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« De 1842 à 1848… ceux qui ont fait l’Union de 1840 n’ont pas voulu persécuter les Canadiens-français sauf sur un point : l’anglais reconnu comme langue officielle. »
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Après 1848, il devient utile de faire un bilan de l’histoire. Les deux chroniques précédentes ont dressé celui des problèmes réglés en ce qui concerne le Canada en 1850 et la suite des événements un siècle après 1760. La présente chronique s’attaque maintenant au bilan de la pensée politique canadienne-française en 1850. C’est à nouveau le regard de l’historien sur des événements de longue durée. Il concerne « ce que les gens qui ont vécu à l’époque 1840-1850 ont pensé » d’un point de vue politique. Un survol présenté sous la forme de treize énoncés.
Pour comprendre la nouvelle interprétation de l’histoire du Canada, il faut se faire à l’idée que la grande histoire n’est pas un pis-aller. Non seulement, il faut comprendre sérieusement chacune de ces pages, mais il faut surtout les intégrer sans que cela devienne du psittacisme. Par exemple, l’énoncé no 5 nous montre à quel point les Canadiens-Français se sont mépris sur le régime de l’Union. (Cf. ADDENDA sur les divergences d’interprétation entre Groulx et Séguin ainsi que la partie DOCUMENT consacrée au publiciste Joseph Cauchon). Selon Maurice Séguin, les Québécois ont un urgent besoin « d’analyser jusqu’au bout l’Union ». La lecture des deux essais de Joseph Cauchon (cf. énoncé no 13 et la partie DOCUMENT) nous offre une occasion particulière de nous initier à la problématique de l’annexion et du remplacement par un autre ainsi que des contradictions associées à la pensée canadienne-française. Celles-ci imprègnent encore la pensée québécoise-française.
L’objectif de l’indépendance du Québec ne se réalisera jamais en trois coups de cuiller à pot. Il y a une absolue nécessité à comprendre les notions qui sont expliquées dans l’ANNEXE au sujet de notre illusion de se croire « co-maîtres du fédéral (en général)… » L’expérience a été vécue sous l’Union ; elle nous a permis de ne conserver qu’une certaine autonomie régionale et de subir une inévitable subordination économique (cf. ADDENDA). En revanche, pour le Canada-Anglais, c’est une double réussite : politique et économique. Lionel Groulx voit les choses différemment. « C’en est fait, écrit-il, de l’Union des Canadas, politique avortée en tous ses objets principaux. » Cette conclusion est fausse. Le régime de l’union ne meurt pas en 1867, il se prolonge par la création de la fédération canadienne de 1867, puis se réaffirme à deux reprises en 1982 avec le rapatriement de la constitution canadienne par Trudeau et en 2000 avec la Loi sur la clarté présentée par Dion-Chrétien, deux autres Québécois.
En 2008, il semble qu’on en reste encore à l’énoncé no 7 : « À ses adversaires qui redoutent la Confédération, Cartier répond : "Je suis déjà en majorité". Nous ne sommes pas maîtres du fédéral, mais nous avons une suffisante maîtrise du local. » Or, cette « maîtrise du local » qu’elle exerce au local et au central comme pense le Bloc québécois, c’est un cache-réalité. Il manque toujours cet État souverain. Ce n’est ni facile à penser ni facile à accepter et encore moins facile à FAIRE.

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