Les quatre problèmes majeurs
de notre histoire réglés en 1850
Les années 1847, 1848 et 1849 sont des années bien remplies dans notre histoire. Pour le Canada-Anglais, les idées se précisent sous l’autorité impériale de lord Elgin. La tâche n’a pas été facile à accomplir pour le gouverneur. Quant aux Canadiens-Français, ils ont été mystifiés dans leur désir de collaboration en croyant vivre collectivement d’égal à égal avec le Canada-Anglais.
Ce rêve d’égalité se poursuit encore dans l’imaginaire presque morbide des Québécois-Français d’aujourd’hui. Il empoisonne inconsciemment tout le discours souverainiste. Par exemple, Daniel Turp fait partie, espérons-le, de la dernière génération des indépendantistes-optimistes tandis que Stéphane Dion représente celle des fédéralistes-optimistes.
On ne voit pas jusqu’à quel point l’esprit des Québécois est devenu complètement tordu sur la question nationale qui les concerne collectivement. Tout un peuple a peine à croire qu’il peut se tromper. Son imaginaire ou autrement dit, son univers mental constitué de représentations variées, a remplacé la réalité. Il la fabrique même selon les circonstances ; il s’adapte pour se contempler dans ses rêves. La prise de conscience n’a pas encore eu lieu. Nous dérivons sans le savoir.
Nous sommes conscient que ce que nous venons de dire est insupportable. Mais alors, quand parviendrons-nous à mettre fin à tous les actes d’intimidation dont notre collectivité nationale québécoise est et a été systématiquement la victime ? Quand voudrons-nous une bonne fois pour toutes mettre fin à cette mise en œuvre des menaces du peuple conquérant et dominateur pour créer entre nous l’appréhension ou, en d’autres termes, la crainte plus ou moins bien définie que l’on éprouve au sujet de notre avenir ? Les pleutres se multiplient comme des lapins. Au premier bruit de bottes, ils s’énervent, s’agitent, s’indignent ou se taisent. Ils rentrent dans le rang à la satisfaction de celui qui maîtrise tout le champ de l’espace public ou, au contraire, ils deviennent volubiles en débitant les âneries de l’idéologie traditionnelle fédéraliste. Une vieille idéologie qui imagine que « ce pays nous appartient » comme l’a cru dur comme fer Pierre Elliott Trudeau et d’autres avant lui et comme le croiront d’autres après lui.
Le pire en ce moment, c’est ce que veut réaliser un certain Stéphane Dion, le chef actuel du parti libéral du Canada, comme hier un certain Metcalfe précédé lui-même d’un certain Thomson-Sydenham, etc. Quant à Stephen Harper, il n’a même pas besoin de se poser la question. Le gouvernement fédéral a remplacé l’Angleterre pour continuer le processus d’annexion et d’assimilation du Québec. Nous le savons maintenant. Qu’allons-nous faire ?
En 2008, nous pouvons dire que les quatre problèmes majeurs du DEUXIÈME CANADA sont réglés en 1850 (cf. paragr. 77-80). Face à ce destin, il reste plusieurs hypothèses sur la table. Sauf que la seule viable à long terme pour un Québec-Français libre collectivement, c’est l’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC. En peu de mots, le modèle de l’indépendance québécoise devrait consister à posséder un État souverain et à maîtriser suffisamment les interactions complexes entre le politique, l’économique et le culturel. La maîtrise de ces trois forces majeures de la dynamique intégrale (interne) d’une société est incontournable.


