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Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. - Bernard Frappier
             
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Sondage CROP sur la social-démocratie
Le SPQ Libre au diapason de la population
Pierre Dubuc, Marc Laviolette
SPQ-libre
jeudi 11 janvier 2007


Un sondage CROP, manifestement réalisé pour le compte des Lucides, contredit radicalement leurs thèses et réaffirme l’attachement profond de la population québécoise pour la social-démocratie.

Les faits marquants

Ce sondage révèle que :

- 60 % des Québécois sont d’avis que l’État a un rôle prépondérant à jouer « pour faciliter l’accès aux services, pour la répartition de la richesse et pour l’encadrement de l’économie ». Seulement 36 % croient que le modèle québécois est trop généreux.

- 60 % de la population prônent l’augmentation des salaires plutôt que la réduction des dépenses pour dynamiser l’économie.

- 83 % de la population est opposée à des hausses des tarifs d’électricité.

- 65 % de la population est contre la hausse des frais de scolarité.

- 53 % des Québécois sont opposés à un ticket modérateur lors d’une visite chez le médecin.

La social-démocratie encore plus populaire chez les jeunes

Autre constat majeur, les jeunes sont encore plus social-démocrates que leurs aînés. Ils sont 70 % à préférer que les gouvernements jouent un rôle important et 68 % à vouloir une augmentation des salaires plutôt qu’une réduction des dépenses pour dynamiser l’économie.

Les jeunes âgés de 18-34 ans sont à 73 % contre la hausse des frais de scolarité.

L’étude reconnaît que les jeunes ne se sont pas laissés berner par le discours démagogique des Lucides sur l’importance de la dette et ne sont pas tombés dans le piège du conflit des générations. « Contrairement à nos hypothèses de départ, peut-on lire dans l’étude, les jeunes générations ne semblent pas particulièrement enclines à vouloir réduire les services de l’État pour réduire la dette ».

L’étude conclut que « les jeunes sont encore plus attachés à notre social-démocratie, à notre modèle de répartition de la richesse que la population en général ». Les Lucides déculottés malgré un sondage biaisé

Les journalistes n’ont pas manqué de souligner que le sondage avait un « biais » favorable aux Lucides exprimé très clairement dans le libellé de la question. L’avant-propos précédant les questions se lisait comme suit : « Afin de permettre au Québec d’avoir les moyens financiers nécessaires pour se développer davantage, payer ses dettes, financer ses programmes sociaux et environnementaux et laisser aux jeunes et aux futures générations une société plus prospère ».

De façon tout à fait étonnante, le président de la maison de sondage CROP, Alain Giguère, a reconnu devant les journalistes que le sondage était biaisé pour appuyer les thèses des Lucides. Le journaliste Alexandre Shields du Devoir rapporte ainsi ses propos : « On a beau tout faire, il y a des limites à ce qu’on peut biaiser notre questionnaire pour dire "réveillez-vous" ».

Mettant de côté tout semblant d’objectivité, M. Giguère reconnaît publiquement faire siennes les propositions des Lucides comme si elles étaient paroles d’évangile. « Déprimé » comme son collègue André Prattte de La Presse, par les résultats de son sondage, M. Giguère reconnaît qu’il « n’y a pas d’acheteurs pour les réformes » prônées par les Lucides, qu’aucun chef politique actuel n’a la crédibilité pour les « vendre » à la population et en conclut, selon les propos rapportés par Le Devoir, que « la cause (des Lucides) nécessite un sang nouveau ».

Le Québec, une nation distincte

Le sondage - dont les résultats ont été révélés devant les membres du Cercle canadien de Montréal - a aussi permis de mesurer le caractère distinct du Québec par rapport au reste du Canada.

C’est au Québec que la plus forte majorité de la population (49 %) considère que la société se porterait mieux si les gouvernements jouaient un rôle plus important. Sans le Québec, la moyenne canadienne tombe à 28 %.

La voie de la solidarité sociale

L’orientation des Québécois en faveur d’une intervention accrue de l’État en faveur du développement économique, de la répartition de la richesse et de l’accès aux services est celle que défend, depuis sa création, le SPQ Libre au sein du Parti Québécois et dans la population en général.

C’est la défense du modèle québécois, la défense des acquis économiques et sociaux de la Révolution tranquille. C’est la voie de la solidarité sociale. C’est la voie que doit suivre le Parti Québécois s’il veut être au diapason de la population.

Marc Laviolette
Président

Pierre Dubuc
Secrétaire

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