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Nous sommes tous d’accord qu’il faille débattre et encore débattre sur les accommodements raisonnables mais de façon objective, inclusive, non discriminatoire et surtout dans une dynamique de respect mutuel. Je me permets d’utiliser l’expression suivante : « tout le monde doit mouiller son verre de vin ». Cela est aussi vrai pour les anciens que les nouveaux québécois. La recherche de l’harmonie dans les rapports sociaux est cruciale pour l’avenir du Québec.
Par ailleurs, les débats sur les accommodements tantôt raisonnables et tantôt irraisonnables risquent-ils de nuire au projet de « Québec, un pays » ? Car la quête de la souveraineté du Québec nécessite des rapports sociaux harmonieux, du respect mutuel et une adhésion massive des nouveaux québécois. Au delà du bien fondé des débats sur la question des accommodements raisonnables, je pense que la situation telle qu’elle se présente arrange prioritairement le camp des anti-souverainistes dont les conservateurs, les libéraux et les adéquistes. Pourquoi ? À mon avis et d’après ce que je constate : le nouveau québécois moyen, pour ne pas dire « l’immigrant moyen », aurait tendance à vouloir fuir la culture du Québec et des québécois, développerait une impression négative sur le québécois et serait finalement porté davantage à rester du côté canadien là où il est très peu critiqué dans ses us et coutumes.
Du côté québécois, il est certain que bon nombre d’employeurs seraient portés dorénavant à ne pas accepter certaines ethnies parmi eux ; ce qui risque de nourrir la discrimination qui, à son tour, entraverait à l’intégration et à l’inclusion sociales. Au total, on risque de se diriger vers une « non-acceptation sociale mutuelle » en l’occurrence, une accélération des ghettos qui nuirait au projet du pays souhaité par tant de québécois puisque, à ce stade, il serait difficile de rallier les nouveaux québécois autour de la souveraineté du Québec. La solution consiste donc à être objectif, ouvert et respectueux de part et d’autre lors des interventions à la commission B&T sans pour autant agir en tant qu’individus propriétaires exclusifs de cette terre, et que celles et ceux qui sont nouvellement installés sur cette terre doivent revoir leurs attitudes et agissements.
Kamal El Batal
Consultant en développement local/rural
Doctorant en administration des affaires (UQTR/US)

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