« Même si Londres voulait libéraliser…
elle entendait bien avoir le dernier mot à dire dans la colonie… »
« Londres penche du côté des Canadiens-Français…
et […] était en train de créer virtuellement
une République canadienne-française… »
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Le climat général en Angleterre est orienté vers des réformes majeures de la société britannique. Vers 1830, le long règne tory tire à sa fin. Il aura duré presque 44 ans. Des dissensions apparaissent au sein du parti Tory. Des hommes politiques comme George Canning et William Huskisson donnent une impulsion nouvelle au mouvement de changement. Ils sont des libéraux au milieu du camp Tory. Malgré tout, ils poseront les bases du Second Empire britannique qui visera à intégrer les colonies dans un système impérial plus ouvert où les intérêts britanniques ne font qu’un, où les colonies ne sont pas que des fournisseurs pour la métropole, où l’émigration peut être utile aux colonies ainsi que l’aide financière aux coloniaux, où il est souhaitable d’avoir un système colonial préférentiel pour les colonies dans le fonctionnement du système tarifaire commercial sur les pays étrangers et où il est possible de prendre soin des colonies comme de ses propres affaires.
En dépit de ces belles idées, le gouvernement de Londres doit faire face au problème de race au Canada. Il n’entend pas abandonner la direction générale de ses colonies. Le cap est maintenu sur l’empire comme un tout. Sauf que les Canadiens-français qui sont des sujets britanniques loyaux n’ont pas que des griefs contre l’administration de la colonie. Ils veulent diriger la colonie du Bas-Canada selon leur désir. Les 92 résolutions constituent une protestation contre le gouvernement local qui ne tient pas compte des droits et des pouvoirs de l’Assemblée législative. De ce fait, la 93e résolution consiste dans la grève parlementaire où l’Assemblée refuse de voter les subsides. Les Canadiens-Français veulent rester maîtres dans le Bas-Canada. C’est la nature même de la crise au 3e degré. Qui gouverne ? (Cf. paragraphe no 18 ci-dessous.)
Cette question, les Québécois se la posent encore aujourd’hui. À ce jour, toutes les politiques autonomistes du Québec n’ont rien changé à la dynamique de la politique canadienne depuis 1791. Nous vivons sensiblement toujours les mêmes problèmes. C’est devenu un atavisme collectif. On pense que les choses vont changer uniquement par des discours dans le système. Impossible ! Le combat porte SUR le système.


