Depuis quelque temps déjà, Vigile publie des textes en anglais provenant du site de Rodrigue Tremblay TheNewAmericanEmpire. Quelle que soit la valeur de ces textes, il reste que Rodrigue Tremblay, en ne publiant qu’en anglais, s’inscrit dans un courant qui consacre l’hégémonie, sinon l’exclusivité, de l’anglais dans les affaires internationales. C’est grave !
Ce ne serait pourtant pas la mer à boire pour Rodrigue Tremblay de publier une version dans sa langue maternelle du fruit de ses réflexions. Pourquoi ne le fait-il pas ? Snobisme ? Sentiment de perte de temps ? Volonté d’être « pris au sérieux » par le « think tank » mondial ? Aucune de ces raisons ne tient la route mais la navrante réalité s’impose : il ne publie que dans la langue des maîtres de la planète !
Quelle belle façon de vouloir contester l’impérialisme que de se soumettre à l’un de ses diktats !
Non, vraiment, c’est à se demander comment il se fait que cet homme, en passant très peu imbu de lui-même, a déjà été ministre d’un gouvernement qui a fait adopter la Charte de la langue française et qui a demandé que son État soit reconnu de plein droit comme membre de la Francophonie. A-t-il opéré un virage à 180 degrés ou se livre-t-il à de savantes contorsions intellectuelles pour justifier ce reniement linguistique ? Reniement ? Si ce n’en est pas un, c’est pour le moins un déni.
Ce commentaire va sans doute paraître à Rodrigue Tremblay bien trivial. Mais c’est toujours ainsi qu’ont considéré dans le passé ceux qui nous ont tourné le dos : George Cartier, Laurier, Trudeau, etc. Quand on accède à certaines fonctions ou à une certaine notoriété, il faudrait peut-être penser au petit peuple qui, lui, continue à penser et à parler en français. Cela s’appelle aussi de la solidarité.
En attendant un hypothétique quoique souhaitable amendement, peut-être que Vigile pourrait nous faire grâce de ces textes sans doute éminemment éclairants mais dont le choix de langue nous est un peu une insulte ?
Claude Richard
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
