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Le plan Marois est un plan d’affirmation nationale
Soyons clair : le plan Marois change fondamentalement l’orientation du Parti québécois.
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
dimanche 14 juin 2009      296 visites      1 message


J’ai pris connaissance du Plan Marois intitulé : Tout peut changer" et voici mes conclusions :

[1] Le plan Marois est un plan d’affirmation nationale c’est-à-dire celui d’un parti qui veut se faire élire avec une plate-forme électorale provinciale classique et, une fois élu, poser des gestes à l’intérieur de la constitution canadienne, c’est-a-dire :

* freiner et combattre les ingérences du gouvernement fédéral ;
* assumer tous les pouvoirs provinciaux ;
* occuper tout l’espace dans les compétences partagées ;
* revendiquer de nouveaux pouvoirs.

[2] Tout cela est une démarche provinciale, provincialiste, provincialeuse que tout gouvernement provincial autonomiste peut poser.

[3] Dans le cadre de ce plan, le PQMarois a mis aux poubelles (illégalement, c’est-à-dire en contravention du programme officiel et des statuts) :

* l’article 1 qui a toujours été depuis 40 ans au PQ de "réaliser la souveraineté du Québec" pour le remplacer par : "faire progresser le Québec en attendant son accession au statut de pays". ;

* le projet de pays, accompagné d’un budget d’un Québec souverain et l’obligation d’en faire le thème de l’élection ;

* l’obligation à court terme de tenir un référendum.

[4] La stratégie du PQMarois est complètement opposée à celle votée lors du congrès de 2005. Elle ne vise pas à réaliser la souveraineté en proposant aux électeurs un projet de pays suivi d’un référendum, mais de gouverner la province de Québec en protégeant l’identité québécoise et en cherchant à faire des gains auprès du gouvernement fédéral. Tous les gouvernements du Québec ont fait cela, que ce soit ceux du PLQ, de l’Union nationale ou du PQ. Il n’y a rien de nouveau là-dedans et surtout rien de quoi écrire à sa mère.

[5] Comme on dit souvent : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

[6] Avant de déclarer péremptoirement que les québécois ne veulent pas de l’indépendance, il faudrait tout d’abord commencer par leur proposer un projet de pays concret et emballant lors d’une élection et de vérifier les résultats.

[7] Si Mme Marois se fait battre ce ne sera pas sur un projet de pays, ce sera sur un projet de province inodore incolore et sans saveur.

[8] Les québécois sont écoeurés des sempiternelles chicanes provinciales-fédérales. Ils veulent passer à autre chose. Et autre chose c’est l’indépendance ou le Canada comme il est.

[9] Encore faut-il leur proposer l’indépendance, ce que le PQMarois ne fait et ne fera pas.

[10] Alors exit Pauline.....personne ne va pleurer.

***

Il a fallu le vote "unanime" de la Conférence des présidents et présidentes du PQ pour adopter le "Plan pour un Québec souverain" de Pauline Marois (le plan Marois) représentant _tout au plus 250 personnes_, sur un total de plus ou moins 100,000 membres, et jeter ainsi aux poubelles une troisième fois l’article 1 du programme du Parti québécois, qui a toujours été depuis 40 ans de "réaliser la souveraineté du Québec", le projet de pays accompagné d’un budget d’un Québec souverain avec l’obligation d’en faire le thème de l’élection et l’obligation référendaire, votés démocratiquement en congrès en juin 2005 par 3 500 délégués à la suite d’une "Saison des idées" à laquelle ont participé plus de 15 000 personnes.

Ces 250 personnes qui ont des intérêts$ très immédiats à la réélection du Parti québécois sont, dans les faits, _les véritables dissidents_ du parti puisque seul un congrès (article 93 des statuts) a le pouvoir de définir les objectifs fondamentaux du parti et d’adopter le programme. Tant et aussi longtemps que ce programme officiel n’a pas été amendé, il doit s’appliquer.

Or, ces 250 dissidents, avec l’aval de leur chef, ont pris en même temps la décision douteuse et illégale de reporter le prochain congrès jusqu’en 2011, soit 6 ans après le congrès de juin 2005. À ce sujet, l’article 97 des statuts mentionne que le congrès du parti doit avoir lieu à tous les 4 ans _à moins qu’un événement le justifie_. On a beau chercher, on ne trouve pas l’événement qui justifie en ce moment le report de la date du congrès, sauf peut-être celui pour les décideurs du PQMarois d’assoir confortablement leur pouvoir pour faire en sorte que le prochain congrès ne soit qu’une formalité pour avaliser tout ce qui est déjà décidé d’avance.

Soyons clair : le plan Marois change fondamentalement l’orientation du Parti québécois. L’objectif principal n’est plus de "réaliser la souveraineté du Québec", mais de "faire progresser le Québec, en attendant son accession au statut de pays. Pas question non plus de présenter à l’électorat un "projet de pays" concret et emballant accompagné d’un budget d’un Québec souverain et d’en faite le thème de l’élection. Pas question non plus de tenir un référendum dès que possible durant le premier mandat.

En lieu et place, on lui substitue un programme dit de "gouvernance souverainiste" qui est, dans les faits, un programme d’affirmation nationale comme l’a proposé en 1985-1987 Pierre-Marc Johnson, avec les résultats que l’on connait, soit la débâcle électorale et des déchirements comme on n’en n’avait jamais vu auparavant à l’intérieur de ce parti.

La démarche directe, franche et transparente d’indépendance nationale du programme officiel actuel cède la place, par le vote de 250 dissidents, à une démarche provinciale, provincialiste et provincialeuse avec un échéancier vague, ambigu et élastique, le temps de donner la chance à Mme Marois de concrétiser son rêve de devenir la première première ministre du Québec et de permettre à de nombreux jeunes députés actuels de devenir ministres et de goûter les joies du pouvoir... provincial.

Toute cette stratégie est une insulte à ceux et celles qui ont mis tant d’années à préparer le projet de pays.

Moi, comme tant d’autres, réclamons le respect intégral du programme officiel voté lors du congrès de juin 2005.

Vive l’indépendance.

Pierre Cloutier




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Vos commentaires:
  • Le plan Marois est un plan d’affirmation nationale
    14 juin 2009, par Christian Montmarquette
    L’autonomisme du Plan Marois m’est tout de suite apparu comme fortement situationnel et imprégné d’opportunisme électoral pour tenter à la fois de récupérer le vote adéquiste et du même coup faire taire les mauvaises langues, qui comme nous, dénonçaient le véritable coma politique attentiste du PQ en matière d’indépendance. Si le PQ proposait véritablement l’indépendance, il serait contraint de la défendre tous (...)

    Lire ce commentaire

    L’autonomisme du Plan Marois m’est tout de suite apparu comme fortement situationnel et imprégné d’opportunisme électoral pour tenter à la fois de récupérer le vote adéquiste et du même coup faire taire les mauvaises langues, qui comme nous, dénonçaient le véritable coma politique attentiste du PQ en matière d’indépendance.

    Si le PQ proposait véritablement l’indépendance, il serait contraint de la défendre tous les jours en bonifiant très substantiellement son projet de société et conséquemment son programme social. Sinon, à quoi bon faire l’indépendance pour nous retrouver dans la même situation et dans un « pays comme les autres » et à peu près similaire à ce que nous avons déjà dans le Canada ?

    Québec solidaire lutte pour un Québec progressiste, écologique et indépendant qui ne laissera personne dans la misère comme le PQ a osé le faire durant toutes les années où il détenait le pouvoir ; niant du même souffle les raisons mêmes qui lui avait donné naissance et du même coup l’histoire d’oppression économique du peuple canadien français.

    Le PQ a tenté de faire la souveraineté « par le haut » avec des tractations au sommet comme l’entente PQ-BQ-ADQ de 1995 et la « négociations d’une nouvelle entente » de 1980.

    Il tente aujourd’hui de la faire « par la bande » en adoptant une orientation autonomiste avec la prétendue « gouvernance souverainiste » et les éventuels référendums sectoriels.

    Québec Solidaire propose de faire l’indépendance « par la base » par une large mobilisation de la population sur un projet défini démocratiquement ; d’où « l’assemblée constituante » autour de l’idée que « Un autre Québec est possible » et que la souveraineté doit servir à « changer la société » et non simplement à rapatrier des pouvoirs d’Ottawa vers Québec pour continuer à faire la même chose et qu’on a maintes fois appelé la « souveraineté coquille-vide » du PQ.

    Christian Montmarquette

    Membre et militant de Québec Solidaire

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