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Fête des Patriotes de 1837-1838
Le testament de Chevalier de Lorimier
Jean Charest fête des Patriotes abstraits et non situés historiquement
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
lundi 18 mai 2009      417 visites      6 messages


Pour la fête des Patriotes de 1837-1838

LE TESTAMENT DE CHEVALIER DE LORIMIER pr Robert Barberis-Gervais

Jean Charest fête des Patriotes abstraits et non situés historiquement

A Nicole Hébert

***

Mme Michèle Courchesne, ministre de l’Éducation, peut-elle nous assurer que les élèves québécois seront mis en contact pendant les cours d’histoire avec le Testament de Chevalier De Lorimier, ce chef-d’oeuvre de la littérature québécoise et universelle ?

Dans son annonce publiée dans les journaux, Jean Charest fête des Patriotes abstraits et non situés historiquement.

"Hommage aux patriotes" écrit-il. "En ce 18 mai, c’est avec une fierté bien sentie que nous rendons hommage à ces hommes et ces femmes qui ont ouvert la voie au Québec d’aujourd’hui : une société où régnent la démocratie, la justice et la liberté." Signé Jean Charest, Premier ministre du Québec. Accompagné d’une belle photo with the smiling prime minister. DÉMOCRATIE JUSTICE LIBERTÉ en blanc sur fond bleu.

Lisez le testament de François-Marie-Thomas Chevalier De Lorimier. Je suis fier de pouvoir associer mon nom à ce grand écrivain-patriote en compagnie de Pierre Falardeau et de bien d’autres dont de nombreux participants à Vigile.net. J’espère être digne de ce magnifique testament qu’il est impossible de lire sans une vive émotion et un sentiment d’admiration. Comme je l’ai constaté en le faisant lire à mes élèves du collège de Sorel-Tracy pendant trente-six ans.

Je ne crois pas que Jean Charest élu sous de fausses représentations et dans le mensonge par 20% de francophones et par les Anglais et assimilés soit digne de se réclamer du sens de l’honneur et de la dignité de Chevalier De Lorimier. Je ne puis m’empêcher de penser à André Pratte qui dans une basse attaque contre Pierre Falardeau et Gilles Rhéaume qui ne se gênent pas pour tenir tête aux Anglais, en parlant du grand Maurice Richard et du patriote De Lorimier s’est référé à eux en faisant un jeu de mots ignoble en disant : le pendu et le suspendu.

Ça nous en dit long sur le sens de l’histoire du penseur à gages de Gesca-Paul Desmarais. Ce jeu de mots, je ne le lui pardonnerai jamais. S’il avait vécu en 1839, André Pratte aurait été parmi "cette foule stupide et insatiable de sang".

J’en appelle aux arquebuses de l’aube de toute ma force en bois debout. (Gaston Miron, Séquences)

Vous essayez de me bâillonner. Je vous réponds non. Je vous réponds, je recommence. Je vous garroche mes volées de copeaux de haine, de désirs homicides. Je vous magane, je vous use, je vous rends fous. Vous ne m’aurez pas. J’ai endurance. Je me désinvestis de vous, je vous échappe. J’ai retrouvé l’avenir. (Séquences, Gaston Miron, dit par Francis Halin, 28 octobre 2006, sur YouTube)




LE TESTAMENT DE CHEVALIER DE LORIMIER

Prison de Montréal, 14 février 1839, à 11 heures du soir.

Le public et mes amis en particulier, attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l’heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d`impartialité. L’homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour. L’intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. Je ne prendrais pas ce parti, si je ne craignais qu’on ne représentât mes sentiments sous un faux jour ; on sait que le mort ne parle plus, et la même raison d’état qui me fait expier sur l’échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J’ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d’une manière vraie et solennelle à mon heure dernière. Non pas sur l’échafaud, environné d’une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot.

Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l’insurrection et l ’indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n’ont été entachées d’aucun des crimes qui déshonorent l’humanité et qui ne sont que trop communs dans l’effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j’ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l’indépendance de mes compatriotes ; nous avons été malheureux jusqu’à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d’exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d’un hiver canadien.

Malgré tant d’infortune, mon coeur entretient encore du courage et des espérances pour l’avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l’assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l’anarchie et d’une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent ; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué de deux étoiles des Canadiens.

Je laisse des enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins, c’est vous que je plains, c’est vous que la main ensanglantée et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n’aurez pas connu les douceurs et les avantages d’embrasser votre père aux jours d’allégresse, aux jours de fêtes ! Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d’autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eut accompagné ses tentatives, on eut honoré ses actions d’une mention honorable. "Le crime et non pas l’échafaud fait la honte." Des hommes, d’un mérite supérieur au mien ont battu la triste voie qui me reste à parcourir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants ! vous n’aurez plus qu’une mère tendre et désolée pour soutien. Si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l’indigence, demandez quelque fois en mon nom, je ne fus jamais insensible aux malheurs de mes semblables.

Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d’échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais !... Je n’ai plus que quelques heures à vivre, et j’ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes. Pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m’écriant : Vive la liberté, vive l’indépendance !

CHEVALIER DE LORIMIER.

***

Bonne fête des Patriotes assassinés par les Anglais, les descendants des vainqueurs de la Bataille des Plaines d’Abraham.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 18 mai 2009




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Vos commentaires:
  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    18 mai 2009, par Michel Laurence
    Merci d’avoir recopié le testament de Chevalier de Lorimier.
  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    18 mai 2009, par Luc Archambault
    Oui, merci.
  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    18 mai 2009, par Mario Goyette

    Hommage aux Patriotes de Jean Charest. " En ce 18 mai, c’est avec une fierté bien sentie que nous rendons hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont ouvert la voie au Québec d’aujourd’hui : une société où règnent l’oubli, l’hypocrisie et la tricherie."

    DÉMOCRATIE JUSTICE LIBERTÉ, en blanc sur fond bleu. BÉTON ASPHALTE LIQUIDE, au noir sur fond rouge.


  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    18 mai 2009
    Bravo ! Enfin une étincelle apparaît, demain peut-être, un feu flamboyant !
  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    19 mai 2009, par Jean-François-le-Québécois

    Merci, monsieur Barberis-Gervais.

    Quant à John James Charest, notre bien-aimé premier ministre qui n’est même pas fichu de faire carrière sous son vrai nom, nous ne devons pas oublier qu’il s’agit d’un politicine qui ne cesse de mentir à la population, qui ne se gêne pas pour baillôner l’opposition officielle (comme il y environ 5 ans)... et qui de toute évidence, est aitant attaché à la démocratie qu’à sa première paire de chaussettes !

    Que Charest, véritable destructeur de notre richesse et de notre liberté, associe de cette façon son « nom » à celui des Patriotes, me retourne l’estomac à l’envers !


  • Le testament de Chevalier de Lorimier
    21 mai 2009, par Jean Paul Tellier

    C’est ben nous autres, ça aussi : on préfère souligner les assemblées publiques plutôt que la rébellion !

    La rébellion des Patriotes a eu lieu en Octobre.



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