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Le deuxième Canada (21/29)
Thomson doit agir vite et obtenir l’accord du Haut-Canada et du Bas-Canada au projet d’Union tout en visant l’harmonie.
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 17 avril 2008      271 visites      1 message


« … L’ontario plie sous une dette de 7 000 000 $ ; Thomson a dans ses poches l’argent suffisant pour remettre l’ontario sur ses pieds… à la condition qu’ils acceptent l’union. »

***

En 1839, c’est Londres qui a le beau jeu sur le Haut-Canada qui n’a pas voulu, dans un premier temps, accepter l’union. Le Family Compact est pris devant une dette de £1 200 000. Mais la colonie ne peut pas demeurer sous la responsabilité de Colborne qui assume un intérim. Poulett Thomson est nommé en remplacement de Durham. Les instructions qu’on lui transmet le 7 septembre 1839 sont très importantes pour comprendre toute la portée de sa mission au Canada (cf. DOCUMENTS, Texte no 1).

Le travail de Thomson consistera à mettre en pratique les objectifs que poursuit le gouvernement britannique. On lui conseille de faire vite. « On ne saurait mettre trop de hâte, écrit Russell dans sa lettre, à clore une discussion qui s’est prolongée au prix de tant de maux et de périls encore plus grands pour les intérêts des provinces canadiennes et de ce royaume-ci. » La Grande-Bretagne est une grande puissance qui surveille l’expansion des États-Unis en Amérique en défendant sa prépondérance dans le monde. Le problème de l’indépendance du Texas et de son annexion aux États-Unis inquiète les responsables de la politique internationale en Angleterre. Le Canada, en particulier, et ses autres colonies de l’Amérique du Nord britannique méritent un sort différent de celui du Texas. Il n’est certes pas question que les Canadiens-Français demeurent un obstacle au développement des colonies anglaises de l’Amérique du Nord.

Depuis la Défaite des Canadiens et de la France après la capitulation de Montréal en 1760, la Grande-Bretagne cherche par différentes mesures à assimiler les Canadiens-Français. Cependant, les moyens utilisés n’ont pas permis jusqu’en 1839 d’atteindre cet objectif. Mais, à partir de Thomson, le gouvernement de Londres entend mettre tout son poids dans la balance afin de résoudre la crise canadienne permanente.

La réponse globale à ce problème se trouve dans les Journaux du Conseil spécial du Bas-Canada de novembre 1839 (cf. DOCUMENTS, Texte no 2). Elle servira de tremplin à Thomson dans ses discussions avec les représentants du Haut-Canada. Dès le 7 décembre, Thomson déclare dans un message adressé à la Législature du Haut-Canada sa position ferme : « The time then is now arrived beyond which a settlement cannot be postponed. » Le gouverneur général ne peut mieux exprimer l’irritation du gouvernement britannique. Puis, le travail du gouverneur sera couronné par l’adoption des Résolutions du Conseil législatif du Haut-Canada et de la Chambre d’assemblée du Haut-Canada respectivement les 14 et 23 décembre 1839. Ainsi, une autre étape vers la ré-union des deux Canadas vient d’être franchie.

Les principaux éléments cette ré-union sont exposés aux paragraphes 45 à 47 ci-dessous de l’histoire du DEUXIÈME Canada.

Bruno Deshaies


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Vos commentaires:
  • Le deuxième Canada (21/29)
    21 avril 2008, par Marc Authier

    "Je me souviens de rien." Telle devrait être notre devise. Très bon rappel comment le Bas-Canada a servi à éponger les dettes du Haut-Canada. Une question à se poser. Si cela avait été l’inverse, est-ce que le Haut-Canada aurait épongé les dettes du Bas-Canada ? Chut ! Je n’ai même pas besoin d’avoir la réponse. Je la connais et c’est terriblement triste.

    Comme on dit en anglais : "That’s the way the cookie crumbles." Autrement dit mais non. Bah. On a pas besoin d’aller aussi loin dans notre histoire canadienne pour trouver de tels exemples.

    Hydro-Québec n’a jamais reçu un cent du gouvernement du Canada pour ses barrages. Pourtant Hydro-Ontario a reçu au bas mot 20 milliards CAN$ pour développer sa technologie CANDU. Vous voyez ? Les choses ne changeront jamais. Et de toute manière, une bonne partie des Québécois s’en foutent !

    Il y a tellement d’exemples récents de fédéralisme asymétrique ou les intérêts économiques du Québec sont constamment spoliés et ignorés, que ça prendrait une chronique de 200 pages. Et vous savez quoi ? Même un fédéraliste pur et dur du Québec, même Jean Charest, devrait être écoeuré et en maudit par de tels abus. "Je me souviens de rien, mais de rien du tout."



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