Ainsi donc le bon maire Labeaume juge que les discussions sur la pertinence
de reconstituer la bataille des plaines sont du radotage. On reconnaît bien
là l’homme d’action, pour ne pas dire l’activiste.
Monsieur le maire à la coiffure César aplatie dit même qu’il va assister à la reconstitution. Grand bien lui fasse ! Moi, je n’y serai pas.
Mais je pense qu’il sied mal à une personnalité aussi débordante que celle du maire d’être simplement spectateur d’un tel événement. Je lui suggère de revendiquer une part active dans ce mélodrame.
Moi, je le verrais très bien dans la peau du général Wolfe. D’abord, il ne peut être un simple fantassin : Labeaume, ce n’est pas de la piétaille ! Non, il lui faut une monture et un grade.
Les organisateurs pourraient donc lui fournir un beau cheval blanc et un habit de général anglais. Car Régis est un chef et il ne peut incarner Montcalm, vu que Montcalm a perdu. Et ses origines françaises ne semblent pas beaucoup tarabuster notre premier magistrat.
En attendant d’être gouverneur-général, en succession de Michaëlle 1ère , le maire pourrait donc s’enorgueillir d’être le général anglais qui a donné la Nouvelle-France à l’Angleterre. D’ailleurs, 250 ans après, il continue un peu le travail de 1759. Québec, l’été dernier, a vibré autant à la musique anglaise que française et le maire a semblé en être enchanté : fêtons, peu importe en quelle langue, mais fêtons !
Et si on projette un peu, pourquoi ne pas envisager tout de suite l’érection d’une statue au général Labeaume à côté de celle de Wolfe sur les plaines ? Je le verrais très bien dans une pose hiératique sur une belle monture de pierre, tenant compagnie au vainqueur de 1759. La communion de la vanité et de la rapacité à travers les siècles serait accomplie !
Claude Richard
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