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« [Durham] est très conscient de l’obstruction des Canadiens-Français ;
il peut évaluer le grand mal des prétentions canadiennes-françaises
et il comprend les intérêts supérieurs de la colonisation britannique… »
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Le rapport Durham est l’un des documents les plus importants de l’histoire de la Province of Quebec, de l’évolution des deux Canadas après 1763 ainsi que du Canada-Anglais après 1840 et, également, de la transformation de l’Empire britannique. Il marque les bornes de l’espace de liberté collective des Canadiens-Français ou des Québécois-Français dans un Canada-uni, que ce soit sous l’Union ou dans la fédération canadienne. D’ailleurs, ce sera le seul terrain où ils pourront profiter d’un certain pouvoir propre, mais limité quant aux moyens de défense de leurs intérêts nationaux en tant que nation annexée.
Voici les quatre solutions proposées à deux problèmes fondamentaux couvrant celui du politique (1, 3 et 4) et le problème national (2).
– Solution au problème politique (1) :
Un conseil exécutif responsable – Autorité interne. (No 36)
– Solution au problème politique (3) :
La création d’une Confédération du B.N.A. (Nos 37 et 39, paragr. 22)
– Solution au problème politique (4) :
La montée vers l’indépendance totale dans un Commonwealth. (No 37)
– Durham et le problème national (2) :
La seule solution possible : l’Union des deux Canadas. (No 39, paragr. 23)
Aux trois problèmes politiques (cf. 1, 3 et 4), vient s’ajouter celui de l’économique et de la colonisation (cf. no 38). Le problème national doit être vu comme la cause première de la lutte nationale et les problèmes constitutionnels peuvent être considérés en tant que causes secondes (cf. Documents, Texte no 1). Malheureusement, les Québécois-Français d’aujourd’hui inversent le problème, d’où leur difficulté à le résoudre. Lord Durham avait très bien vu cette problématique. Toutefois, la recherche des solutions n’est pas nécessairement évidente. L’histoire suivra son cours…
Les prochaines chroniques démontreront à quel point l’ampleur des conséquences du rappel de la constitution de 1791 et l’adoption de l’Acte d’union de 1840 ont affecté profondément et inexorablement la nation québécoise, – cette dernière a été mise en minorité.
Ce constat est encore mal compris par les Québécois-Français d’aujourd’hui. Ils se croient encore à égalité. Ils peuvent se consoler en pensant que Durham avait cru surtout à l’assimilation et sous-estimé le fait de la mise en minorité comme telle des Canadiens-Français. La colonisation ayant dû faire le reste.

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