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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 313
Le deuxième Canada (13/29)
La double crise politique et nationale de 1835-1837 annonce des modifications constitutionnelles importantes.
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 14 février 2008      233 visites


« Le plus grave, la 93e résolution : l’assemblée ne votera pas de subsides tant que Londres n’aura pas accédé aux demandes des Canadiens-Français ; c’est la grève parlementaire. »

***

L’enjeu pour l’avenir du Canada et de l’Empire britannique se joue dans le Bas-Canada. La double crise politique et nationale accapare le monde anglais entre 1828 et 1839. Les Canadiens-Français se font de plus en plus exigeants ; leur demande pour le contrôle du ministère devient plus urgente ; leur désir de jouir du self-government comme majorité est battu en brèche. Qu’ils le veuillent ou non, leur position politique entre en contradiction frontale avec les visées du British Montreal (cf. no 29, RÉF., no 4 et la chronique no 6/29). Dans un tel contexte, le Bas-Canada paralyse le développement du Haut-Canada (cf. no 30 ci-dessous). Cette troisième crise ne pourra pas résister à l’offensive du Canada-Anglais appuyé finalement par la Grande-Bretagne.

La mission « de paix et de conciliation » du gouverneur Gosford ne retardera que de quelques années l’échéance d’un règlement plus global de la situation. Les rapports entre le gouverneur et l’assemblée se solderont par une grève parlementaire des Canadiens-Français qui entraînera le raidissement de la position du gouvernement de Londres, d’une part, et beaucoup de mécontentement, d’autre part, du « vrai Parti anglais » dans le Bas-Canada (cf. TEXTE no 4 et aussi RÉF., no 4). En outre, les Patriotes ne sont guère plus contents. Tous les éléments d’une révolte éminente sont en place.

Les dix résolutions Russell du mois de mars 1837 (voir TEXTE no 3 et RÉF., no 5 : p.73-74) viennent répondre aux Quatre-vingt-douze résolutions canadiennes-françaises de 1834 et aux résolutions adoptées par la Chambre d’assemblée du Bas-Canada en 1836 (RÉF., no 5 : p. 72). Les résolutions Russell mettent fin aux tergiversations. Londres pourra agir sans le consentement de l’assemblée, si nécessaire. Le parti de Papineau est donc acculé soit à se soumettre ou à s’opposer. Le 15 mai 1837, Papineau réplique dans son discours à l’occasion de l’assemblée du comté de Montréal tenue à Saint-Laurent (Ibid., p. 75-76) que le journal La Minerve de Montréal publie et approuve (25 mai 1837). Si nos adversaires « marchent dans la voie de l’illégalité et de l’injustice, déclare Papineau, marchons d’un pas égal, ou plus rapide, dans celle de la résistance ».

Bruno Deshaies


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