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« Après que [la Conquête] eût arraché de ce sol la souveraineté inconsolable de la France, les ’Français canadiens’ sont convaincus qu’après le siècle d’oppression qui suivit pour eux la conquête anglaise, un second siècle écoulé sous le système défini par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 ne leur a pas assuré, dans leur propre pays, la liberté, l’égalité et la fraternité... » Charles de Gaulle, 1967
             
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Le sommeil culturel de la jeunesse québécoise
Maxime Schinck
Tribune libre de Vigile
lundi 29 octobre 2007      178 visites


Je suis étudiant. Normalement, à ce titre, je devrais écrire cette lettre ouverte pour décrier le dégel des frais de scolarité, pour critiquer le sous-financement des cégeps et universités ou pour prendre position sur l’utilisation ou non de la grève générale illimitée. Mais il n’en sera rien.

Cette lettre s’adresse à mes confrères étudiants. J’aimerais témoigner à mes pairs d’une histoire qui m’est arrivée il y a quelques semaines et qui, je l’estime, prend sa place dans le récit historique du peuple québécois.

Nous étions au moins deux cents à s’être présentés lors de l’assemblée générale de l’AGEFLESH qui s’est tenue le 3 octobre à l’Université de Sherbrooke. Certains venaient pour voter pour la grève ; d’autres pour voter contre. Certains venaient pour voter pour la gratuité scolaire ; d’autres pour voter contre. Mais j’étais venu pour une autre raison. J’étais venu pour qu’on apporte enfin un peu d’importance à un droit qui fut oublié par les associations étudiantes : le droit à une éducation en français. Ce droit est pourtant garanti par la Charte de la langue française (article 6) et la Déclaration des droits et responsabilités des étudiantes et étudiants de l’Université de Sherbrooke (chapitre I, article 3). Ainsi, la Charte déclare que « [t]oute personne admissible à l’enseignement au Québec a droit de recevoir cet enseignement en français.  »

Puisque les associations étudiantes luttent pour le droit à l’éducation, je m’étais dit qu’il serait logique qu’elles luttent aussi pour le droit à une éducation en français. Visiblement, je m’étais trompé royalement.

Lorsqu’il fut temps au cours de l’assemblée d’adopter des revendications, j’ai fait une proposition. Je souhaitais que l’AGEFLESH se prononce pour que l’accès aux cégeps anglophones ne soit réservé qu’aux personnes dont l’un des parents a fait l’essentiel de son enseignement primaire en anglais au Québec, comme c’est déjà le cas pour les écoles primaires et secondaires. Ma proposition stipulait aussi qu’on mette en place un plafond afin que le financement des cégeps et universités anglophones accordé par l’État québécois ne dépasse pas le poids de la population anglophone au sein du Québec et tienne compte de la philanthropie et du financement fédéral.

Je venais à peine de finir de lire ma proposition que j’entendais du monde dire qu’elle était irrecevable. On vota immédiatement, sans débat. Je n’avais même pas pu expliquer la raison d’être de ma proposition. Résultat  : moins d’une dizaine d’étudiants et d’étudiantes votèrent avec moi contre l’abandon de la proposition.

Que je repense à cet événement, je me dis que nous, les jeunes du Québec, sommes profondément endormis. Nous souffrons de ce que je qualifierais de « coma culturel ». Nous luttons pour tout : l’environnement, la justice sociale, le respect des autres peuples… mais luttons-nous pour nous ? Luttons-nous pour protéger la Charte de la langue française ? Luttons-nous pour défendre notre pouvoir laissé démocratiquement entre les mains de l’Assemblée nationale contre le pouvoir des juges nommés par le gouvernement fédéral ? Luttons-nous lorsque les médias nous apprennent qu’une future agente des douanes nous insulte ?

Nous sommes bien loin de 1968. À l’époque, les membres de l’UGEQ militaient pour s’opposer au Bill 68 et en criant « McGill français ! » dans les rues de Montréal. Depuis, le militantisme estudiantin en faveur de la langue française s’est carrément endormi. À quand le Grand Réveil ?

Maxime Schinck
Étudiant en Études politiques appliquées
Sherbrooke

****

Par ailleurs, j’ai réussi à faire publier une lettre dans Le Devoir jeudi dernier je crois. Cette lettre faisait un parallèle entre le débat sur le mode de scrutin et le clivage fédéraliste/souverainiste.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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