Un Québec, état provincial, français, (Charte de la langue française), et laïc, (Charte de la laïcité), jouissant de la reconnaissance juridique provinciale.
Avez-vous lu les journaux canadiens-anglais pendant la campagne électorale ? Si oui : vous avez dû vous étouffer quelques fois dans votre tasse de café. Si non : cela vaut la peine d’aller regarder de l’autre côté de votre épaule, de l’autre côté du miroir, du côté du Canada Anglais.
Cela, pour mieux comprendre qui nous sommes, Québécoises, Québécois, de langue française.
Cela donne : vu du Canada Anglais :
Les trois principaux candidats du Québec ont été dépeints comme des racistes (Raciste. Pour qui certaines races sont intrinsèquement, internement, avec des propriétés permanentes, en soi, supérieures à d’autres), aux idées étroites.
Et le Québec y est présenté comme une province peuplée de rednecks, (rednecks, rouges cous), rustres, paysannes, paysans, péquenaudes, péquenauds, tarées, tarés, aux idées rétrogrades (qui vont en arrière ; qui vont contre le progrès).
La réalité est dans les détails :
Rustre. femme grossière, homme grossier, mal élevé(e), sans éducation. Ce rustre est parti au milieu du repas sans s’excuser. Avoir l’air rustre.
Paysanne, paysan. Personne qui vit du travail, de la culture de la terre, ou de l’élevage des animaux. La paysannerie est aujourd’hui bien moins nombreuse qu’il y a un siècle, l’ensemble des paysannes, paysans. Cette ferme et ces champs de blé appartiennent à une riche paysanne, à un riche paysan. C’est une citadine, un citadin, qui ne connaît rien à la vie paysanne.
Péquenaude, péquenaud. Paysanne, paysan. Péjoratif. Un tas de péquenaudes, de péquenauds, qui me paient d’une volaille, ou d’un panier de pommes. La naïveté rustique symbolisée par… la péquenaude, le péquenaud. C’est la première fois qu’il court ailleurs qu’autour de son village… Une petite péqu’naude, un petit péqu’naud. Ce qu’elle est péqu’naude, ce qu’il est péqu’naud.
Tarée, taré. Affecté(e) d’une tare. Politicienne tarée, politicien taré. Atteint(e) d’une tare. « Détruire les sujets tarés » (Durham). Vicié, corrompu. Une chien né avec trois pattes est taré, il est porteur d’une tare. Qui présente une tare. Ce chat est taré, il est sourd. Défaut héréditaire d’une personne, ou d’un animal. Ce cheval a une tare, il galope mal. Qui est un peu fou, ou stupide. Il faut être taré(e) pour vouloir sauter d’aussi haut.
À une certaine époque, ça s’appelait du Quebec bashing (frappement, campagne de dénigrement (dénigrer, critiquer, dire du mal, noircir, discréditer, bref, critiquer, dire du mal).
Le Dictionnaire québécois-français propose comme équivalents à cette expression franglaise « Québec bashing » :
« dénigrement systématique du Québec », « critiques anti-Québec », « cassage de Québécois » ou « québécophobie »
Mais là on peut carrément parler de Quebec hating (haïssant, haîneux). C’est à vous faire dresser les cheveux sur la tête.
LES REDNECKS
Toronto : capitale de la province d’Ontario : le National Post.
Montréal : métropole du Québec : la Gazette.
Tenez, pas plus tard que samedi dernier, 25 août 2012, à Toronto, capitale de la province d’Ontario, dans le National Post, (mot à mot : « Poste Nationale »), journal d’affaires torontois, Andrew Coyne a carrément traité Pauline Marois de « redneck » (traduction : de rustre, paysanne, péquenaude, tarée).
« Toutes les provinces du Canada Anglais ont leur lot de rednecks, mais dans aucune autre province on ne les nomme leaders des principaux partis politiques », a écrit Coyne dans le journal.
Il en avait contre la plateforme électorale
« ethnocentriste », « discriminatoire », et « chauvine » du PQ.
Ethnocentrisme : tendance à considérer sa propre culture comme la norme de toutes les autres.
Discriminatoire : qui tend à opérer une discrimination entre des personnes. Mesures discriminatoires. Qui vise à introduire une discrimination entre les personnes. Interdire aux femmes de voter était une mesure discriminatoire.
Chauvin(e) : qui admire de façon exagérée, trop exclusive, sa ville, ou sa région, ou sa province. Des supporteurs(es) chauvins(es).
« C’est difficile de croire qu’on parle de la vie au Canada Anglais au 21e siècle », écrit Coyne.
Le chroniqueur du National Post offre une explication pour ce racisme ordinaire :
« La position particulière des Québécoises, Québécois, de langue française de la province, (une majorité qui se voit encore comme une minorité en péril en Amérique du Nord) a laissé naître un “majoritarisme”, (une tyrannie de la majorité) qui serait considérée comme répugnante n’importe où ailleurs. »
Autrement dit, au Québec, on élit des rustres, des paysannes, paysans, des péquenaudes, péquenauds, des tarées, tarés, parce qu’on est des tyrans aux idées répugnantes.
XENOPHOBIA
Cette campagne électorale québécoise, 2012, a aussi fait réapparaître dans les journaux du Canada Anglais un mot qu’on pensait disparu et qui commence par un X.
Le mercredi 15août 2012, dans le National Post, le chroniqueur Chris Shelley dénonçait la xénophobie,
Xénophobie : qui n’aime pas les étrangères, étrangers, qui leur est hostile. Hostilité systématique à l’égard des étrangères, étrangers, de ce qui vient de l’étranger, des trois candidats : Marois (pour sa charte de la laïcité) Legault (pour ses propos sur les étudiants(es) asiatiques) et Charest (pour ne pas avoir dénoncé les propos des deux autres)...
« Si ces trois politiciens se présentaient à Edmonton, (capitale de la province de l’Alberta), Victoria, (capitale de la province de Colombie Britannique, ou Halifax (capitale de la province de la Nouvelle-Écosse), les commentateurs progressistes seraient complètement atterrés et avec raison. (...) C’est fini de marcher sur des œufs. (...) Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »
Le même jour, le mercredi 15 août 2012, dans le même journal, National Post, sa collègue Tasha Kheiriddin écrivait noir sur blanc :
« La xénophobie se porte très bien au Québec. »
Dans la Gazette, Montréal, le canadien anglais, Don Macpherson, allait encore plus loin :
« Le mardi 4 septembre, un X à côté du nom du candidat du PQ pourrait être un vote pour la xénophobie. »
Le mardi 7 août 2012, dans le National Post, Jonathan Kay s’en prenait au vidéo de campagne du PQ.
« Ce n’est pas complètement xénophobe, pas tout à fait Front National »
a-t-il écrit, mais quand même très dérangeant. Pourquoi ? Parce que dans le montage d’images du Québec, on ne voit pas de photos ... du Chinatown ni de la Carifête, (fête annuelle avec l’ambiance des Caraïbes), ! L’auteur en conclut que Marois associe les valeurs québécoises à des valeurs blanches et chrétiennes.
L’INSULTE ET L’INJURE
Pendant les grandes heures du mouvement séparatiste, les journaux anglais dépeignaient la vie au Québec comme un enfer pour la pauvre minorité anglaise.
Mais le ton utilisé en ce moment dans le Canada Anglais, à l’extérieur du Québec, pour décrire les positions des candidats, c’est carrément du grand délire.
Le problème c’est qu’en voulant critiquer les candidats et leur programme électoral ils se trouvent, en même temps, à insulter les Québécoises, Québécois, de langue française, et la population québécoise au grand complet.
En 2012, vous êtes Québécoise, Québécois, de langue française, et vous souhaitez un Québec, état provincial, français, et laïc, jouissant de la reconnaissance juridique provinciale.
Québec, français, et laïc : OUI = xénophobie. Prenez garde à vous, le Canada Anglais veille sur nous, jeunes gens prenez garde aux choses que vous dites.
Un mot désagréable à quelqu’individu du Canada Anglais : il marche, il a deux pieds, un bâton à la main, des bons souliers ferrés, un passeport en règle, - au besoin il prendrait des ailes, comme l’aigle-, et va, tout à travers un dédale de rues, droit chez vous, il sait le numéro, l’étage, il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive, et railleur, (vous raille, vous tourne en ridicule, se moque de vous, vous ridiculise), vous regardant en face, dit :
français, laïc : xénophobe, raciste, chauvin(e), étroit(e) d’esprit, discriminatoire, aux idées répugnantes.
Et c’est fait, vous avez une ennemie mortelle, un ennemi mortel.
Et n’objectez pas que vos amis(es) sont sûrs(es), et que vous parlez bas, croyant presque vous taire.
Ces mots, français, laïc, que vous disiez si bas dans un lieu sourd, et sombre, court à peine lâché, part, bondit, et sort de l’ombre. Tenez, il est dehors, au Canada Anglais. Tout peut sortir du Canada Anglais, des mots, français, et laïc, que vous avez perdu, tout, le deuil, la haine, et le mépris, du Canada Anglais.
Alors, lisons, entendons, comprenons, et retenons, le message négatif, de nous-mêmes, Québécoises, Québécois, de langue française, qui est destiné au Canada Anglais, aux Canadiennes Anglaises, Canadiens Anglais. Et qui est destiné à nous-mêmes, à nous.
La réalité est dans les détails.
Mépris. Sentiment de celle, celui, qui ne ressent aucune estime, aucun respect pour quelqu’un. Attitude montrant que l’on n’a aucune estime pour quelqu’un. Florence, Antoine, lui a lancé un regard méprisant. Elle, il, a été traité(e) avec mépris. Son attitude est méprisable.
Haine. Sentiment violent d’hostilité, d’antipathie, de répulsion. Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à quelqu’un que l’on déteste, ou à éprouver de l’aversion pour quelque chose. N’avoir de haine pour personne. La haine de la violence, du mensonge. Pourquoi tant de haine contre nous ?
Du chantage.
Chantage. Pression exercée sur quelqu’un pour lui faire faire ce que l’on veut. Les maîtres chanteurs font du chantage. Procédé pour obtenir de quelqu’un ce qu’on désire en utilisant des moyens de pressions psychologiques, en lui faisant peur, en feignant, en faisant semblant, de souffrir beaucoup, etc.
Bref, en 2012, que celles, que ceux, qui aspirent diriger le Québec se le tiennent pour dit.
Vous voulez un Québec, état provincial, français, et laïc, jouissant de la reconnaissance juridique provinciale, vous voulez procéder à des changements structurels, pour le français, et pour la laïcité ?
Oui. Attendez-vous à une réplique violente des Canadiennes Anglaises, et des Canadiens Anglais. En bon français, on appelle ça du chantage.
Chantage. Pression exercée sur quelqu’un pour lui faire faire ce que l’on veut. Les maîtres chanteurs font du chantage. Procédé pour obtenir de quelqu’un ce qu’on désire en utilisant des moyens de pressions psychologiques, en lui faisant peur, en feignant, en faisant semblant, de souffrir beaucoup, etc.
Bonne réflexion,
Et bonne journée,
JM
Source :
lejournaldemontreal.canoe.ca
le mardi 28 août 2012
Avez-vous lu les journaux canadiens-anglais pendant la campagne électorale ? Si oui, vous avez dû vous étouffer quelques fois dans votre café. Les trois principaux candidats ont été dépeints comme des racistes aux idées étroites. Et le Québec y est présenté comme une province peuplée de ploucs attardés aux idées rétrogrades.
À une certaine époque, ça s’appelait du Quebec bashing. Mais là on peut carrément parler de Quebec hating. C’est à vous faire dresser les cheveux sur la tête.
LES REDNECKS
Tenez, pas plus tard que samedi dernier, dans le National Post, Andrew Coyne a carrément traité Pauline Marois de « redneck » (traduction : plouc, bouseux, cul-terreux). « Toutes les provinces ont leur lot de rednecks, mais dans aucune autre province on ne les nomme leaders des principaux partis politiques », a écrit Coyne dans le journal. Il en avait contre la plateforme électorale « ethnocentriste », « discriminatoire » et « chauvine » du PQ.
« C’est difficile de croire qu’on parle de la vie au Canada au 21e siècle », écrit Coyne. Le chroniqueur du National Post offre une explication pour ce racisme ordinaire : « La position particulière des francophones de la province, (une majorité qui se voit encore comme une minorité en péril en Amérique du Nord) a laissé naître un “majoritarisme”, (une tyrannie de la majorité) qui serait considérée comme répugnante n’importe où ailleurs. »
Autrement dit, au Québec, on élit des ploucs parce qu’on est des tyrans aux idées répugnantes.
XENOPHOBIA
Cette campagne électorale québécoise a aussi fait réapparaître dans les journaux anglophones un mot qu’on pensait disparu et qui commence par un X. Le 15 août, dans le National Post, le chroniqueur Chris Shelley dénonçait la xénophobie des trois candidats : Marois (pour sa charte de la laïcité) Legault (pour ses propos sur les étudiants asiatiques) et Charest (pour ne pas avoir dénoncé les propos des deux autres)...
« Si ces trois politiciens se présentaient à Edmonton, Victoria ou Halifax, les commentateurs progressistes seraient complètement atterrés et avec raison.(...) C’est fini de marcher sur des œufs. (...) Il faut dénoncer l’étroitesse d’esprit et les tendances xénophobes du Québec. »
Le même jour, dans le même journal, sa collègue Tasha Kheiriddin écrivait noir sur blanc : « La xénophobie se porte très bien au Québec. »
Dans la Gazette, Don Macpherson allait encore plus loin : « Le 4 septembre, un X à côté du nom du candidat du PQ pourrait être un vote pour la xénophobie. »
Le 7 août, dans le National Post, Jonathan Kay s’en prenait au vidéo de campagne du PQ. « Ce n’est pas complètement xénophobe, pas tout à fait Front National » a-t-il écrit, mais quand même très dérangeant. Pourquoi ? Parce que dans le montage d’images du Québec, on ne voit pas de photos ... du Chinatown ni de la Carifête ! L’auteur en conclut que Marois associe les valeurs québécoises à des valeurs blanches et chrétiennes.
L’INSULTE ET L’INJURE
Pendant les grandes heures du mouvement séparatiste, les journaux anglophones dépeignaient la vie au Québec comme un enfer pour la pauvre minorité anglophone. Mais le ton utilisé en ce moment dans le ROC pour décrire les positions des candidats, c’est carrément du grand délire.
Le problème c’est qu’en voulant critiquer les candidats et leur programme électoral ils se trouvent, en même temps, à insulter la population québécoise au grand complet.

