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Quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre dans le cyberpresse de la fin
de semaine que Jean Charest était un « leader » pour ses actions en faveur de
l’environnement ! Venant d’un prix Nobel comme Al Gore, cela devait être
vrai. Il faut dire que Gore avait été invité par Gesca et la famille
Desmarais à venir prêcher au pays des convertis. Tout le monde sait que le
Québec de Jean Charest est un exemple pour la planète en matière
d’environnement. Pas besoin d’Al Gore pour l’apprendre, nous qui côtoyons
quotidiennement ce grand homme, dont la popularité n’a jamais été aussi
élevée, le savons tous.
Il faut dire que M. Gore n’est pas un pur et dur comme nous l’a rappelé avec justesse ce cher Alain Dubuc dans sa chronique dominicale qui le compare volontiers à Lucien Bouchard au sujet de la question de l’indépendance du Québec. Comme Bouchard, Gore ne déchire pas sa chemise, il accompagne. Il accompagne les hommes d’affaires sur le chemin de la résurrection de la planète, en leur disant qu’ils peuvent continuer à faire ce qu’ils font le mieux, produire. Toutefois, ils doivent le faire en étant responsables. Un peu plus il leur disait que l’important dans la vie, c’est de faire ce que l’on aime, à la condition de se protéger. Si vous aimez faire de l’argent, continuez, c’est bon pour vous et c’est bon pour tout le monde, mais surtout ne vous faites pas prendre à polluer, mauvais garnements ! C’est Bouchard qui devait être content, lui qui trouve que les Québécois ne sont pas assez productifs ! Si produire plus, c’est bon pour l’environnement, on peut donc continuer à construire de plus grosses méga porcheries, de façon responsable naturellement !
En fait, Al Gore propose aux politiciens et aux riches de la planète qui peuvent assister à ses conférences, qu’être environnementaliste ne signifie pas nécessairement diminuer la croissance, mais de la gérer de façon responsable. Encore là, on comprend ce que veut dire Dubuc lorsqu’il nous dit que le message c’est le messager. Il nous donne l’exemple des nombreux invités de M. Gore qui étaient présents à la Place des Arts pour l’entendre et qui étaient tous gênés de retourner chez eux dans leurs grosses cylindrées, un peu comme nous, le menu fretin, quand nous sommes gênés d’utiliser des sacs de plastics à l’épicerie. Si leur gêne s’arrête à leurs VUS, l’effet aura été de courte durée, ils ont tellement plus à se faire pardonner.
Si le message c’est le messager, comme le dit si bien Dubuc, si Al Gore est à l’environnement ce Bouchard est à l’indépendance et que Jean Charest est un leader mondial de l’environnement, et bien on a tous compris le même message.
Pas plus que Bouchard a contribué faire l’indépendance du Québec, Gore contribuera à sauver la planète, son discours dominant étant que les riches peuvent continuer à produire plus, toujours plus ; Jean Charest peut continuer à donner l’exemple de leader mondial qu’il est en fixant des objectifs qui sont bons pour la planète tout en soutenant les efforts des hommes d’affaires responsables avec des projets comme Rabaska, Gros-Cacouna, la privatisation du mont Orford et le Suroît.
Quand Dubuc nous dit que le message, c’est le messager, on le croit. Al Gore a la même crédibilité que les personnes à qui il s’associe : Charest, Bouchard et Desmarais ! « Lâchez pas ! »
Louis Lapointe
Brossard
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