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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 325
Le deuxième Canada (25/29)
Les Britanniques de Montréal n’acceptent pas d’être déclassés par une majorité canadienne-française dans l’union canadienne de 1841.
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 15 mai 2008      167 visites


« de fait, ce fut l’époque des grandes immigrations et des envois de capitaux britanniques dans la colonie… ce n’était pas la fin de l’empire. »

L’incendie des édifices du Parlement le 25 avril 1849 par les citoyens britanniques du Bas-Canada n’est pas une histoire simple et surtout pas strictement accidentelle (cf. DOCUMENTS, illustrations nos 1et 3). Cette réaction des Montrealers est la conséquence d’une longue inquiétude des Britanniques du Bas-Canada qui ne cessent d’afficher leur volonté d’en découdre avec les Canadiens-Français (cf. paragr. 74-a) et RÉF., no 4). Elgin a dû fuir le Parlement en vitesse. On n’a pas pu trouver les coupables et 25 000 volumes très précieux ont été brûlés (cf. RÉF., no 3 : Gallichan). Les émeutiers ont aussi saccagé la maison de LaFontaine. La Chambre ira siéger au Marché Bonsecours sous la surveillance de l’armée.

Ces faits historiques ne doivent pas être traités d’une manière superficielle. Ils sont très graves au plan démocratique. N’est-ce pas que la rébellion de 1837 dans les rues de Montréal à l’époque de Gosford a été fomentée par les Britanniques eux-mêmes ? Il faut cesser de faire l’histoire à l’envers ! (Cf. DOCUMENTS, illustrations nos 2 et 3.) C’est carrément de l’intimidation. Cette pratique anglaise au Canada n’a jamais cessé dans notre histoire à l’égard des Canadiens-Français.

Sous le régime des gouverneurs-premiers-ministres que nous avons cités dans notre chronique 324, il faut savoir que l’armée britannique a participé activement durant les périodes électorales à l’intimidation des électeurs. La réconciliation ou l’harmonie au plan politique exigeait un prix à payer. Les changements surviendront avec la venue de lord Elgin.

Le pouvoir que veut exercer le gouverneur Elgin s’accommode des dissensions au sein du Parlement. Ce gouverneur accepte le principe de la majorité à la Chambre plutôt que le pouvoir d’un groupe partisan qui viserait à dominer sans avoir nécessairement la majorité. Ce problème de la majorité dans le Bas-Canada soulève la question de la majorité canadienne-française que les Anglais de Montréal refusent d’accepter. Ils ne veulent d’aucune façon céder le pouvoir à une majorité canadienne-française. Elgin fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire fonctionner le système des partis politiques au Parlement en 1848. Mais la sanction le 25 avril 1849 du bill des indemnités pour les victimes de la rébellion de 1837 et 1838 a mis immédiatement le feu aux poudres chez les Montrealers. Une réaction naturelle pour ceux qui veulent gouverner le Canada (cf. paragr. 74-a).

Le retour d’exil de Papineau et sa présence sur la scène politique ne réjouit pas nécessairement Elgin.

Son manifeste paraît dans La Minerve le 20 décembre 1847, dans La revue canadienne le 21 et dans L’Avenir le 24 décembre 1847 et le 22 janvier 1848. Le texte est publié aussi sous forme d’un tiré-à-part. Selon Elgin, le document a produit une « forte sensation » dans l’opinion publique. Sous le regard d’aujourd’hui, 160 ans plus tard, nous pourrions nous interroger sur les difficultés des indépendantistes à ne pas parvenir à comprendre le problème de l’indépendance du Québec de la même manière. Les idées sont toujours brouillées par le caractère fédératif ou de l’Union ou de la Confédération qui laisse l’impression que deux majorités pourraient gouverner le Canada. Le dilemme n’est pas encore résolu.

Bruno Deshaies


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