Quand tu écris pour Gesca, tu deviens gescayen. Et gescayen, ça ressemble à chouayen. Les chouayens, rappelons-le, ce sont les Canayens qui s’opposaient aux Patriotes, qui préféraient se coller aux Anglais plutôt que d’être solidaires des leurs.
Brassard est un gescayen, tout comme Pratte, un ex-souverainiste, ayant décidé d’être au service de Paul Desmarais plutôt que d’être au service des Québécois. Tout en se disant Québécois. C’est l’art de mêler les cartes. Dans quel but, sinon de faire parler de soi. Et tout le monde le sait, Brassard a un très petit ego.
De ce temps-ci, être gescayen, c’est voir en Stephen Harper un ami très cher du Québec. C’est se leurrer soi-même tout en leurrant les autres. Car, enfin, ça crève les yeux que Harper est un réformiste de l’Ouest qui n’hésite pas à revêtir les habits du Québec pour mieux se faire passer pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un nationaliste québécois. Il a fait semblant de reconnaître la nation québécoise pour mieux dépouiller le terme de tout sens.
Dans le temps, Brassard s’accommodait assez bien des mesures progressistes du PQ : assurance automobile d’État, loi de protection du territoire agricole, nationalisation de l’amiante, activisme de la Caisse de Dépôt, garderies subventionnées et autres mesures que n’aurait pas décriées un NPD québécois. Et ça signifie quoi être social-démocrate, étiquette que le PQ de René Lévesque, où Brassard figurait en bonne place, revendiquait haut et fort ?
Appelons les choses par leur nom, collaborer avec l’ennemi, c’est être collaborateur. Brassard est devenu collaborateur au même titre que Cyberpresse est collaboratrice. Et je ne peux me défendre de l’idée que tous les souverainistes qui torpillent le Bloc font le jeu du pouvoir fédéral.
Critiquer le Bloc entre les élections est une chose. On peut toujours essayer d’améliorer un parti dans le sens de ses convictions. Mais le soldat qui dénigre son armée au début d’une campagne, il aide qui ?
On voit beaucoup de petits Brassard ces temps-ci. Peut-on leur dire qu’ils font honte à leur peuple ? Peut-on leur dire qu’ils sapent tout le travail que d’innombrables indépendantistes, y compris eux-mêmes, ont fait dans le passé ?
Peut-on leur demander un instant de lucidité ?
Claude Richard Repentigny
