y a fait ses premières armes en cofondant l’une des premières boîtes à chanson du Québec au coeur de la ville coin D’Auteuil et rue Saint-Jean. Ce Chantauteuil. Quartier général de ces jeunes comédiens qui dans les années 70 ont fait les belles heures du Trident fondé par Paul Hébert et du Théâtre du Bois de Coulonges et de son premier festival de Théâtre au Québec, la Quinzaine internationale du Théâtre de Québec fondé par Jean-Marie Lemieux et Rachel Lortie.
Plus tard la Superfrancofête conçue par des Québécois s’est métamorphosée en Festival d’été. Mais depuis les années 70, la montréalisation culturelle et politique du Québec a mis la hache dans tout ça. Cela grâce à la centralisation à Montréal des centre du pouvoir politique et culturel consacré par l’antenne fédérale canadianisatrice de Radio-Canada. On a ensuite tué la Quinzaine de théâtre pour donner plus l’essentiel de subvention à Montréal... dans les années 80. ( Via la Ministre Courchesne à l’époque sous-ministre à la culture )
Tous unis contre la montréalisation du Québec
Qui dit centre de production télé dit... tout... Ce qui a obligé une flopée de Québécois de l’est du Québec à s’expatrier à Montréal, et les artistes en sont les plus évidents spécimens, et cela a saigner le Québec, et Québec. De Gilles Vigneault à Guylaine Tremblay, de Jean Leloup à Marie Tifo, de Pascale Picard à Guy et Louis Bélanger, de Bob Walsh à Dédé Fortin, de André Robitaille à Richard Desjardins, de Josée Deschênes à Pierre-François Legendre et j’en passe ( Sébastien Ricard, Rémy Girard, Raymond Bouchard, Francis Leclerc, Ariane Moffat, Roy Dupuis et autres Robert Lepage et Guy Laliberté... et j’en passe ). Il y avait tellement de Québécois(e)s exilé(e)s à Montréal qu’un resto bar a pu naître et en vivre... Le Cherrier.
Québec depuis les années 70 n’a fait que péricliter... que se vider de son sang. La saignée n’est toujours pas près de s’achever si Alain Simard parvient sans problème à achever le travail entamé depuis plus de 40 ans. Ce n’est toujours que la même logique de l’unilatéralisme montréaliste arrogant et aveugle qui partitionne le Québec.
Robert Lepage le fondateur de Québec
Robert Lepage a le premier été en mesure de faire la coupure d’avec cette tendance délétère. Cela lui a couté beaucoup, et ce n’est pas pour rien qu’il est à Québec une véritable idole. Mais à lui seul il ne peut tout faire, même s’il y participe grandement. La radio poubelle est né de ce mécontentement, car les Québécois savent ce que c’est d’avoir été un vraie capitale, ils s’en souviennent. Cela ne fait pas des siècles, cela était vrai il n’y à pas 30 ans encore et on pouvait encore espérer car on en respirait toujours le parfum, jusqu’à ce qu’il s’étiole complètement justement dans les années 90.
Ce ne sont pas que les fonctionnaires qui ont été frustrés par une gouvernance du Québec montréalisée. C’est la ville toute entière qui y a vu encore là un preuve de la montréalisation du Québec. Ce ne sont pas des fonctionnaires que nous voulons, c’est d’une ville de décideurs, une ville où une production télé conséquente se fait. Pas étonnant qu’on se soit servi de la radio pour exprimer cette révolte qui tenait lieu de bouée de sauvetage. ET, le PQ et les souverainistes ont été les propres artisans de ce montréalisme débridé et sans retenue. Je le retrouve dans votre refus de considérer mes propositions.
Tout ça exprimer non pas contre Montréal, mais bien contre le montréalisme. Montréal aussi doit s’opposer à la Montréalisation du Québec et ça commence maintenant par le holà à mettre sur l’absolutisme montréaliste de Alain Simard, nonobstant tous ces autres mérites. Il nous faut des politiques qui positionne non pas Montréal, mais LE Québec. Vous verrez que Québec voudra bien être cette capitale qu’elle aurait dû toujours demeurer.
Une vraie capitale pour le Québec
Voyez ce que le Canada a fait d’Ottawa, un village... Et, Montréal, les souverainistes Montréalais doivent être les premiers à vouloir la pareille pour LE Québec, et au premier chef pour sa capitale. Ce qui devra aussi se faire pour toutes les régions du Québec.
Qu’on ne vienne pas nous dire qu’en développant Montréal c’est tout le Québec qu’on développe... C’est de la foutaise et ce serait plutôt le contraire, c’est en développant tout le reste du Québec qu’on développe Montréal et qu’on peut lui procurer la majorité qu’il est incapable d’obtenir pour que le peuple souverain DU Québec invalide l’État canadianisateur montréaliste et fonde la RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE du PEUPLE SOUVERAIN du QUÉBEC.
L’Axe du mal - Montréal-Toronto-Ottawa
Et ce n’est pas Juste pour rire (1)...
Nous savons depuis longtemps à Québec que le pouvoir économique et politique DU Québec se trouve dans l’axe Montréal-Ottawa-Toronto. Québec a compris et a décidé pour retrouver un peu de pouvoir de sauter par dessus Montréal pour atteindre directement Ottawa... avec bien sûr l’aide des canadianisateurs qui eux ont vite compris... Il leur a suffit de dégommer Jean-Paul L’Allier qui s’est bien en vain évertué, seul au monde, à combattre la montréalisation du Québec... Même Parizeau n’a pu y faire quelque chose, la vente des Nordiques étant la cerise sur le gâteau montréaliste souverainiste qui a donné le résultat qui vous a déçu...
Moi, ce qui me déçoit, c’est que les souverainistes refusent encore de s’attaquer à la montréalisation du Québec, alors même que Québec est en train de se donner des ailes... et, ce n’est pas parce qu’ils ont utilisés des fonds fédéraux que l’allégeance de Québec leur est acquise. En fait, il suffirait de peu pour renverser la vapeur... Un peu d’espoir quant au fait que les Montréalais souverainistes ont compris qu’ils doivent prendre justement le parti de la nation... du Québec, et non endosser la partition montréaliste du Québec. Cela commence par stopper le rouleau compresseur d’Alain Simard pour donner AU QUÉBEC, un calendrier des festivals qui positionne LE QUÉBEC au niveau national et international pour en faire le pays des festivals. Montréal ne pourra qu’y gagner... et les canadianisateurs partitionnistes d’Ottawa... que perdre... et faire mentir Jean Charest.
Je n’ai ici qu’effleurer différents aspect de la problématique liée à la montréalisation culturelle, artistique, économique, sociétale et politique du Québec et du souverainisme. En espérant contribuer à ouvrir les yeux d’aucuns, non pas pour enfoncer Montréal, mais au contraire pour faire des Montréalais de vrais Québécois, qui ont à cœur le vrai développement de tout le Québec. Comme je suis certain que vous êtes de ceux-là, ne reste qu’à le prouver en dénonçant avec nous la montréalisation partitionniste du Québec.
(1)
J’avais un grand projet de développement des arts et métiers d’art visuels du Québec... ( comme Riopelle à son retour d’Europe... et parce que c’était prévu à Québec, on l’a renvoyé comme un malpropre... À la fin de sa vie... à la question de la fille de du peintre Marcel Barbeau ( Refus Global ) la réalisatrice Manon Barbeau, concernant son apparent dépit, obtenait émue la réponse de Riopelle suivante... « L’art ! Qui s’en soucie ? » )
Hé bien... Ottawa s’en soucie...
J’avais un grand projet pour Québec et pour le Québec, le Fonds arts et patrimoine futur... appuyé par Jean Paul L’Allier. Je suis allé voir Jean Pelletier qui m’aimait bien à l’époque où il n’était que maire de Québec, il a bien aimé mon projet que je lui ai présenté à l’époque où il était directeur de cabinet de Jean Chrétien, et, à qui me dit-il vouloir demander conseil pour avoir un avis pour un projet à faire à Québec en matière d’arts visuels d’envergure... ? À Gilbert Rozon...
J’ai compris ce jour-là que mon projet pourrait se faire seulement si je déménageais à Montréal... Pour faire de la lèche à tout un chacun là-bas. Je ne sais pas si M. Pelletier en a parlé Juste pour rire à M. Rozon, mais ce que je sais, c’est que je n’ai plus jamais eu de nouvelle de ce côté de son côté. J’aime bien M. Rozon, et je comprends pourquoi il fait la pluie et le beau temps à Montréal avec ses festivals français et anglais, et pense investir à Toronto... C’est là que ça se passe au Québec... Montréal-Ottawa-Toronto... Quand les souverainistes auront compris ça... Quand ils voudront bâtir le Québec, ils cesseront de vouloir le montréaliser... et Québec aura envie de devenir une vraie capitale...
Ottawa s’en soucie... quand il est question de distraire le bon peuple... En Jazz états-unien et en rire dans les deux langues officielles. Mais pas pour Riopelle... qui lui est Québécois et le seul artiste canadien à avoir, ou avoir eu un cote internationale conséquente... pas question de valoriser ça...
Si Riopelle n’est pas parvenu à faire à Québec quelque chose de congruent… Comment pourrais-je réussir dans le contexte actuel… Ce sont donc les technocrates montréalistes du MACC via le Musée national des Beaux-arts du Québec qui ont pu obtenir les fonds pour rénover l’ancienne prison des Plaines pressentie par Riopelle pour installer sa Fondation capable d’inviter au Québec ses amis du marché international de l’art… duquel il était partie intégrante après s’être expatrié à Paris dans les années 50. Il voulait en faire profiter le Québec, lui, le seul peintre Québécois capable de vendre ses œuvres dans les maisons de ventes de New York, Paris ou Londres. Mais ça c’est une autre histoire…
Je voulais simplement vous faire part de l’ampleur du problème lié à la chaîne de commandement… qui prévaut au Québec.
J’espère autre chose, comme vous. Québec aussi.
Québec a été évincé et cela lentement depuis 30 ans et jusqu’à un point de non retour... et Québec n’a pas l’intention de jouer le faire valoir de Montréal.
Québec sera une vraie capitale ou le Québec ne sera pas ! C’est aussi simple que ça… Et le Québec, ce n’est pas Montréal… C’est aussi simple que ça.
Tant que Montréal ne cessera pas de montréaliser le Québec comme Ottawa canadianise le Québec… les souverainistes montréalais ont de forte chance d’être éternellement déçus. Et, après avoir cessé, il faudra penser à Québéciser le Québec, en le démontréalisant... Commençons par cesser sa montréalisation, déjà ça... Pour cela il faut aller au delà que la querelle de clocher et imposer autre chose qui les dépassent, et ça, c’est le Québec, c’est le sort du peuple souverain du Québec qui n’aspire qu’à faire l’UNION de ses forces, à tous égards.
Voir aussi
LE SOLEIL du 19 mars 2002, p. A17
Riopelle ou les obsèques nationales de la honte.