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« L’Union est enfin décrétée ! »
(L.-H. LaFontaine, 25 août 1840)
Progressivement, par la force des choses, Louis-Hippolyte LaFontaine (1807-1864) en tant que jeune chef réformiste de trente-deux ans va accepter l’Union. Un mois après l’adoption par le Parlement de Londres de l’Acte d’Union de la Province of Canada le 23 juillet 1840, il proposera à ses électeurs de la circonscription de Terrebonne son programme politique. Dans ce manifeste, il proclame qu’il coopérera à la réforme des institutions et au développement général du Canada (cf. paragr. no 51 et le Texte no 1-a). « En fait, comme l’écrit l’historien Marcel Trudel, il demande implicitement à ses compatriotes de renoncer au rêve de fonder, à l’intérieur des frontières du Bas-Canada, une nation indépendante. » (Cf. RÉF., no 3 : p. 215.) Cette posture politique annonce déjà les interprétations FÉDÉRALISTES-OPTIMISTES à l’intérieur et INDÉPENDANTISTES à l’extérieur (cf. Texte no 3).
On ne doit pas sous-estimer ce document fondateur de la pensée politique canadienne-française. Il a influencé et influence encore aujourd’hui la pensée nationaliste des Québécois autant celle des souverainistes que celle des fédéralistes. Il faut lire le Texte no 1-a) avec beaucoup d’attention, car il est un bon résumé de la position des réformistes modérés (cf. Texte no 1-b). Signalons que la correspondance de LaFontaine avec Sir Francis Hincks du Haut-Canada et ses relations politiques avec Étienne Parent à Québec lui serviront grandement, sans compter la collaboration de Robert Baldwin, chef du parti réformiste du Haut-Canada, qui lui offrira le siège d’York (Toronto) pour compenser sa défaite dans Terrebonne. LaFontaine fut élu facilement le 23 septembre 1841 dans le Canada Ouest pour siéger à l’Assemblée législative de la Province of Canada en tant que chef bas-canadien du parti réformiste modéré.
LaFontaine a cherché à se servir du régime de l’Union pour aider les siens en apportant des solutions intéressantes aux problèmes économiques et sociaux du Canada. Il croyait fermement que la responsabilité ministérielle offrirait les instruments politiques nécessaires à la réforme des institutions du Bas-Canada. Il a refusé un poste important au sein du Conseil exécutif que lui offrait Sydenham parce qu’il savait qu’il n’aurait pas l’occasion d’obtenir le gouvernement responsable. Toutefois, il ne se rendait pas compte, par ailleurs, qu’il endossait les grands objectifs canadians du gouverneur général dont l’UNION en dépit de ses injustices et le refus d’accorder le gouvernement responsable mais aussi de vivre dans « une seule Province relevant d’une administration unique » (cf. Texte no 2).
Les Canadiens-Français finirent donc par croire qu’ils avaient obtenu l’égalité politique. Comme ils sont la majorité dans le Canada Est, ils pensent avoir acquis les pleins pouvoirs. LaFontaine ne voit pas que par sa participation au gouvernement de l’Union il agit au nom d’une nationalité subordonnée.

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