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Le Roi des Amériques
David Poulin-Litvak
Tribune libre de Vigile
dimanche 1er juin 2008      70 visites


J’ai été surpris et amusé de voir que VLB a attaqué Mme. Jean en la qualifiant de reine-nègre. Ayant moi-même utilisé l’expression dans un texte sur Vigile (http://www.vigile.net/L-Etat-du-Quebec-le-Premier-Canada), je ne pouvais que sourire à la pensée des pseudos-Québécois qui s’effarent devant la sortie de VLB.

Je ne saurais parler pour VLB, mais je me permettrais de contribuer au débat en expliquant pourquoi, moi aussi, j’ai utilisé le terme dans un texte virulent, colérique. Parce qu’il faut réveiller les Québécois. J’ai hésité, moi aussi, en écrivant le texte, me disant : Que dira-t-on ?

Finalement, je me dis tant pis, c’est trop évident, trop vrai, avec une touche d’humour, car on se moque de la négritude, bien franchement, mais on l’utilise ici pour faire un point : nous sommes colonisés.

Mais l’essence de ce texte, c’était, finalement, que je sentais une colère, alors, pourquoi la renier, pourquoi la cacher ? Il ne s’agit pas d’une colère de pacotille, d’une colère de petit ego, mais une colère d’indignation ; si l’alouette a le droit de chanter, pourquoi pas moi ?

* * *

Qu’elle soit noire ou non importe peu, ce qu’a fait VLB, c’est simplement profiter du fait qu’elle est noire, sachant qu’il allait provoquer scandale, pour, justement, provoquer scandale. C’était ça le but : brasser la cage et refuser de se plier à la reine-nègre du Second Canada.

Le seul homme dans l’histoire des Amériques qui mérite toute notre admiration, le quarantième Père de la Nation, le quarantième signataire de la Constitution, qui l’a signé avec son sang, celui que j’appelle le Roi des Amériques, le plus grand des Américains, c’est Martin Luther King.

Lui n’était pas colonisé, il était Roi, de son nom, Réformateur, de son prénom, et Souverain, de ses initiales (m-l-k est la racine arabe des déclinaisons sémantiques de l’idée de souveraineté). À lui, je lui dis : Rêvons, mon frère, d’une Amérique qui n’aille pour seule race que la Liberté.

Mon peuple, comme le tien, était écrasé, je me lèverai, comme tu t’es levé, rappelant ta gloire, et ton rêve, je rappellerai aux miens, qu’ils sont les nègres d’Amériques. Nous, Québécois, sommes les derniers des nègres, la dernière nation qui n’a pas sa couronne, sa fierté, sa souveraineté.

Yâ Mâlik an-nûr, ô Cygne de Beauté, ô Blessed Mount of Virtue, les hommes sont aveugles, mais moi, je vois, et je dis : Voici que Moïse est revenu, déguisé, et qu’ils en ont fait ce qu’ils ont voulu, mais comme il n’est jamais mort, il ne mourra jamais, et la promesse de la vie éternelle, s’accomplira, éternellement.

Je vous le dis en vérité, en beauté : Les Égyptiens étaient blancs, et les Juifs Noirs, mais ils n’ont rien vu, car ils étaient aveuglés, incapables de percer le sens de la nuit profonde, celle où les âmes s’immiscent dans le monde des corps, les élevant, lentement, vers les cimes du suprême savoir : qu’il n’y a de mort qu’en apparence, et que la promesse s’accomplira : les justes jouiront de la conscience d’immortalité, de ce que le Frère Béni appelait la vie éternelle, de corps en corps, redécouvrant l’être sous ses atours nombreux, et étant, tour à tour, d’une race ou d’un sexe, d’une nation ou d’une religion, jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il n’y a qu’un seul sens à l’être, celui vers lequel se porte le regard de l’homme. Telle est sa liberté. Et le mien, mon regard, est porté vers un pays, où règneront les noires et les blancs, les jaunes et les rouges, les bruns et les métisses, chantant en français des Amériques, l’Ode à la Liberté.

Vive le Roi des Amériques !
Vive la liberté !
Vive le Québec libre, indépendant, brillant,
Comme un phare de liberté,
Chantant les gloires de Bolívar et d’Alfaro,
De San Martín, et de Martí,
De Jefferson, et du Dernier,
Qui était le Premier,
Martin Luther King.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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