« Le refus de la division »

mardi 3 février 2009

Le président français Nicolas Sarkozy a plaidé en faveur de l’unité canadienne lors de la remise de la Légion d’honneur au premier ministre Jean Charest. Photo AP

Pour ma part, je vous le dis, je l’ai dit, moi, le Québec, c’est ma famille, et le Canada, ce sont mes amis. Et franchement, j’ai adoré parler devant l’Assemblée nationale ! J’ai vu des sourires, il y avait des sourires spontanés, il y avait des sourires un peu moins sourires...

Mais qu’est-ce que vous voulez ! On ne se refait pas. Moi, je crois qu’il faut qu’on aime plus le Québec encore. Il faut qu’on fasse encore plus de choses et que ce qu’on fait ensemble sur les diplômes, c’est quelque chose de considérable ! Il faut que ça franchisse les discours pour aller dans la réalité ; il faut que notre amitié, notre appartenance familiale ne soit pas une nostalgie, soit un avenir. Mais ça ne sera pas simplement des discours, mais des réalités que des jeunes étudiants puissent voir reconnaître leurs diplômes des deux côtés, dans nos deux pays.C’est ça, l’amitié, c’est ça, la fraternité, c’est ça, la famille. Mais pour vous aimer, je n’ai pas besoin de détester les autres. C’est quand même une idée étrange. Je ne vois pas, moi... je me suis toujours vu membre de la grande famille francophone. Mais cet attachement à notre culture, cet attachement à notre langue, cet attachement à nos liens, pourquoi devraient-ils se définir comme une opposition à qui que ce soit d’autre ?

Et c’est vrai que « ni indifférence ni ingérence », qui a été la règle pendant des années, honnêtement ce n’est pas trop mon truc. Non pas qu’il faut faire de l’ingérence, bien sûr ! Mais enfin ! Je préfère dire aux Québécois vous êtes de ma famille ou je suis de la vôtre plutôt, que de leur dire il n’y a pas d’indifférence. Dites donc, quel amour !

Alors moi, j’ai voulu refonder ça. Ça a créé beaucoup d’inquiétude ici. On m’a dit : Tu vas donc toucher à un tabou, encore un ! Eh oui. Mais quand on est sincère, pourquoi avoir peur de toucher un tabou ?

Et croyez-vous, mes chers amis, que le monde, dans la crise sans précédent qu’il traverse, a besoin de division ? À besoin de détestation ? Et est-ce que pour prouver qu’on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins ? Quelle étrange idée. Et est-ce que le message de la francophonie ne devrait pas être un message de rassemblement ? Un message d’union ? Un message d’entente ? D’ouverture ? De tolérance ? Et ne pas aller dire à ceux qu’on aime : on vous aime d’autant plus qu’on déteste les voisins. Ah ! Quelle étrange chose ! Et franchement, ça m’a fait un plaisir fou de pouvoir aller chez vous le dire, et quand même être compris du plus grand nombre.

Mais je le dis très simplement, ceux qui ne comprennent pas cela, je ne crois pas qu’ils nous aiment plus encore. Je crois qu’ils n’ont pas compris, dans le message de la francophonie et dans les valeurs universelles que nous portons au Québec comme en France le refus du sectarisme. Le refus de la division. Le refus de l’enfermement sur soi-même. Le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l’autre. Alors que si notre identité est forte, on n’a pas besoin d’être imbécile. On n’a pas besoin d’être agressif.

Voilà. Et J’espère que vous avez compris que ce n’était pas dans le discours... mais que j’avais vraiment envie de vous le dire.


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