Dans les commentaires sur mon dernier article « On regarde passer le train », j’ai reçu, comme vous pouvez le lire des commentaires très variés. Il y a cependant une constante : tout le monde a peur de la division, tout le monde veut atteindre un même but, l’indépendance mais ce sont les moyens qui semblent différer.
Quelqu’un m’a écrit que les Québécois, du moins un certain pourcentage, sont sur le quai de la gare et hésitent à monter dans le train. (du P.Q.) Comment peut-on inciter les gens à monter dans un train dont le chef a éteint la locomotive ? Ce n’est pas la population qui doit pousser le train pour le faire démarrer, c’est le chef de train qui doit d’abord initier l’énergie de la locomotive et ensuite convaincre les voyageurs des avantage de prendre le train. Si on attend le messie on va faire comme les juifs, ils l’attendent encore après plusieurs milliers d’années.
On m’accuse de diviser plutôt que d’unir, de crier au loup pour faire fuir tout le monde. Ça peut paraître comme ça fis si on gratte un tout petit peu la surface, on s’aperçoit que je ne divise personne. Pour diviser, à la base, il faut avoir deux unités. Pour diviser les indépendantistes, il faut au moins deux partis indépendantistes. Il y a le P.I. qui l’est, clairement et quel est l’autre ? Il y a belle lurette que le P.Q. ne l’est plus. C’est pourtant d’une clarté limpide ! Je voudrais bien convaincre moi-même et mon entourage de monter dans le train du P.Q. mais monter dans ce train est suicidaire. Pendant qu’on cherche un messie chef de train, sur la voie parallèle fédéraliste, le train passe pleine vapeur et on ne tente même pas de l’arrêter, on le regarde passer l’air béat. Sur la troisième voie il y a une locomotive gonflée à bloc mais avec beaucoup moins de wagons que celui du P.Q.
C’est vrai que je crie au loup. Je le fais parce qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour qu’il ne soit plus possible de rejoindre et dépasser le train fédéraliste. On n’a pas le temps d’attendre le messie. Le travail, et c’en est un, c’est de raccorder les wagons orphelins à une locomotive prête à partir. Le plus gros travail actuellement, les commentaires me le prouvent, c’est de faire prendre conscience que le premier train est arrêté, immobile, et n’est définitivement pas prêt à partir, de brasser les nostalgiques. On a plus le temps de rêver à un P.Q. motivateur, énergique et efficace. Si par un miracle aussi inattendu, improbable que relevant d’une divinité révolue, le P.Q. s’active on verra mais entretemps, il faut bouger et vite. Plus de temps pour les peut-être les « oui mais… » et les accusations de fausses divisions, il faut maintenant agir.

