Power Corporation se sert du journal du Parti libéral, alias La Presse, et de son pendant électronique, Cyberpresse, pour faire du sabotage social au Québec. L’oeuvre obscurantiste de Pratte en est une illustration flagrante.
Dans son éditorial du 26 juillet, Pratte met sur un même pied l’assimilation d’un immigrant à sa société d’accueil et l’assimilation de tout un peuple par un autre qui le conquiert, l’infériorise, l’appauvrit et l’asservit. En outre, il compare deux questions qui n’ont aucun rapport : d’une part, le refus d’accorder la citoyenneté à une femme dont les valeurs ne sont pas compatibles avec cette citoyenneté et, d’autre part, le crime de violence conjugale, qui est punissable d’emprisonnement et qui est sévèrement condamné au Québec.
Pratte fait aussi un parallèle entre l’homosexualité et le port de la bourka en laissant entendre que, dans trente ans, le port de la bourka sera peut-être entré dans les moeurs des Québécois. Après s’être battues pour l’égalité, qui n’est du reste pas encore totalement acquise, les femmes auront décidé que, somme toute, la soumission, voire l’esclavage ont bien meilleur gout. Je ne suis pas une femme et je ne voudrais surtout pas parler en leur nom, mais permettez-moi d’être fortement sceptique.
Pratte continue en disant qu’il faudrait accorder la citoyenneté aux immigrants, quelles que soient leurs valeurs et leur comportement, sous peine de les exclure à jamais de la société. Joli chantage. Donc, c’est à la société d’accueil de faire le premier pas et d’accepter n’importe quoi. Pour Pratte et pour ses coreligionnaires de l’église du multiculturalisme fédéral, intégration ne peut pas être synonyme d’assimilation ; l’intégration qu’ils préconisent est en fait la ghettoïsation érigée en système.
Pour couronner son incroyable enchainement de sophismes, Pratte affirme qu’en refusant la citoyenneté à un immigrant pour cause d’incompatibilité avec les valeurs fondamentales de la société, qui sont enchâssées dans sa Constitution et ses lois, on piétine les droits des minorités. Pratte réhabilite ainsi le raisonnement circulaire. La conséquence devient la prémisse. Selon lui, lorsqu’il affirme gratuitement que l’État français, Joseph Facal et Christian Rioux veulent piétiner les droits des minorités, il fait automatiquement la démonstration que l’obtention de la citoyenneté est un droit sacré au même titre que le droit à l’égalité, à la dignité, à la liberté d’expression et à un traitement équitable devant la justice.
Ce tissu d’incohérences tient bel et bien lieu d’éditorial dans La Presse, l’un des deux grands quotidiens de Montréal, métropole du Québec, ainsi que dans Cyberpresse, un site Web abondamment fréquenté par des gens de tout le Québec. Et ça va recommencer demain et après-demain parce que Power Corporation le veut. Même qu’on va inviter Pratte à Radio-Canada pour en rajouter. Radio-Canada ne peut rien refuser à Power Corporation, l’un des grands propriétaires de l’État fédéral. Si tel est le désir de son altesse Paul Desmarais, nous pouvons tous être une bande de nuls, et Pratte peut être un grand sage méritant d’être entendu sur toutes les tribunes.
Power Corporation détourne le sens de la liberté d’expression au Québec pour nous rendre fous. C’est bel et bien du sabotage social. Abstraction faite du Parti libéral, qui appartient littéralement à Power Corporation, quand les principaux dirigeants politiques québécois vont-ils enfin dénoncer sérieusement ce sabotage et proposer des mesures pour redonner aux Québécois les moyens de débattre intelligemment de leur avenir ? Nos dirigeants politiques sont-ils tous à ce point timorés qu’ils n’osent pas se dresser devant l’empire Power Corporation ?

