Les statistiques du ministère de l’Éducation indiquent clairement depuis des années que lorsque les taux de réussite augmentent dans un ordre d’enseignement, le taux de passage à l’ordre d’enseignement suivant augmente également si l’accès aux études existe pour les étudiants dans un rayon de 25 km de leur lieu de résidence.
C’est la raison pour laquelle, historiquement, les hauts fonctionnaires du ministère de l’Éducation et les gouverneurs du réseau de l’Université du Québec ont toujours défendu l’idée que les trois moteurs du succès scolaire étaient la réussite, l’accessibilité - la présence de cégeps et d’universités sur l’ensemble du territoire québécois - et des droits de scolarité bas.
En fait, la réussite, l’accessibilité et la gratuité sont des facteurs concomitants du succès scolaire. L’absence d’un seul de ces facteurs peut causer l’échec des deux autres. Lorsqu’on nous propose d’augmenter considérablement les droits de scolarité à l’ordre universitaire, on met donc inévitablement en péril l’accessibilité et la réussite d’une importante proportion de la population.
Le combat pour une école publique gratuite est un projet républicain au même titre que celui de la souveraineté du Québec, de la langue française commune à tous les Québécois et des soins de santé gratuits pour toute la population, puisqu’elle est l’espace public idéal pour vaincre la pauvreté, l’ignorance et le racisme.
Contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, il ne s’agit pas d’une vache sacrée, mais bien d’une valeur commune que nous ont léguée nos ancêtres, celle du partage.
Si nous nous occupons de tous nos enfants, pauvres comme riches, sans égard au sexe, à la religion ou à la race, les collèges et les universités se rempliront et nous serons, par conséquent, plus riches collectivement. Mieux vivre ensemble doit être un projet collectif. La formation est le meilleur outil pour combattre les inégalités sociales, elle doit donc être accessible à tous. Pour cela, il faut investir collectivement.
Augmenter inconsidérément les droits de scolarité à l’ordre universitaire met en péril ce projet républicain.


