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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 323
Le deuxième Canada (23/29)
Bagot, successeur de Sydenham, réussit à gagner LaFontaine, qu’il fait entrer au Conseil.
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 1er mai 2008      123 visites


« Le Haut-Canada est administré par des Britanniques
et le Bas-Canada par une majorité canadienne-française… »

(Selon LaFontaine et Parent)

Même s’il démissionne en juillet 1841, le gouverneur Sydenham a dominé la première session du premier Parlement de la Province of Canada (du 14 juin au 18 septembre 1841). Il a poussé l’audace jusqu’à proposer un programme de gouvernement qui a préparé les assises du Canada moderne. On peut considérer son discours devant le Parlement le 15 juin 1841 comme l’un des textes fondateurs du Canada-Anglais (cf. Texte no 1). Il faut ajouter que, dans les faits, depuis ce temps nos perceptions n’ont rien changé à la réalité de l’Annexion. Les CANADIENS du PREMIER Canada qui sont restés dans la colonie et tous ceux du DEUXIÈME, continuent à subir cette annexion – même comme majorité dans la Province de Québec créée en 1867. L’abbé Groulx a bien pu protester en 1917 contre le régime de Sydenham en affichant fièrement le courage de LaFontaine dans son discours du 13 juin 1842 (cf. RÉF., no 4), que cette idée n’a même pas modifié d’un iota les effets de la subordination politique et économique des Canadiens-Français dans le DEUXIÈME Canada.

Le nouveau Parlement de 1841 sera en mesure de fonctionner cette fois-ci pour les deux Canadas ré-unis. En conséquence, les Canadiens-Français se retrouvent de facto dans une situation officielle de subordination et de minorisation constitutionnelle. Après les 92 Résolutions, LaFontaine n’a pas prévenu le coup et, surtout, il ne l’a jamais compris. C’est pourquoi, Maurice Séguin écrit de lui : « LaFontaine y entre [dans le Conseil] sans rien exiger pour l’instant. » (Cf. paragr. 58.) Même qu’Étienne Parent suggère, le 21 septembre 1842, un « fair trial » de l’Union (cf. RÉF., no 4). LaFontaine accepte l’offre du gouverneur Bagot d’occuper le poste de Procureur général du Canada-Est et son ami Baldwin, le même poste pour le Canada-Ouest. L’élite canadienne-française « a cru à la possibilité de l’indépendance à deux » (cf. paragr. 60). Voilà un mythe tenace de notre tradition politique.

Sous le régime parlementaire guidé par les Résolutions Harrison (cf. Texte no 2), le fonctionnement de l’Union ne sera pas particulièrement facile parce que ce régime n’offre pas clairement les conditions de la responsabilité ministérielle (cf. paragr. 56, 63 et 64). C’est encore le régime du gouverneur qui agit et le Conseil suit !

Tant Sydenham que Bagot ne réussiront pas à former cette grande coalition des parlementaires en Chambre. Toutefois, le discours de LaFontaine du 13 septembre 1842 (cf. Texte no 3) colmate une partie du problème en offrant sa participation au gouvernement de l’Union avec la collaboration de Baldwin. Il propose à Bagot de « reconnaître la nécessité de la coopération des Canadiens français, et d’implorer cette coopération » (cf. Texte no 3). C’est le « fair trial » de Parent une semaine plus tard.

Bruno Deshaies


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