Pour des raisons que j’ai déjà mentionnées, et bien que je ne sois pas d’accord avec l’orientation actuelle du Parti québécois, je ménage mes critiques envers ce parti. Cependant, cette fois, sa position à propos de l’urgence d’obliger les étudiants néo-québécois à fréquenter à s’inscrire exclusivement cégep français me révulse.
Le 15 juin 2008, un article de Charles Castonguay dans Lautjournal, repris dans Vigile le 3 septembre, montre à quel point cette mesure est devenue non seulement nécessaire mais essentielle.
Le 3 septembre également, un article de Cyberpresse, repris dans Vigile, rapporte une déclaration de Bernard Landry où ce dernier insiste sur cette urgence. Dans le même article, on trouve une réplique de Pierre Curzi, qui se prononce au nom du Parti québécois, à ce qu’il semble.
« Il ne suffit pas de dire que l’on va appliquer la Loi 101 dans les cégeps et que le français va s’épanouir. Le phénomène est plus large et touche non seulement la langue d’enseignement mais aussi la langue de travail et un ensemble de facteurs », a soulevé M. Curzi, député de Borduas. Dans cette affaire, le PQ ne se laissera pas enfermer « dans une petite porte étroite » et adoptera une « proposition solide, cohérente, avec des effets réels », a-t-il ajouté.
En quoi le fait de réclamer le cégep français au plus sacrant empêcherait-il le parti de réclamer aussi d’autres mesures, maintenant ou plus tard, et pourquoi faudrait-il attendre un programme plus détaillé pour commencer à s’activer là-dessus ? Le PQ préfère-t-il que rien ne se fasse jusqu’à ce qu’il prenne le pouvoir afin de bénéficier électoralement de la mesure ? Le jeu politicien passe-t-il avant un geste de salut public ? En quoi ce geste enfermerait-il le PQ « dans une petite porte étroite », et en quoi le cégep en français, dans ce cas, se résume-t-il à une petite porte étroite ?
Je comprends que le parti n’apprécie pas l’intervention des belles-mères dans son ménage, mais enfin, quel est le plus important, rabrouer les belles-mères même lorsqu’elles ont raison ou servir le Québec ?
Vous avez dit : langue de bois ? Tu quoque, Petrus ?

