On entend depuis un bon moment des gens répéter ad nauseam que les universités québécoises sont sous financées. N’est-ce pas plutôt de la mauvaise gestion des universités qu’il faudrait parler ? L’an dernier, l’Université Concordia a acheté le condo du recteur, évalué à plus d’un million de dollars, tout en lui versant une allocation de 3 000$ par mois pour qu’il continue d’y vivre. Que dire du gouffre financier de « l’îlot voyageur » créé par l’ancien recteur de l’UQAM. Les primes de départ des dirigeants d’universités au montant pharaonique ou encore l’acquisition d’un système de téléconférence par la rectrice de l’Université de Sherbrooke au coût de 43 000$. Quand on sait qu’il est possible d’effectuer gratuitement des appels virtuels avec le logiciel Skype, on peut douter de la pertinence d’un tel achat !
Les dirigeants des universités québécoises gèrent les institutions d’enseignement comme une entreprise privé. Comme chez MacDonald, ils ouvrent des succursales un peu partout. Ainsi, on retrouve l’Université de Sherbrooke à Longueuil, l’Université de Montréal à Laval et Terrebonne, l’UQO à Saint-Jérôme, l’UQTR à Drummondville et UQAR à Lévis. Les universités ont l’argent pour construire ces nouveaux campus hypermoderne et très coûteux et la ministre de l’Éducation nous parle de sous financement ! Fini le sophisme économique. Le sous-financement des universités, s’il existe vraiment, ne résulte pas d’un effrondrement des recettes mais de dépenses trop élevées.
Je demeure malgré tout très septique au sujet d’un sous-financement des universités. Cela me semble plus être une tactique de la droite économique, qui après avoir négocié avec des étudiants peu habile en négociation, va troquer la hausse contre l’entrée du privé dans les études supérieurs. Aurons-nous des chaires d’études Jean-Coutu ou Bombardier ? Le privé va tenter de mettre la main sur les chercheurs universitaires et refiler la facture du département de "Recherche et développement" de l’entreprise au gouvernement qui financera les universités.
En portant le "carré rouge", symbole de la lutte contre la hausse des frais universitaires, c’est de s’associer à une démarche citoyenne. Car après l’éducation, ça sera au tour de la santé que le gouvernement parlera de sous-financement. Vous qui êtes contre une augmentation de vos impôts, comment pouvez-vous être en faveur de la hausse des frais de scolarité qui est une forme de hausse des impôts. Soyons solidaire !

