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Quel que soit le choix du prochain chef (ou cheffe) du Parti québécois, on changera 4 trente sous pour une piastre si ce parti ne se décide pas à abandonner une fois pour toutes le dogme étapiste soufflé en 1974 dans l’oreille du collaborateur de la GRC, Claude Morin, par 3 hauts fonctionnaires du gouvernement du Canada, dont Gordon Robertson, greffier du Conseil privé sous Pierre-Elliott Trudeau.
C’est le mal profond qui ronge ce parti. Et cela dure depuis 33 ans. Ce mal est tellement profond qu’on ne peut même pas amorcer le moindre début de l’ombre d’un commencement de réflexion sur le sujet sans être tout de suite taxé d’être un hérétique comme un mulsulman remettant en cause l’existence d’Allah ou qu’un catholique doutant de l’infallibilité du Pape !
On appelle cela un dogme. Un dogme est un principe, une croyance, une idée qui est présentée comme une vérité absolue et incontestable. N’ayons pas peur des mots : sur le plan idéologique, le Parti québécois est un parti dogmatique. Il a tellement charrié l’idée dans la population que le référendum était LA seule et unique façon d’accéder à la "souveraineté" que les gens en sont venus à confondre les 2 : souveraineté=référendum et référendum=souveraineté.
L’idée générale derrière ce dogme était d’empêcher par la ruse à un éventuel gouvernement péquiste de se considérer comme un gouvernement "national" et d’agir en conséquence, de se cantonner dans son rôle de gouvernement "provincial" et de respecter le cadre constitutionnel canadien tant et aussi longtemps que les québécois - y compris un fort bloc anglophone et ethnique hostile a priori au projet de souveraineté - n’auraient pas donné leur accord majoritaire au projet lors d’une consultation populaire.
A partir de ce moment-là, les dés étaient pipés. Pour le gouvernement fédéral, il suffisait de bien "encadrer" et limiter la montée du mouvement indépendantiste, en permettant à ses éléments les plus "mous" de canaliser leurs énergies dans les problèmes complexes de la gouvernance quotidienne d’une province, d’encourager les carrières et l’accès aux emplois publics, tout en se désintéressant progressivement de l’idéal souverainiste. C’était une politique "douce" de diversion qui canalisait progressivement le mouvement indépendantiste radical sur une voie de garage et vers la marginalisation.
Cette politique a très bien fonctionné jusqu’à ce qu’un indépendantiste convaincu, Jacques Parizeau, prenne les choses en mains et réussise presque l’impossible, n’eut été de l’argent et du vote ethnique. On connait la suite. Après la carotte, ce fut le gros bâton avec l’étouffement financier et le Bill C-20.
En 2005, les militants péquistes exaspérés après les années "grises" de Lucien Bouchard et la défaite de 2003, sur le thème provincial de la "conciliation famille-travail", ont mis le "projet de pays" au coeur du programme tout en maintenant l’idée du référendum qu’ils ont souhaité être tenu le plus vite possible au cours du premier mandat.
C’était là l’aboutissement du piège dogmatique. Usé par la gouvernance provinciale, le traumatisme de 2 référendums perdants et un chef à la personnalité défaillante et déviante, le Parti québécois avait réuni sans s’en rendre compte tous les ingrédients de la pire raclée de son histoire.
Pire encore, sous la gouverne des ténors de la valse hésitation souverainiste, le projet de pays intégré dans un cadre financier d’un Québec souverain voté par le Congrès de 2005, fut jeté carrément aux poubelles au profit d’une insignifiante feuille de route provinciale dans un cadre financier provincial avec le résultat que la promesse référendaire fut complètement ridiculisée et vidée de son sens.
Et voilà maintenant que les révisionnistes sont encore à l’oeuvre pour tirer sur le moribond et faire disparaître le "projet de pays concret et emballant" du programme pour le remplacer par une souveraineté-fantasme d’arrière scène tout en repoussant aux calendres grecques la tenue d’un référendum. Le piège concocté par Ottawa a bien fonctionné et Claude Morin, le fossoyeur du PQ, essaie encore de se justifier.
Tout cela, bien sûr, fait l’affaire de certains politiciens professionnels du PQ qui, par nature ou par essence, sont surtout très confortables dans leur rôle de parlementaires, ne veulent pas brusquer les choses ou affronter directement le gouvernement canadien tout en étirant leur "temps de glace" au maximum. La politique provinciale partisane, c’est parfois une affaire de carrière et de gros sous. Le reste, c’est pour la galerie !
Tant que le Parti québécois sera enfermé dans l’idéologie référendaire dogmatique, que ses élus ne se débarrasseront pas de leur mentalité "provinciale", remplacer André Boisclair par une autre personne équivaudra à changer "4 trente sous pour une piastre".
A moins qu’un indépendantiste courageux et décidé se pointe à l’horizon et force le changement de cap... Mais j’en doute.
Salutation citoyennes et citoyens,
Dès sa fondation en 1968, le PQ incarnait une ambiguïté qui se poursuit depuis lors... Souveraineté-Association... Souveraineté-partenariat...
Le PQ est-il fondamentalement confédéraliste ou indépendantiste ? Voilà la toile de fonds... Le reste confirme les propos de Monsieur Cloutier toujours aussi pertinent et percutant...
C’est la pression exercée par le mouvement indépendantiste qui pourrait changer la "donne" politique... Sinon, les politiciens professionnels auront beau jeu...
Patrie et Famille !
Monsieur Brassard a absolument raison.
Les idées de Louis Bernard, Gilbert Paquette et Robert Laplante doivent prédominer en cette course au leadership qui s’ouvrira bientôt, et elles doivent s’incarner en un individu qui va les porter de manière indéfectible.
C’est ce genre d’individu (prêt à rejeter l’étapisme et l’idée de gestion d’un Québec province) que je vais appuyer et aucune place au compromis n’est possible dans mon esprit. C’est l’unique condition qui favorisera un retour massif de tous les indépendantistes sous un seul parapluie, celui du PQ. Autrement oubliez ça. Par surcroît, il faudra être enclin à un certain esprit d’abnégation en choisissant cette voie. Et comme l’a si bien dit hier Patrick Bourgeois à la SRC, les carriéristes n’ont guère leur place en une telle galère.
Le combat de l’indépendance nationale du Québec va nécessiter de la patience et le temps qu’il faudra pour convaincre une majorité de la population à suivre cette idée. S’il faut que ça prenne, quatre, six, huit ou dix ans pour y parvenir, qu’il en soit ainsi. Le jour où nous y parviendrons par voie majoritaire, il n’y aura plus de doute dans l’esprit de nos adversaires.
"C’est la pression exercée par le mouvement indépendantiste qui pourrait changer la "donne" politique... Sinon, les politiciens professionnels auront beau jeu..." (Brassard)
Ils imposent déjà le prochain chef. Duceppe et Marois se présentent déjà, sans même attendre le brassage des idées qui établira la nouvelle stratégie du PQ. Comme s’ils acceptaient d’avance d’être à la tête de n’importe-quelle direction que les membres auront décidés.
Je trouve pas celà normal.
Il me semble plus logique que quelqu’un de sensé attendrait de voir quel nouveau programe et direction les membres auront convenus démocratiquement et seulement alors déciderait s’il lui convient d’en être le menneur à terme (s’il y croit). Car c’est bien le rôle du chef.
Ce qui me parraît de plus en plus évident c’est que, contrairement à la croyance populaire chez les militants, le PQ ne gouverne pas une province lorsqu’il est au pouvoir, pas plus que le PLQ dailleurs. Il gouverne une métropole ; Montréal. Tout le pouvoir et l’économie sont centralisés à Montréal. Les régions sont abandonnées et ainsi forcant l’exode vers Montréal et les autres grands centres (raison des fusions). C’est de ces grands centres que sont exploités les ressources des régions et le capital prend la direction de Montréal et même hors du Québec. C’est une compétion entre métropoles (Toronto). Les politiciens professionels se placent pour des postes clés dans les multinationales qui exploitent les régions.
L’étapisme n’est pas une erreur de jugement du PQ ou un manque de vision stratégique. C’est prémédité. Le PQ n’a même pas besoin d’être au pouvoir. Louis Bernard se satisferait très bien de l’opposition officielle. Son dernier plan de refuser de gouverner une province afin de reprendre le pourcentage des souverainistes perdus me parraît une nouvelle forme d’étapisme. Juste assez pour retourner en opposition officielle et pas assez pour prendre le pouvoir. Position stable et avantageuse car non responsable des mauvaises décision d’un parti au pouvoir. C’est l’ADQ qui est à la bonne place. Et l’ADQ a une idéologie de droite ainsi qu’un identitaire de type Duplessiste qui fait rêver le corporatisme et baver le PQ qui ne pouvais pas l’adopter à cause de sa base de gauche.
L’identitaire "civique" du PQ ne passe plus et est de plus en plus rejetté. Et l’identitaire de droite, Duplessiste est à l’ADQ. Le PLQ avait été emballé par l’identitaire civique du PQ et l’avait adopté, mais se retrouve lui aussi qu’avec ses anglos et minorités ethniques. Le PLQ n’a pas une base de gauche et peut compétitionner sur le terrain droite-Duplessisme avec l’ADQ. Ce laisse notre PQ dans un sacré cul de sac.
Le PQ ne veut pas l’indépendance. Il l’aurait déclaré il y a longtemps. Il était au pouvoir assez souvent pour le faire. L’indépendance est une question territoriale et ce territoire ce sont les corporations qui l’exploitent. Le territoire n’appartient donc pas au peuple. Nos politiciens sont là pour servir les corporations qui en retour leur assurent les privilèges de l’élite. Il n’y a qu’une seule manière de faire l’indépendance du Québec, c’est de reconnaître que le peuple Canadien français qui partage ce territoire avec ses autres habitants que sont les Amérindiens, Métis et Inuits, est donc tout aussi autochtone qu’eux, et comme eux n’a jamais cédé ses droits sur ce territoire. Le traité de Paris est invalide et illégal et le Roi de l’Empire de France ainsi que le Roi de l’Empire britannique en étaient tout-à-fait conscients. Ils ont les deux misés sur leur certitude que ce peuple Canadiens français serait totalement assimillé dans les 50 ans à venir. Ce qui n’est pas arrivé.
C’est l’identitaire d’avant 1760. C’est l’identitaire de 250 ans d’histoire. D’une histoire avant la conquête. Pourtant, c’est c’elle que s’interdisent et nous interdisent tous les partis au Québec. Civique d’après la Révolution tranquille, et Duplessiste d’avant, Patriotique (premier mouvement nationaliste), mais jamais l’identitaire d’avant 1760. Toujours un identitaire de conquis. Un identitaire qui rappelle que le territoire appartient à la reine d’Angleterre.
C’est pourquoi le PQ, depuis les années 80, (Louis Bernard, Jacques Brassard, etc...) négocie l’autonomie et les territoires avec les Innus en catimini sans en dire un mot aux Canadiens français, qu’ils leur prendraient l’idée de réclâmer quelque-chose aussi et se mettre à fouiller leur passé. La paix des Braves. Chut.... Et le PLQ a pris la relève avec les mêmes documents que le PQ leur ont transféré.
Plus facile de négocier avec quelques milles Amérindiens qu’avec 3 millions de Canadiens français en régions n’est-ce pas ?
Le mouvement indépendantiste peut y mettre toute la pression qu’il voudra, ils laisseront le PQ mourir avant de faire l’indépendance.
"...c’est seulement en 1763 lorsque la France préféra la Guadeloupe que la rupture c’est réalisé. Ce fut un moment déchirant pour eux (il faut comprendre leurs sentiments et leur attachement pour la France pour comprendre)".(Rodrigue)
M. Rodrigue, tant que vous nous considérerez comme du bétail, vous conserverez une vision identitaire d’un peuple colonisé. La France n’avait aucun droit juridique de "donner" un peuple à la couronne d’Angleterre, comme s’il sagissait d’esclaves.
Nous ne sommes et n’avons jamais été la propriété de la France ou de l’Angleterre. Et les Canadiens-Québécois n’avons pas tous un héritage avec la France. Cessez de nous voir comme un bloc homogène.
Vous avez tous raison. J’étais présent, avec mon épouse, au souper-bénéfice de Francine Lalonde du Bloc Québécois de lundi dernier (14 mai), auquel étaient invité(e)s Gilles Duceppe, Pauline Marois et Louis Bernard.
J’ai justement posé la question à Louis Bernard à l’effet qu’il se présente comme candidat à la direction du Parti Québécois pour défendre le retour à la promotion et la réalisation de l’indépendance du Québec. Lorsque je lui ai rappelé l’incohérence de répéter les erreurs de 1976, 2003 et 2007 en envisageant à nouveau une gouverne provinciale en acceptant, ce faisant, d’être privés des moyens de notre option, celui-ci m’a fait remarquer que j’étais minoritaire au sein du PQ à favoriser cette idée (souveraineté dès l’élection). Et quand je lui ai demandé si se rabattre aussi rapidement sur Pauline Marois pour combler le "trou" laissé par André Boisclair ne pouvait pas être perçu comme la preuve que le PQ était davantage préoccupé à reprendre le pouvoir qu’à augmenter l’appui à l’indépendance, il a fait la moue en me faisant sentir qu’il fallait faire confiance à Pauline Marois.
Ce que Pierre Cloutier et moi appréhendaient est réellement en train de se réaliser : au lieu du nécessaire débat entre les membres sur la mission et les actions politiques futures du Parti Québécois, la direction du parti aura choisi de se cacher derrière un nouveau "sauveur", notre Ségolène Royal, pour rendre immédiatement le PQ capable de solliciter l’appui des électeurs dès la prochaine élection, sans se soucier des répercussions sur la cause indépendantiste.
Comme je l’ai exprimé dans le blogue de Michel C. Auger (Cyberpresse.ca), quand bien même Pauline Marois réussissait à aller chercher des votes du PLQ et de l’ADQ et deviendrait première ministre, à quoi tout ça va nous mener ? À un autre "bon gouvernement" provincial dans un faux "Canada uni" ? Comment espèrerait-elle régler nos problèmes avec le gouvernement fédéral contrôlant une large part de nos entrées de fonds ? Et même si elle réussissait (Jean Charest et Mario Dumont donneraient sûrement cher pour sa boule de cristal !), pourquoi les Québécois auraient-ils besoin de devenir souverains ?
Il est clair qu’il nous faudra fonder un nouveau parti voué strictement à l’indépendance du Québec, car, manifestement, tout est à recommencer à zéro pour ce qui est de la pédagogie de la souveraineté tant le PQ l’aura sabotée par son mauvais exemple. Ça prendra plus de temps, mais, au moins, l’appui ira grandissant et sera plus solide. Laissons donc le PQ se joindre à l’ADQ pour jouer au moins mauvais "magicien du trou d’État" !
Tout à fait d’accord avec votre analyse, M. Bertrand.
Tant qu’à votre énoncé, M. Rodrigue : "Et en rejetant l’héritage Français comme plusieurs le font, on rejette un point de convergence qui pourrait unir ceux qui se dise Québécois et ceux qui préfère s’identifier comme Canadiens-Français." (N. Rodrigue)
Comment ceux qui se disent "Canadiens français" peuvent’ils être considéré comme rejettant leur héritage français lorsqu’ils déterminent en leur nom cet héritage ?
Tandisque ceux qui s’identifient au terme algonquin et imposé par l’Anglais "Québécois" ne fait aucunement référence à l’héritage français.

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