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Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
vendredi 25 avril 2008      275 visites      14 messages


Dans un texte paru sur Vigile, un jeune militant du Parti québécois, Louis-Joseph Benoit, lance un appel à tous les indépendantistes "purs et durs" qu’il désigne comme des "caribous"* pour qu’ils réintègrent ce parti.

Ma réponse sera claire et précise.

1- Depuis l’élection de 1974 et l’adoption de la doctrine de l’étapisme, aucune élection n’a eu comme thème l’indépendance nationale du Québec. Aucune ! Le Parti québécois dont l’objectif principal est de "réaliser la souveraineté" du Québec s’est contenté de faire "la promotion de la souveraineté" pendant seulement 2 courtes périodes d’environ un mois, lors des référendums de 1980 et de 1985. En dehors de ces périodes, ce fut le vide absolu, les élus du PQ étant trop absorbés par la quête du pouvoir et la gouvernance provinciale pour mettre en place un plan d’action sérieux et efficace à ce niveau en utilisant à cette fin les fonds publics. Le fameux "sortir, parler, convaincre" est devenu le mythe le plus percutant du PQ et l’école de la souveraineté, un échec patent.

2 - Après l’échec de l’élection de 2003 dont le thème (provincial) était la "conciliation travail-famille", Bernard Landry a lancé la "Saison des idées" avec l’intention bien arrêtée de recentrer le discours et l’action militante du PQ sur la souveraineté. Plus de 15 000 militants de la base y ont participé et tout cela a servi à alimenter le XVè Congrès du parti de juin 2005. Lors de ce congrès, auquel ont participé près de 3 000 militants et élus, un plan précis et détaillé sur l’accession à la souveraineté a été adopté à la quasi unanimité par tous les délégués, dont faisaient partie Mme Pauline Marois, qui l’a défendu au micro.

3 - Ce plan, qui fait encore partie du programme officiel du Parti québécois puisqu’il n’a pas été aboli par un autre congrès, est divisé en 2 étapes, intimement liées l’une à l’autre. Dans la première étape, le Parti québécois doit préparer, après une consultation populaire, un "projet de pays" - c’est d’ailleurs le titre du programme - comprenant, entre autres, des politiques nationales sur le pays, des études sur la souveraineté et un cadre financier d’un Québec souverain. Et surtout, il est écrit en toutes lettres au chapitre 1.2.3 du programme que le thème de l’élection doit être le projet de pays. Dans une deuxième étape, on devait faire une consultation populaire sur le projet de pays, un référendum sur la souveraineté le "plus tôt possible dans le premier mandat" et un référendum sur une constitution.

4 - Que s’est-il passé par la suite ? Il s’est passé, qu’avec l’arrivée d’André Boisclair à la tête du PQ, les dirigeants et les élus du parti ont détourné le programme et ont violé les statuts du Parti québécois en faisant adopter par le Conseil national de Laval, avant l’élection de 2007, une "feuille de route" exclusivement provinciale avec un cadre financier provincial alors que le programme officiel voté lors du XVè Congrès avait donné l’ordre formel de préparer un "projet de pays" et de le présenter à l’électorat. Le "projet de pays" est donc disparu de l’agenda péquiste et André Boisclair s’est retrouvé "Gros-Jean-comme-devant" à devoir défendre la tenue d’un référendum le plus tôt possibe. Autrement dit, on annonçait un repas frugal, mais on avait oublié de préparer le menu et de mettre la table. On connait le résultat. De 50% le Parti québécois est passé à 28% et est devenu le 2è parti d’opposition.

5 - Après la démission d’André Boisclair, voilà Mme Marois qui, faisant, à mon avis, une fausse lecture de la défaite attribuée en majeure partie à la personnalité "problématique" d’André Boisclair, décide de terminer le travail et de se débarasser de la 2è étape du "projet de pays" en mettant sur la glace l’obligation de tenir un référendum le plus tôt possible durant le premier mandat. Comme Mme Marois est une "étapiste référendaire" ou une "référendiste", cette mise au rencart signifie à toutes fins pratiques la mort du "projet de pays" voté lors du XVè Congrès et surtout l’obligation clairement exprimée d’en faire le thème de la prochaine élection. Encore là, les dirigeants péquistes se sont servis d’un conseil national, celui de mars 2008, pour faire le "sale boulot" au lieu d’attendre le congrès prévu pour 2009. Donc, 2è violation, coup sur coup du programme officiel et surtout 2è violation des statuts, car le conseil national n’a aucun pouvoir ou compétence - au sens juridique du terme - pour défaire ce qui a été adopté en congrès. Voir à ce sujet, les articles 92, 93 et 106 des Statuts. Je mets au défi quiconque de me prouver le contraire. Personne ne s’est levé pour dénoncer ces opérations indignes de ce grand parti démocratique fondé par René Lévesque en 1968.

6 - En lieu et place d’une élection dont le thème devrait être "le projet de pays", Mme Marois et son équipe nous proposent une autre plate-forme provinciale et, pour dorer la pilule, une ridicule "conversation sur la souveraineté" d’abord pour se raviser et nous proposer un non moins ridicule "débat sur la souveraineté" alors que nous savons toutes et tous que la "promotion de la souveraineté" est un des mythes les plus fumants du Parti québécois. Tout cela pour permettre à Mme Marois de réaliser son rêve de devenir la première première ministre du Québec ! Faut le faire et surtout faut prendre les militants indépendantistes pour des idiots ou des imbéciles complets. Le projet de pays ? Quel projet de pays ?

7 - Que faut-il penser des dirigeants d’un parti dont l’objectif premier est de "réaliser la souveraineté du Québec" qui se comportent ainsi et qui jettent aux poubelles ce qui est censé constituer le coeur et l’âme de ce parti ? Que faut-il penser de ces candidats et élus du Parti québécois qui n’ont même pas le courage minimal d’affronter l’électorat sur ce qui est censé être, selon eux, le centre de leur engagement politique ? Que faut-il penser des dirigeants d’un parti, dont le respect des statuts et de l’éthique a toujours été sa valeur première, qui font preuve d’un tel mépris et pour le programme officiel voté en congrès et pour le droit interne (les statuts) du parti ? Que faut-il penser des militants qui endossent directement ou indirectement ce type de comportements ?

8 - Je me fous, comme de ma dernière chaussette, que certains souverainistes - enfin le prétendent-ils tous la main sur le coeur sans jamais livrer la marchandise - traitent les indépendantistes de "caribous". Après tout, c’est une vieille habitude au sein du PQ qui remonte même au congrès de fondation alors que les délégués, formés d’anciens libéraux et créditistes, ont refusé d’adopter une proposition de reconnaissance à l’endroit des chefs indépendantistes Marcel Chaput, Raymond Barbeau, André D’Allemagne et Pierre Bourgault. Au Parti québécois, les souverainistes "mous" ont toujours cassé du sucre sur le dos des indépendantistes qualifiés aussi de façon ridicule de "purs et durs". Les indépendantistes savent au moins ce qu’ils veulent et surtout n’ont pas cette peur maladive au ventre de s’affirmer, le matin, le midi, le soir, avant, pendant et après les élections, à pied, à cheval, en voiture, en train, en avion et même en motoneige ! Oui, nous sommes pour l’indépendance du Québec et nous n’avons pas peur de le dire et de l’écrire. S’il y a 2 mots qu’on devrair rayer du vocabulaire politique, ce sont bien les mots "souveraineté" et "référendum", 2 termes dépassés, vieillots et "ringards" comme disent nos amis français. Vive l’indépendance du Québec et vive la République du Québec !

9 - Puisqu’on est dans les épithètes, si les indépendantistes sont des "caribous", comment peut-on appeler les militants actuels du Parti québécois qui sont arrivés après 2005 pour bon nombre et qui se sont prêtés et se prêtent aux basses manoeuvres des 2 dernières années, soit la violation du programme du XVè Congrès et des statuts du parti ? La réponse est simple et elle est à la fois symbolique et politique : des moutons ! Oui, des moutons bien dociles comme les politiciens professionnels les adorent. Ceux et celles qui ont remisé leur sens critique au vestiaire en prenant leur carte de membre, ceux et celles pour qui il n’y a point de salut en dehors du PQ, ceux et celles qui n’ont même pas le courage de poser les bonnes questions, de lire le programme ou les statuts du parti ou de se demander pourquoi leurs élus n’ont pas le courage minimal d’afficher leurs couleurs et de défendre le projet de pays lors d’une élection.

10 - Ce ne sont pas les prétendus "caribous" ou les prétendus "purs et durs" les vrais dissidents du Parti québécois. Ce sont précisément les dirigeants et élus actuels appuyés par leur cohorte de bons moutons qui ont jeté le projet de pays aux poubelles en violation du programme et des statuts. Quelques centaines tout au plus par rapport à des milliers qui ont participé à la Saison des idées et au XVè Congrès et dont les idées ont été jetées par dessus bord avec cynisme et mépris pour ceux et celles qui les avaient adopté démocratiquement en congrès.

11- Personnellement, j’aime mieux être un "caribou" qui rugit qu’un mouton bien docile qui bêle. Bêêêêêê.........

12 - Et non, je ne retournerai pas au Parti québécois pour qui j’ai quand même, comme des milliers d’autres, donné temps et argent pendant près de 35 ans. Assez, c’est assez ! Ce sera la revanche des caribous.

Pierre Cloutier

* L’expression "caribous" vient de l’ex-député et ministre péquiste Jacques Brassard, qui désignait ainsi de façon méprisante les indépendantistes du PQ qui rejettaient le "beau risque" et qui, selon lui, étaient semblables à ces troupeaux de caribous qui s’étaient suicidés collectivement en traversant la rivière Caniapiscau en 1984.



Vos commentaires:
  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    25 avril 2008, par Gilles Bousquet

    Tout ce que vous avez écrit me semble exact mais je crois que vous êtes un peu sévère avec la façon de procéder du PQ. Vous écrivez :

    « pourquoi leurs élus n’ont pas le courage minimal d’afficher leurs couleurs et de défendre le projet de pays lors d’une élection ».

    C’est ça l’affaire : LE COURAGE D’AFFICHER SES COULEURS INDÉPENDANTISTES. Si le PQ pensait qu’il serait facile d’aller chercher une majorité de québécois en faveur de l’indépendance du Québec, il n’y aurait aucun courage à afficher cette couleur là, ce serait juste agréable de le faire mais tel n’est pas le cas. M. Charest a plus parlé d’indépendance du Québec et de référendum que M. Boisclair l’a fait à la dernière élection provinciale, POURQUOI selon vous ? Parce que nos politiciens pensent que l’indépendance fait peur à une majorité de Québécois plus qu’elle ne les fait rêver.

    Vous allez avoir l’occasion de tester la chose au PI aux prochaines élections complémentaires et générales. Si, après avoir parlé presque jour et nuit de l’indépendance du Québec vous vous réveillez avec 4 % des votes, vous pourrez vous dire : Voilà pourquoi les chefs péquistes, s’ils voulaient être élus, en parlaient peu pendant les campagnes électorales.

    Faudrait que le mouvement indépendantiste/souverainiste aille chercher les Québécois qui trouvent que l’idée de souveraineté ou d’indépendance, c’est bien sympatique mais pas assez pour enlever la crainte de représailles et de problèmes financiers. Ça va prendre plus qu’un nouveau budget de l’an 1. Comment le faire alors ? Continer ce que vous faites là, principalement dans les milieux moins souverainistes et, principalement en écoûtant ce que les non-convertis ont comme peurs et arguments et ce que ça predrait pour les faire changer d’idée.

    Au sujet du mot souveraineté et référendum que vous souhaitez voir rayer, on pourrait aller encore plus loin, tant qu’à y être, et dire que le mot indépendance n’est pas mieux. Le vrai mot pour les vrais de vrais, quand on veut être full-clair, devrait être SÉPARATISTE pour ceux qui sont pour la SÉPARATION du Québec comme M. Marcel Chaput le souhaitait. Là, il a aucune ambiguïté. Un conjoint peut dire qu’il est indépendant et continuer à demeurer avec l’autre mais quand il dit qu’il se sépare, c’est pas mal plus clair.


  • Réponse à M. Gilles Bousquet
    25 avril 2008

    1 - Merci d’avoir l’honnêteté intellectuelle de dire que ce que j’écris est exact.

    2 - Si le Parti québécois avait eu le courage minimal de faire de l’indépendance nationale le thème de chaque élection et d’avoir eu l’intelligence minimale de préparer un plan d’ACTION ET DE MARKETING POLITIQUE à ce sujet, il y aurait longtemps que cette question aurait été réglée.

    3 - Il ne faut pas oublier, monsieur Bousquet, qu’en juin 2005 lorsque le XVè congrès a adopté le projet de pays comme programme officiel, les sondages donnaient le PQ gagnant avec 50% des votes. Il a suffi qu’un André Boisclair devienne chef avec l’aide des organisateurs libéraux$ pour qu’on se ramasse à 28%. Les libéraux ont organisé là un de leurs meilleurs coups politiques et cela semble continuer sous Mme Marois.

    4 - C’est sûr que le Parti indépendantiste ne receuillera pas beaucoup de votes. C’est normal et ce sera la même chose que tous les nouveaux partis qui arrivent sur la scène politique. Cela prend au moins 10 ans avant qu’un parti politique devienne acceptable. Regardez l’évolution de l’ADQ Moi, je ne m’en fais pas avec cela.

    5 - Je préfère le mot indépendance pour rendre hommage aux chefs indépendantistes Pierre Bourgault, André d’Allemagne, Marcel Chaput et Raymond Barbeau. J’aime le mot. Quant à séparatisme, c’est le mot utilisé par les fédéralistes pour nous faire passer pour des gros méchants et c’est trop péjoratif.

    6 - J’aimerais bien lire vos commentaires sur le tripotage des statuts, la violation du programme et la manipulation des militants. Comment faire confiance à des gens qui se comportent de la sorte ? Jusqu’à ce jour, personne au PQ n’a eu le courage de répondre aux faits que j’ai exposés. Ils ont peur de perdre la face !

    Pierre Cloutier


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    25 avril 2008, par Gilles Bousquet

    Vous écrivez : « Cela prend au moins 10 ans avant qu’un parti politique devienne acceptable. Regardez l’évolution de l’ADQ Moi, je ne m’en fais pas avec cela. »

    C’est strictement vrai pour l’ADQ mais pas pour le PQ qui a été fondé en octobre 1968. Deux ans plus tard, en octobre 1970, il allait chercher 23,06 % des votes et faisait élire 7 députés pour prendre le pouvoir en novembre 1976 avec seulement 34,6 % des votes. C’est vrai qu’il avait un chef connu et respecté en la personne de M. Lévesque entouré de plusieurs vedettes dont M. Parizeau, ce qui a aidé le décollage du PQ.

    Le plus haut qu’il est allé est en avril 1981 avec 49,26 % des votes, après avoir perdu le premier référendum avec le même pourcentage de OUI.

    Le tripotage du programme d’un parti ne me dérange pas trop. Les gens, incluant un chef de parti, ont bien le droit de changer d’idées ou d’évoluer dans leur pensée. Le programme ne devrait pas être un corset comme un dogme. Le principal est de savoir si le fait de l’avoir violé et/ou manipulé a nuit à LA cause.


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    25 avril 2008, par Lucide

    Maître Cloutier,

    Le lion rugit, mais le caribou (comme les cerfs) BRAME !

    S’il rugit, c’est que le lion (le vrai Québécois libéré de jalousie, donc LIBRE) est en train de dévorer le caribou frustré de la domination de ses semblables par le vil plaidoyer théorique !


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    25 avril 2008, par Daniel Lévesque

    Défendre l’indépendence et la promouvoir commande une bonne dose de courage. Le Pq ne l’a pas ! Il n’a jamais non plus fait le pari de l’honnêteté en affichant sans gêne ses couleurs face aux Québécois. Cette habitude de cacher son option le rend non seulement suspect aux yeux de l’électorat mais en plus, il le place en position de vulnérabilité face à ses adversaires qui l’accuse alors de détenir un agenda caché. Plutôt que de prendre l’initiative, il se retrouve alors constamment sur les talons.

    Comment les Québécois pourrait-ils ensuite désirer une option quand ceux-là même qui sont censé la défendre choisissent plutôt de la cacher ? Comment ne pas susciter la crainte quand on dore la pillule souverainiste avec le bonbon d’une pseudo-association avec un Canada qui a toujours refusé de négocier quoi que ce soit et qui ne voudra rien savoir si le Québec quitte. C’est prendre les Québécois pour des imbéciles que de leurs raconter fleurette de cette façon. Jamais ils ne croiront à cela.

    La seule issue, c’est le courage. Aucune lutte de libération ne se fait sans cet ingrédient.


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    26 avril 2008, par Gilles Bousquet

    J’ai écrit : « Le plus haut qu’il est allé est en avril 1981 avec 49,26 % des votes, après avoir perdu le premier référendum avec le même pourcentage de OUI. »

    Mon erreur ici. Fallait lire avant d’avoir perdu le deuxième référendum avec le même pourcentage de OUI. S’cusez.

    J’en profite pour noter que ce référendum de 1980 a donné seulement 40,44 % de OUI et, quelques mois plus tard, le PQ gagnait l’élection avec 49,26 % des votes. Parce qu’il ne parlait plus de souveraineté, après avoir été battu sur son option principale, le PQ avait gagné 9 % et l’élection.


  • Message à Lucide
    26 avril 2008

    Alors s’il faut bramer, nous allons bramer. Ce sera toujours mieux que de bêler comme de bons moutons.

    1 - Je déteste cette habitude qu’ont certaines personnes sur Internet de cacher leur identité. Moi je combats visière levée et en toute transparence. J’ai beaucoup de difficulté à dialoguer avec une personne masquée.

    2 - Au lieu de dire n’importe quoi, prenez donc la peine de faire un petit effort intellectuel de quelques minutes pour répondre aux faits que j’ai évoqués.

    3 - A bien y penser, j’aime mieux un caribou qui rugit. C’est ce qui se passe avec ceux et celles qui désertent de plus en plus le PQ.

    Pierre Cloutier


  • Réplique à M. Bousquet
    26 avril 2008

    1 - Vous avez oublié les sondages de juin 2005. Vous avez la mémoire sélective comme on dit.

    2 - Vous avez toujours la même idée fixe : si le PQ a échoué, c’est que les gens ne veulent pas de l’indépendance. C’est de la pure spéculation. Si le PQ n’avait pas adopté l’étapisme comme dogme, rien ne vous permet d’affirmer qu’il n’aurait pas remporté la victoire en 1976 ou dans une élection ultérieure avec un véritable mandat indépendantiste. Je le répète : aucune élection depuis 1974 n’a eu comme thème l’indépendance nationale. Aucune. Alors, votre conclusion a du plomb dans l’aile.

    3 - Vous avez la morale élastique, cher Monsieur Bousquet. Quand on viole un programme voté par les militants de la base, c’est déjà une indication de malhonnêteté intellectuelle et d’opportunisme politicien.

    Quand on viole le coeur de son programme, comme l’accès à l’indépendance, c’est plus que de la malhonnetêté, c’est de la fourberie.

    Quand en plus de violer le programme, on viole par 2 fois, les statuts du parti, c’est-à-dire le droit interne ou les règles du jeu qu’on s’est données, c’est de l’infâmie.

    C’est ce cynisme citoyen et civique résultant de la corruption politique des politiciens professionnels qui écoeure le peuple au maximum et qui fait en sorte que le Québec est encore une petite province de petits colonisés peureux.

    Pierre Cloutier


  • Message à Daniel Lévesque
    26 avril 2008

    Oui, exactement et je l’ai écris plusieurs fois : le manque de courage.

    Au PQ, le manque de courage s’exprime même au niveau des mots puisqu’on a toujours eu peur de prononcer le mot "indépendance" sous prétexte qu’il ne faut pas faire peur aux québécois.

    Savez-vous comment on appelle ce phénomène en psychologie ? Une projection.

    On projette sur l’autre nos sentiments. Dans le cas des élites péquistes, on projette sur les gens sa propre peur. Peur de ne pas se faire élire, peur de ne pas se faire réélire, peur des journalistes, peur de se faire critiquer, peur d’avoir peur.

    Peur congénitale et absence de courage finissent par former le couple parfait du petit mouton colonisé bien docile.

    C’est rare que les parlementaires font preuve de courage. En 1940, en France, ils sont allés même jusqu’à saborder la République - eux qui se disaient tous républicains - pour donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et à son régime faciste et raciste.

    Seule une poignée de Français sont entrés en résistance.

    Curieux, car à la Libération, tout le monde se disait résistant et dans bon nombre de cas, ce sont les planqués qui en ont profité. Mêmes certains collabos ont eu des promotions (ex : René Bousquet).

    Il faut être courageux pour être indépendantiste au Québec. Il faut avoir l’âme du résistant. Ne rien demander ne rien attendre de personne. C’est un combat pour la liberté et l’honneur.

    Ce n’est pas donné à tout le monde.

    Pierre Cloutier


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    26 avril 2008, par Gilles Bousquet

    Voici une explication de la peur qui revient souvent dans les messages sur l’indépendance du Québec :

    Des peurs sont difficiles à maîtriser chez certains individus comme la peur du vide "le vertige" ou la peur de l’indépendance du Québec.

    Quoi faire ? Pour le vertige, il paraît qu’il faut commencer doucement à habituer la personne en question, aux hauteurs "un peu à la fois" comme dans un immeuble d’habitations de 20 étages. Faut pas sortir le sujet pris du vertige tout de suite sur le balcon du 20 ième parce qu’il va geler dur "incapable de faire un mouvement" et va dire NON, pas ça. Faut l’habituer tranquillement en commençant à le sortir quelques fois au deuxième étage puis au troisième etc. Quand le sujet a peur de sortir au 3 ième, il est inutile de la monter au 20 ième même si on lui explique très bien que le garde-fou autour du balcon est très très sécuritaire.

    Ce qui précède s’applique à la souveraineté ou à l’indépendance "si on veut" du Québec. Plus de 50 % de Québécois ont le vertige du 20 ième étage de l’indépendance. Quoi faire ? C’est peut-être Mme Marois qui a trouvé LA solution : Faire grimper les Québécois qui ont peur, un étage à la fois : M. Lévesque avait tenté de les sortir au 10 ième mais trop de Québécois trouvaient que c’était encore trop haut. Autre solution, se contenter du 10 ième étage si trop de Québécois gèlent plus haut même si on leur explique que le balcon est solide en leur montrant le projet de pays et un autre budget de l’an 1.


  • Reréplique à Gilles Bousquet
    27 avril 2008

    [1] Ce n’est pas le peuple qui a peur. Ce sont les leaders souverainistes du PQ. Je le répète : depuis 1974, aucune élection n’a eu comme thème le projet d’indépendance. Aucune. Quand le Congrès de juin 2005 a mis cela à l’ordre du jour dans le programme (Un projet de pays), les dirigeants l’ont évacué du programme de façon détournée (par un simple conseil national) et illégale, à deux reprises (Boisclair en 2007 et Marois en 2008). C’est cela la réalité quoi que vous pensez et dites.

    [2] Avant Marois, on avait l’étapisme référendaire, maintenant on a l’étapisme provincialiste tout court. Un genre d’Union Nationale à l’ancienne servie à la moderne avec toute le rhétorique politicienne incolore inodore et sans saveur. De la boulechite de A à Z.

    [3] Comment peut-on sincèrement faire avancer la cause de l’indépendance dans le peuple, si les candidats et les élus la cachent dans le placard lors des élections. Me semble que le fameux débat sur la "souveraineté" - ah que je déteste ce mot - que Mme Marois réclame doit d’abord avoir lieu pendant les élections. Quand on a peur d’afficher ses couleurs et de proposer au peuple un projet de pays, comment voulez-vous que ce débat ait lieu ? C’EST EXACTEMENT LÀ QUE LE BÂT BLESSE.

    [4] J’ai été sidéré d’apprendre que 45% des membres du PQ voulaient réformer le Canada. Si c’est vraiment le cas, la 5è colonne et les libéraux ont bien travaillé en noyautant ce parti. Boisclair doit être fier du travail accompli. C’est pour cela que je dis que les indépendantistes doivent sortir de ce parti et cela presse. Il faut enlever aux leaders péquistes le monopole du discours souverainiste.

    [5] Quand le PQ sera vraiment sérieux avec un projet de pays, il pourra alors se former une alliance avec le PI, QS et les autres sur un projet commun. Mais il n’est plus question de faire front commun sous le parapluie péquiste. C’est une pure perte de temps.

    Pierre Cloutier

    [5]


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    27 avril 2008, par Gilles Bousquet

    M. Cloutier qui écrit : « J’ai été sidéré d’apprendre que 45% des membres du PQ voulaient réformer le Canada »

    Je crois que c’est parce que les Péquistes pensent que, comme il n’y a pas de majorité claire pour le OUI actuellement, ils se rabattent sur l’idée d’améliorer le Canada...en attendant sans trop se questionner.

    Je crois que vous devriez être encore plus SIDÉRÉ et même RIRE UN PEU des résultats suivants de ce sondage : À une question sur la souveraineté du Québec, 14 % de Libéraux voteraient OUI et 24 % de Péquistes voteraient NON.

    Si ce sondage a été bien mené, voulez-vous me dire ce que des souverainistes font au PLQ et des fédéralistes au PQ ?

    Tant qu’à la peur de l’indépendance du Québec des chefs péquistes qui serait plus forte que celles des Québécois, je m’objecte jusqu’à preuve du contraire. S’ils avaient peur de ça, ils se présenteraient dans d’autres partis. Quand on a peur du feu, on ne va pas demander un travail de pompier.


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    28 avril 2008, par Lucide

    M. Bousquet, vous insistez : "...voulez-vous me dire ce que des souverainistes font au PLQ et des fédéralistes au PQ ?"

    En plus, à tous les jours on constate l’accroissement de détermination du Canada anglais à anéantir toute trace de français au Canada ! Sans que les francophones ne se dressent le moindrement pour leur honneur et le respect minimal...

    Moins vigoureux à défendre leur vigueur nationale qu’une équipe de hockey payée pour jouer "7" parties dans chaque série...

    C’est la dégénérescence d’un peuple bafoué depuis 1759.

    Peut-être même peuple taré à l’origine à cause d’une motivation incertaine dans la fondation de la Nouvelle-France : des aventuriers venus en quête de richesses pour leur roi, déroutés par la géographie et le climat, demeurés prisonniers des longs hivers... Ceux qui n’ont pas pu repartir après les premières années se sont résolus à vivre comme les "Indiens". Vaincus par les Anglais, les plus déterminés sont repartis et les vaincus ont été infantilisés par les Jésuites...

    Comment leurs descendants pourraient-ils faire preuve de la même détermination à la république que les britanniques venus ici pour occuper le territoire sans s’hybrider avec d’autres races ? (propension au racisme comme démontré chez les Orangistes)


  • Le rugissement des caribous et le bêlement des moutons
    28 avril 2008, par Lionel Lemay

    "Dans mon livre à moi",comme dirait l’autre, un pays souverain ou indépendant est un pays dont le parlement élu possède un pouvoir absolu sur son territoire. Le PQ a eu plusieurs occasions de nous mener à notre indépendance mais n’a pas osé poser les gestes nécessaires. Je comprends mal que l’Assemblée Nationale n’ait pas encore adopté une constitution Québécoise, depuis 1982, vu que nous d’adhérons pas à la Constitution Canadienne que le Québec n’a jamais signée. Comment peut-on laisser les juges d’une Cour, nommés par un premier ministre du Canada, abroger et amputer nos lois votées à l’unanimité par notre Assemblée Nationale et entérinées par un représentant de la Reine, parce qu’elles seraient à l’encontre de la nouvelle Charte canadienne.

    J’ai toujours voté pour le PQ depuis ses débuts malgré que depuis le départ de M. Parizeau j’étais découragé mais je n’avais pas d’autre alternative. Maintenant que le Parti Indépendantiste est arrivé, je suis un caribou qui a traversé la Caniapiscau et je ne suis pas mort. J’espère que d’autres suivront en masse.

    C’est vrai que celui qui a peur du feu ne devient pas pompier mais si le pompier en poste ne fait pas son ouvrage et laisse brûler la maison en feu, il ne mérite pas la confiance des gens.

    Les prochaines élections partielles vont peut-être nous causer de belles surprises. Bonne chance au Parti Indépendantiste.


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    4/07 Jean-Pierre Papineau : 50$
    2/07 Roger Audet : 25$
    1er/07 Claude Bariteau : 250$
    30/06 Rémi Tremblay : 20$
    26/06 Anonyme (AG) : 20$
    26/06 Jean-Pierre Lavoie : 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net