En lisant l’éditorial d’André Pratte de ce matin , « L’urgence, sortir la politique des hôpitaux », et le surtitre que lui avait ajouté l’éditeur de Vigile, Bernard Frappier, j’ai été frappé par la justesse de cette allusion à la biographie de Jean Charest dont Pratte est l’auteur.
Pratte vient à l’aide de son poulain Jean Charest en prétendant que la santé des enfants n’est pas un enjeu politique dans la présente campagne, mais bien une question purement économique, la preuve : « Au cours de la dernière décennie, le budget du ministère de la Santé et des Services sociaux a été augmenté de 11 milliards. Onze milliards ! Quiconque prétend qu’il manque d’argent aujourd’hui dans le réseau de la santé devra d’abord expliquer où sont allés ces milliards supplémentaires ! ».
L’énigme Pratte est la même que l’énigme Charest, deux personnes qui gravitent autour de Paul Desmarais, conserver le pouvoir politique dans le giron de la famille Desmarais en faisant de la présente campagne une opération uniquement économique.
C’est un secret de polichinelle, les Québécois n’aiment pas la politique parce que la politique, c’est sale, il ne faut donc pas en parler. Voilà la nouvelle recette de Jean Charest. Lorsque John Parizella prétendait dans son spin du Devoir de samedi dernier que Jean Charest souhaitait conserver la campagne au niveau des idées, c’est de l’économie dont il parlait. C’est le même discours que tient André Pratte dans son éditorial de ce matin. Surtout ne pas parler de politique dans la présente campagne. Le Jean Charest nouveau parle juste d’économie. « L’économie d’abord, oui ».
Quand Mario Dumont dénonce Jean Charest, il fait de la politique. Quand Pauline Marois critique le gouvernement de Jean Charest, elle fait de la politique. Quand Jean Charest parle d’éducation, de santé et d’environnement, il ne fait pas de politique, il parle d’économie, oui. Voilà le code secret de la présente campagne libérale. Un message renforcé par l’empire Gesca. Voilà pourquoi la présente campagne électorale ne lève pas. Il est interdit d’y parler de politique, sous peine d’être dénoncé par les scribes de la Presse de Gesca.
Ne pas parler de politique, surtout pas de politique, juste d’économie, d’économie, oui !
Louis Lapointe

