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Les responsables à Londres tiennent à surveiller les colonies : « …pour le moment, ils veulent corriger les abus… ; si l’on accorde l’autonomie intérieure, pour bientôt ce sera l’autonomie extérieure ; accorder un cabinet provincial, c’est virtuellement accorder l’indépendance… ».
Selon les canadiens-français : « Dans le Bas-Canada, que les Britanniques se conduisent comme une minorité. »
Depuis l’annonce en 1828 par William Huskisson, secrétaire des Affaires coloniales, de créer un comité spécial sur l’état du gouvernement civil au Canada, le vieil empire britannique va progressivement se transformer du statut d’empire mercantile vers la formation d’un empire de nations responsables jouissant du gouvernement responsable en matière intérieure. Cette évolution donnera naissance aux Dominions. Ainsi naîtra The British Commonwealth of Nations.
Cependant, au début des années 1830, l’avenir des colonies est loin d’être clair. Par exemple, la réponse de Londres aux « Quatre-vingt-douze résolutions » consiste à dire qu’il faut corriger les abus, mais qu’il n’est pas question de permettre la création d’un « ministère provincial ». Le gouvernement responsable, ce sera pour plus tard ! C’est pourquoi il est fort légitime de dire que c’est l’époque de l’« Empire prisonnier et mécontent (1783-1837) », soit l’empire surveillé de près, mal administré à distance avec agitation dans les colonies les plus évoluées. Les positions des groupes dans le conflit « national » de l’Amérique du Nord conduiront aux révoltes de 1837. Malgré tout, il ne faut pas confondre la « question nationale » avec l’« émancipation coloniale ».
Le va-et-vient entre le Canada et Londres et vice versa offre aux Canadiens-français la chance de lutter « pour la liberté en tant que majorité ». Sur ce point, autant Londres que les Britanniques du Bas-Canada et du Haut-Canada sont momentanément coincés. C’est pourquoi, Londres aura à résoudre le problème de race. L’avantage pour les Britanniques au Canada tient en partie à l’ambiguïté de la position des Canadiens-Français. Comme l’écrit Maurice Séguin : « Ils admettent qu’il y a une crise nationale, mais pour eux c’est surtout un conflit politique ».
Troublante équation qui persiste encore aujourd’hui chez les souverainistes. Les Québécois ont droit d’être une nation. Le Québec est aux Québécois qui ont l’espoir d’être une « Nation au sens politique du mot, un État souverain… » – comme le pensaient les Canadiens-Français en 1830.
Rien n’a changé. Ottawa a remplacé Londres depuis 1867, puis en 1931 avec le Statut de Westminster et finalement, en 1982, avec le rapatriement de la constitution canadienne, en y ajoutant une charte des droits et libertés et une procédure de modification de la Constitution.
Bruno Deshaies
http://blogscienceshumaines.blogspot.com/

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