Dans une ultime tentative de reprendre l’initiative dans le débat public sur l’identité québécoise, le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, a affirmé que le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse qui sera dispensé à l’automne 2008 dans les écoles primaires et secondaires, occulte trop le patrimoine historique catholique du Québec.
Le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale a alors comparé le peuple québécois à un navire perdu au beau milieu de l’océan qui hésite à accoster à un des ports qui s’offrent à lui, faute de pouvoir trouver le sien. Ainsi, le député de Rivière-du-Loup reproche au gouvernement Charest de chercher à banaliser les caractéristiques culturelles qui distinguent le « nous » de la majorité francophone québécoise.
Ce discours hautement nationaliste de Mario Dumont concorde parfaitement avec celui qu’il a tenu l’année dernière, forçant le premier ministre Jean Charest à instituer la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. Curieusement, le chef de l’ADQ a annoncé la semaine dernière que son parti n’y déposerait pas de mémoire.
Cette étonnante décision du leader adéquiste découle peut-être du fait qu’il a confié la rédaction à son député de la circonscription de Saint-Maurice, Robert Deschamps. Celui qui a récemment rebaptisé son parti politique a sans doute remis un document où la pensée adéquiste s’exprime aussi clairement que la position constitutionnelle de son chef. Personne ne se surprendra alors que Mario Dumont ait préféré le faire disparaître…
Le manque de cohérence entre les déclarations du chef adéquiste et les gestes de son parti commence à lasser l’électorat québécois. Les résultats des derniers sondages le démontrent. On ne peut en effet prétendre vouloir défendre bec et ongles les valeurs de la nation québécoise tout en prenant la fuite lorsque vient le temps d’expliquer clairement comment on s’y prendra pour atteindre cet objectif.
Le port que cherche le navire en perdition dont parle le chef de l’ADQ, c’est celui de la souveraineté. Il est grand temps que Mario Dumont ait le courage de le dire. Tourner autour du pot comme il le fait lui nuit, tout autant qu’à son parti. Il est impossible d’assurer la survivance d’un peuple si on l’assujettit à la gouvernance d’un autre. Minoritaire dans la fédération anglo-saxonne canadienne, le Québec de langue française ne peut convaincre les nouveaux arrivants d’épouser sa langue et sa culture. Il n’y a pas d’autres solutions, comme l’attestent les dernières statistiques dévastatrices du recensement de 2006. À quand un peu d’honnêteté de la part du chef adéquiste ?
Chose certaine, Mario Dumont en aura dérouté plus d’un avec cet accueil qu’il a réservé la semaine dernière au premier ministre du Canada, Stephen Harper, dans sa circonscription. Tout en tentant de convaincre les Québécois qu’il refuse de se liguer officiellement avec le Parti conservateur du Canada, Mario Dumont a quand même évité d’adopter une position politique qui reflète son souci de protéger la nation québécoise de celle qui l’assimile. Celui qui se veut autonomiste a donc projeté l’image d’un homme qui accepte de laisser le sort des siens entre les mains d’Ottawa. Lamentable.
Que veut Mario Dumont pour le Québec ? Quel avenir souhaite-t-il à ceux qui l’habitent ? Quel héritage culturel désire-t-il laisser aux générations à venir ? L’attitude évasive du député de Rivière-du-Loup face à ces enjeux fondamentaux ne le sert pas. Son fameux « s’affirmer sans se séparer » laisse de glace l’État canadien, comme le prouve la lenteur scandaleuse du gouvernement fédéral à dédommager Québec dans le dossier du Grand verglas, un événement survenu il y a dix ans !
En refusant clairement de s’identifier fièrement au « nous » qu’il dit pourtant vouloir préserver, l’Action démocratique de Mario Dumont n’a rien d’un remorqueur capable de tirer le navire québécois vers son port d’origine. L’ADQ semble plutôt être cette embarcation à la dérive dont parlait son chef. À regarder de plus près l’équipage qui la compose et surtout la carte qui sert à l’orienter, le rafiot adéquiste vogue tout droit vers des récifs qui lui promettent un beau naufrage. Voilà pourquoi les Québécois sont de moins en moins intéressés à monter à son bord.
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Je vous laisse pour la période des fêtes. À toutes et à tous, meilleurs vœux du temps des Fêtes. On se retrouve en janvier.
