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Je vais le dire souvent pour que les indépendantistes le comprennent bien et l’assimilent : pour faire l’indépendance du Québec, il faut se libérer ou réduire nos dépendances. J’en identifie 3 principales :
1 - notre dépendance politique à un gouvernement extérieur, centralisateur, autoritaire et inutile qu’est Ottawa. Nous le savons toutes et tous. Les fédéralistes disent que nous recevons de la fédération plus que ce que nous payons, soit 2.1 milliards$, mais ils ne mentionnent pas les coûts de dédoublement des juridictions et des services qu’on évalue à 2.5 millards$. Et surtout, ils ne parlent pas des pertes de productivité qui résultent principalement du fait que des milliers de décisions qui concernent notre développement et notre avenir sont prises sans que nous ayons un mot à dire. En fait, nous sommes un peuple de mendiants et de quêteux face à un maître qui nous fait chanter avec notre propre argent. Nous sommes un peuple-locataire de notre espace collectif.
2 - notre dépendance médiatique aux média traditionnels de masse (journaux, radio, télévision et publicité) concentrés, pour la plupart, entre les mains des forces fédéralistes. Les propriétaires de ces mass médias ne sont pas, comme on tente de nous le faire croire, des spectateurs neutres et objectifs, mais des acteurs engagés et qui défendent leurs propres intérêts qui ne coincident pas nécessairement avec ceux du peuple et de la nation.
3 - notre dépendance organisationnelle aux partis politiques qui sont des organisations à intelligence pyramidale, de type autoritaire, centralisatrices et contrôlantes qui nous réduisent la plupart du temps en simples ramasseurs de fonds et en organisateurs d’élections. Ces organisations de type pyramidal, par leur essence même, produisent des décideurs coupés de leur base, mal informés, vivant dans un univers clos et privilégié, poursuivant une carrière qui leur est propre, enivrés par le pouvoir et dont les intérêts divergent la plupart du temps de leurs commettants. La démocratie représentative a ses limites qui conduit à un déficit démocratique important. On le voit au PQ, on le voit au BQ et on le verra à QS.
Les voies du changement
Pour mettre fin à notre dépendance politique, nous devons obtenir l’adhésion majoritaire de la nation québécoise. Cette adhésion majoritaire peut s’exprimer lors d’une consultation populaire, mais elle peut également s’exprimer par d’autres moyens, comme l’élection décisionnelle à double majorité. Un référendum si nécessaire, mais pas nécessairement un référendum. Comme le peuple québécois nous a clairement indiqué le 26 mars 2007 qu’il ne voulait pas, à ce stade-ci, d’un 3è référendum, nous devrons chercher ailleurs des façons de recueillir l’adhésion majoritaire des québécois à un projet d’indépendance. Pour ce faire, il faudra d’abord construire un argumentaire solide et étayé que les politiciens professionnels du PQ, du BQ ou de QS ont négligé ou refusé de faire jusqu’à maintenant. C’est le projet du Grand livre de l’indépendance, un projet collectif, inédit et évolutif. Chose certaine, ce n’est pas en jetant le bébé avec l’eau de bain, comme le Parti québécois s’apprête à le faire, qu’on va relancer le projet indépendantiste.
Pour mettre fin à notre dépendance médiatique, nous devons faire l’utilisation optimale des technologies de l’information et de la communication. Lors de la présente élection, l’Internet a joué un certain rôle et on l’a vu avec les blogueurs adéquistes. On le voit également en France dans le cadre de la campagne présidentielle et aux États-Unis. Lors de la prochaine élection, cette tendance va s’accroître au point de devenir un facteur majeur. L’Internet nous offre tous les outils multimédias (texte, image et son) pour réduire notre dépendance face au 4è pouvoir et construire un contre-pouvoir qu’on appelle maintenant le 5è pouvoir. Voir à ce sujet : "La révolte du pronétariat" . Voir aussi : "Le cinquième pouvoir ou comment internet bouleverse la politique"
Enfin, pour réduire notre dépendance organisationnelle face aux partis politiques traditionnels, comme le PQ, le BQ et QS, nous devrions être en mesure de construire et de mettre en place, grâce à l’internet, des organisations à intelligence collective c’est-à-dire des réseaux de personnes ou de groupes qui s’organisent "par dessus" les partis politiques et qui seront en mesure de les influencer en développant une démocratie participative qui sera complémentaire à la démocratie représentative et saura mieux l’encadrer. La "Saison des idées" ne sera plus une opération interne et temporaire destinée à consolider le pouvoir d’une élite dirigeante pour favoriser une thèse au détriment d’une autre, mais au contraire, une opération externe et permanente où l’intelligence collective pourra s’exprimer sans contrainte. Voir à ce sujet : "L’intelligence collective, la révolution invisible"
C’est le défi qui attend le mouvement indépendantiste. Cela prendra le temps qu’il faudra.
Pierre Cloutier
Bon article qui propose des solutions en antithèse de celui fataliste, aliénée et morbide de l’impossible Denise Bombardier.
Néanmoins, en étant aussi pessimiste mais par la réflexion comment croire que dans une société de masse ici comme partout en Occident que ce ne soit pas toujours la fragmentation qui prenne le dessus à travers même les nouvelles technologies comme l’internet et les téléphones cellulaires. Comment croire qu’une société de masse puisse échapper à la division du travail qui détermine la dominance des corporations professionnelles dans les entreprises, les médias, les organisations internationales, les partis politiques et dans la bureaucratie des États ?
L’indépendance de la nation devrait toucher le vouloir vivre ensemble et déborde de la question d’éliminer le dédoublement administratif du fédéral. Comment retrouver une âme commune dans ce Canada artificiel mais aussi plus largement dans un monde égoïste fondé en bonne partie sur l’argent et une certaine identité professionnelle qui pour la plupart se termine avec un bungalow et un garage.
Présentement l’individualisme vécu prédomine sur l’option d’un réseau plus virtuel que véritablement réel dans la société. Il suffit de se rendre dans un magasin grande surface pour y trouver la marque d’un non rapport. Alors la société, la nation deviennent secondaire et la concentration sur la famille ou le couple se fait.
Et l’ADQ y trouve son fond de commerce dans la famille avec ses candidats comptables. Si Falardeau avait bel et bien prédit l’avenir du Québec avec Bob Gratton ?
Le pessimisme le plus absolu le plus noir procure toutes les chances d’une contre offensive efficace.
Le sort des nations sans État
Qui peut doûter que le sort que subissent aujourd’hui les autochtones du Canada soit le même que celui du Peuple québécois dans quelques décennies ?
http://www.cyberpresse.ca/article/20070331/CPACTUALITES/70331063/6488/CPACT UALITES
Seule la convergence de la majorité des Québécois vers leur statut de souveraineté nationale peut résoudre la crise de division sociale et politique que nous vivons aujourd’hui au Québec, afin d’éviter des lendemains beaucoup plus instables économiquement, dû à la mondialisation et aux pillages des ressources naturelles.
Jean-Louis Pérez (membre du PQ)

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