« … L’ontario plie sous une dette de 7 000 000 $ ; Thomson a dans ses poches l’argent suffisant pour remettre l’ontario sur ses pieds… à la condition qu’ils acceptent l’union. »
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En 1839, c’est Londres qui a le beau jeu sur le Haut-Canada qui n’a pas voulu, dans un premier temps, accepter l’union. Le Family Compact est pris devant une dette de £1 200 000. Mais la colonie ne peut pas demeurer sous la responsabilité de Colborne qui assume un intérim. Poulett Thomson est nommé en remplacement de Durham. Les instructions qu’on lui transmet le 7 septembre 1839 sont très importantes pour comprendre toute la portée de sa mission au Canada (cf. DOCUMENTS, Texte no 1).
Le travail de Thomson consistera à mettre en pratique les objectifs que poursuit le gouvernement britannique. On lui conseille de faire vite. « On ne saurait mettre trop de hâte, écrit Russell dans sa lettre, à clore une discussion qui s’est prolongée au prix de tant de maux et de périls encore plus grands pour les intérêts des provinces canadiennes et de ce royaume-ci. » La Grande-Bretagne est une grande puissance qui surveille l’expansion des États-Unis en Amérique en défendant sa prépondérance dans le monde. Le problème de l’indépendance du Texas et de son annexion aux États-Unis inquiète les responsables de la politique internationale en Angleterre. Le Canada, en particulier, et ses autres colonies de l’Amérique du Nord britannique méritent un sort différent de celui du Texas. Il n’est certes pas question que les Canadiens-Français demeurent un obstacle au développement des colonies anglaises de l’Amérique du Nord.
Depuis la Défaite des Canadiens et de la France après la capitulation de Montréal en 1760, la Grande-Bretagne cherche par différentes mesures à assimiler les Canadiens-Français. Cependant, les moyens utilisés n’ont pas permis jusqu’en 1839 d’atteindre cet objectif. Mais, à partir de Thomson, le gouvernement de Londres entend mettre tout son poids dans la balance afin de résoudre la crise canadienne permanente.
La réponse globale à ce problème se trouve dans les Journaux du Conseil spécial du Bas-Canada de novembre 1839 (cf. DOCUMENTS, Texte no 2). Elle servira de tremplin à Thomson dans ses discussions avec les représentants du Haut-Canada. Dès le 7 décembre, Thomson déclare dans un message adressé à la Législature du Haut-Canada sa position ferme : « The time then is now arrived beyond which a settlement cannot be postponed. » Le gouverneur général ne peut mieux exprimer l’irritation du gouvernement britannique. Puis, le travail du gouverneur sera couronné par l’adoption des Résolutions du Conseil législatif du Haut-Canada et de la Chambre d’assemblée du Haut-Canada respectivement les 14 et 23 décembre 1839. Ainsi, une autre étape vers la ré-union des deux Canadas vient d’être franchie.
Les principaux éléments cette ré-union sont exposés aux paragraphes 45 à 47 ci-dessous de l’histoire du DEUXIÈME Canada.


