Madame Chouinard,
Dans l’édition de votre quotidien parue le 14 septembre dernier, vous faites l’éloge du nouveau programme de religions nommé « Éthique et culture religieuse ». Vous l’opposez à l’ancien programme qui se consacrait uniquement à l’enseignement catholique, protestant ou moral comme on opposerait le blanc au noir. Or, il n’y a pas qu’une alternative, mais plusieurs solutions. Dans cette lettre, j’aimerais vous faire part des raisons pourquoi je m’oppose à l’adoption de ce nouveau programme, à savoir la laïcité de l’État et l’impertinence des connaissances contenues dans ce cours.
Premièrement, tous ces échanges concernant l’enseignement religieux entrent dans le débat beaucoup plus large sur la place de la religion dans la société québécoise et en particulier dans l’État. L’ancien programme correspond à la vision que la religion majoritaire doit être érigée en religion d’État. C’est le cas de plusieurs pays dont l’Algérie et l’Égypte. Le programme d’« Éthique et culture religieuse » correspond plutôt à la vision du relativisme religieux : toutes les religions sur un même pied d’égalité. Il s’agit de la doctrine du multiculturalisme qui règne au Canada et au Royaume-Uni.
Il existe une troisième option qui est celle de la laïcité. Dans votre article, vous prétendez que le nouveau programme est lié à « la laïcisation complète du système scolaire ». Or, la laïcité est la séparation de l’Église et de l’État et non le fait de faire entrer toutes les religions dans l’État. Pour devenir laïc, le Québec doit se départir de tout cours d’enseignement religieux dans ses écoles primaires et secondaires.
Deuxièmement, je ne vous cacherai pas mes pensées concernant le contenu du programme d’« Éthique et culture religieuse ». Dans votre article, Madame Chouinard, vous parlez par exemple de la fête de l’Aïd el-Fitr, de Siddhârta Gautama, ainsi que du Divâli. Honnêtement, je ne vois pas la pertinence d’apprendre ces termes. Le rôle de l’école n’est-il pas de donner à ses élèves les outils qui leur seront vraiment nécessaires pour vivre dans leur société ? C’est sans compter l’absence totale de l’athéisme, ce qui m’apparaît discriminatoire. Pourtant, les individus sans religion sont plus nombreux (5,6%) que les chrétiens protestants (4,7%), sans compter qu’ils sont aussi plus nombreux que tous les chrétiens orthodoxes, musulmans, juifs, bouddhistes, hindouistes et sikhs réunis (5,2%) ! Bref, cela m’amène à la question suivante : les athées, quand est-ce qu’on va les accommoder, eux ?
Maxime Schinck
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