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Cette semaine, aux Francs tireurs, Patrick Lagacé recevait Bernard Drainville en reprise samedi le 2 février et je vous invite à aller voir par vous-même. Un ancien journaliste devenu homme politique est interrogé par quelqu’un qui se dit journaliste mais ne l’est pas. Je passe par-dessus ces longues et insistantes images insignifiantes montrant Bernard Drainville en train de se demander, avant l’entrevue, s’il doit attacher le dernier bouton de son veston. Ça c’est du cinéma-vérité. Il fallait mettre ces images en parallèle avec les propos amicaux de Drainville envers André Boisclair avant sa fameuse entrevue trois jours avant de se déclarer candidat pour le Parti québécois dans Marie-Victorin.
Mais venons-en à ce que j’appelerais par hyperbole le contenu. Le ton
faussement copain ne nous a pas empêché de voir l’attitude vache de Lagacé.
Sur l’épisode de l’entrée en politique de Bernard Drainville, Lagacé n’a
pas bougé d’un pouce par rapport aux niaiseries qui ont été dites à
l’époque. Quand il a accepté de faire l’entrevue avec Boisclair, Drainville
était journaliste et ne savait pas que le comté de Marie-Victorin
deviendrait ouvert. Cécile Vermette était accrochée au comté depuis vingt
ans. Je ne sais ce qui l’a convaincue de laisser sa place, André Boisclair
ou Jacques Parizeau, mais elle avait toujours dit non comme à l’époque où
David Levine se cherchait un comté et a été battu dans Joliette tandis
qu’il aurait été élu dans Marie-Victorin. Tout cela a été expliqué
longuement par moi sur le blogue même de Patric Lagacé et on a là la preuve
qu’il ne lit pas les messages sur son propre blogue. Il devrait car il
apprendrait parfois des choses qu’il ne sait pas. Comme je suis de
Marie-Victorin, il semble que j’en sais plus que Lagacé et je l’ai écrit.
Le prétendu journaliste a-t-il fait un minimum de recherche ?
Non. Cette partie de l’entrevue, c’est du naisage purement et simplement. Il a dit à Drainville qu’il ne le croyait pas et que son explication n’était pas valable. Quel culot quand même !
L’interrogatoire continue : "la politique, c’est sale" répète trois fois Lagacé. Est-ce que tu t’es sali, Drainville ? Ce dénigrement de la politique, on l’entendait dans les années de Duplessis. L’argent, c’est sale ; la science, ça rend orgueilleux ; la sexualité, c’est animal ; la politique, c’est sale. Cette idéologie s’appelle le jansénisme. Lagacé répète cela comme un perroquet pour écoeurer Drainville.
Ensuite, la langue de bois. Et il demande : quel est le principal défaut de Pauline Marois, question qui décontenance Drainville qui ne répond pas et c’est la preuve que la maladie de la langue de bois est en train de le gagner. Lagacé triomphe.
Ensuite, tu gagnais plus comme journaliste que comme député. Tu veux être ministre et de quel ministère ? Embarrassé, Drainville énumère les dossiers qui l’intéressent.
J’ai gardé la meilleure pour la fin. Drainville tient à donner les raisons de son engagement politique. Il le fait. Il parle de la souveraineté du Québec, de la nécessité de prendre nos responsabilités et d’assumer nos relations internationales. Il met son coeur sur la table. Lagacé le coupe en lui disant : Ça va faire la cassette. ÇA VA FAIRE LA CASSETTE. Je n’en crois pas mes yeux et mes oreilles. Mais pour qui se prend-il ce crétin à la solde de Gesca ? Il écrase de son cynisme l’idéal politique qui a poussé Drainville à s’engager politiquement en faveur de l’indépendance du Québec.
Toujours poli, Drainville réplique. Vous les journalistes, vous n’avez pas fait votre travail sur "les gestes de souveraineté". Peut-ëtre que vous n’allez pas toujours au fond des choses, hein Lagacé : la télévision, tes articles à La Presse, ton blogue, c’est peut-ëtre un peu trop.
Et il trouve le moyen de dire qu’il aime beaucoup son travail de député, qu’il a appris beaucoup de choses sur le fonctionnement des hôpitaux. Qu’il est heureux de sa décision de s’être engagé dans le Parti québécois.
Le soir même, Pierre Duchesne faisait à Radio-Canada une entrevue avec Jacques Parizeau sur le rôle de la Caisse de dépôt dans la vie économique du Québec. On pouvait alors faire la différence entre du vrai journalisme et de la bouffonnerie. Je me suis alors rappelé de la manifestation en faveur du Liban et des attaques de Lagacé contre Julien Poulin ce qui avait conduit Pierre Falardeau à le traiter de tous les noms sur un coin de rue, épisode qui a fait l’objet d’un blogue de Lagacé. Et bien, Pierre Falardeau avait raison.
Robert Barberis, Marie-Victorin, 1er février 2008
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