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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 309
Le deuxième Canada (9/29)
Une lutte qui porte sur les affaires intérieures (1828-1850)
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 17 janvier 2008      232 visites


« au fond, c’est la lutte d’une oligarchie naturelle
contre une oligarchie de l’extérieur. Les colonies voudraient
se gouverner par elles-mêmes… »

Maurice Séguin RÉSUME toute la période 1828-1850 en ces termes : « La génération par excellence, celle qui apporte une solution politique (quant à l’autonomie intérieure) et nationale. Solution fondamentale : de l’autonomie coloniale, du problème des deux races. » Et ce sont « les positions – dans le conflit politique (dans toutes les colonies) ». Dans une large mesure, les Canadiens voudraient se gouverner eux-mêmes dans la liberté et la fraternité dans le Bas-Canada. Mais pour les Canadiens-Anglais du Bas-Canada, ce serait pour autant que les Canadiens restent en minoritaires.

Les Quatre-vingt-douze résolutions « constituent, selon Maurice Séguin, une demande de quasi-souveraineté politique » (cf. RÉF., no 1, p. 244). Il s’agit de répondre à « la question importante qui se pose depuis si longtemps, à savoir : Qui dominera dans la vallée du Saint-Laurent ? Le Canada-Français ou le Canada-Anglais ? » (Cf. RÉF., no 2, p. 251.) Nous savons aujourd’hui que s’il n’y a pas une révolution politique et nationale, le Québec est condamné irréversiblement à sa minorisation de plus en plus grande tant à l’interne qu’à l’externe, bien évidemment. C’est l’esprit même de l’union des deux Canadas en 1840. Tous les camps politiques du Québec d’aujourd’hui auraient intérêt à comprendre que cette lutte nationale livrée à l’interne dans le régime parlementaire canadien a déjà échoué en 1837 parce que les 92 Résolutions étaient insupportables pour les Anglo-québécois et les Anglais des autres colonies. Nous vivons en ce moment une sorte de remake historique. Aux mêmes causes, les mêmes effets.

La lecture des 92 Résolutions aujourd’hui devrait nous faire réfléchir sur les limites du processus parlementaire en tant que tel en vue d’accéder à l’indépendance nationale comme nation québécoise. On peut dire d’ores et déjà que les « gestes de souveraineté » ont été essayés dans le passé par Papineau et plus tard au XXe siècle par deux référendums successifs perdus en moins d’une génération. Faudrait-il croire que d’autres avenues de libération nationale devraient être envisagées aujourd’hui en utilisant des moyens différents ? L’indépendance nationale d’un peuple dépasse les cadres des enceintes parlementaires. En effet, il faut que la population du pays sentent que l’objectif est noble et qu’il ne fait pas l’objet de convoitise, d’opportunisme et de carriérisme politique. La fin dépasse pour la masse la stricte obédience à un parti politique. L’enjeu transcende le niveau de la classe politique seulement. IL EST DANS TOUTES SES DIMENSIONS : NATIONAL.

Bruno Deshaies http://blogscienceshumaines.blogspot.com/

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