Le désir inconscient et dangereux d`acculturation chez l`éditorialiste de l’Oie Blanche.
Monsieur Patelli nous dit que le caractère national des québécois est une combinaison gagnante de français modelés par l’Amérique et enrobés des vertus anglo-saxonnes. Du moins l’imagine-t-il ainsi.
Il lui semble que la politique québécoise ressemble à la série télévisée américaine de « Dallas » ?
Il aimerait que les Québécois aillent s`angliciser dans des camps d`immersion au Canada anglais pour mieux s’ìntégrer à ce beau grand pays bilingue, dont on sait qu’y « mettre les deux langues sur un même pied correspond à mettre les deux pieds sur la même langue ».
Il n’arrive pas à comprendre que les nationalistes-indépendantistes québécois veuillent leur propre pays pour pouvoir sauvegarder leur patrimoine linguistique, culturel, juridique et autres, sans que leurs lois soient continuellement contestées par la cour suprême du Canada.
Et puis comme c’est fatiguant et humiliant d’avoir à quémander continuellement à Ottawa notre dû en péréquation ou autrement. Il devient impossible pour le gouvernement québécois de planifier son budget. Il est à la merci des décisions budgétaires fédérales. Même monsieur le premier ministre, Charest, n’en peut plus.
Pourquoi, monsieur Patelli semble-t-il vouloir que le « people » du Québec finisse par ressembler aux anglais et aux américains ?
À la fin à quoi rime cette opération d`acculturation, monsieur l`éditorialiste ? Pourquoi chercher à modifier les modèles culturels initiaux des québécois ? C`est surtout à l`immigrant à faire l`effort de s’adapter et non l`inverse. Nous ne désirons pas ressembler aux autres. Nous portons notre propre originalité nationale, notre propre manière d`être. Nous en sommes fiers et désirons éviter les chants de sirène.
Nous comprenons que beaucoup de français ont, historiquement, une grande admiration pour les américains, et l`inverse est aussi vrai. Les américains continuent à être fascinés par la grande révolution française et les français par l’histoire de l`indépendance inspirée des Américains
Les québécois se sentent, eux aussi assez près des américains. Pourtant si vous leur demandez s’ìls seraient prêts à changer de nationalité ou à annexer le Québec aux Etats-Unis vous verriez que la très, très grande majorité vous dirait non. De nombreux sondages en font foi. C`est peut-être un peu différent pour les immigrants québécois, qui, pour la plupart n’arrivent pas à comprendre tout le danger et l’urgence de la situation nationale québécoise. Nous sommes très fiers d`être ce que nous sommes et ne voulons surtout pas subir le triste sort que connurent les franco-américains en rapport à leur langue et culture québécoise. Nous n’avons rien à envier au rêve américain ou à la manière anglo-canadienne. On retrouve rêve et manière tout aussi intéressants chez le peuple québécois. Nos façons n’ont rien à envier aux autres.
Nous sommes conscients de la part de syncrétisme dans notre culture, mais la dose de l`apport culturel étranger doit être pondérée compte tenu de notre situation géopolitique et démographique délicate. On a vu par le passé des groupes forts être assimilés par des groupes plus faibles. La tendance démographique des québécois ne peut plus nous permettre de prendre des risques qui pourraient être fatals pour notre nationalité. Et nous voulons éviter les troubles sociaux qui découleraient d`une situation dégénérée.
Tout ce que nous désirons, c‘est de consolider notre indépendance nationale pour mieux nous ouvrir sur le monde sans avoir à demander des permissions à quel qu’autre peuple que ce soit afin d’offrir nos compétences, notre originalité, notre "pacificité" aux autres nations du monde, et traiter d’égal à égal avec elles.
Alain Raby
Saint-Jean-Port-Joli,

