La mécanique électorale bourrée de « si » que propose M. Gilbert Paquette n’est rien d’autre qu’une variante ésotérique de la cage à homard de Jacques Parizeau. À la question : « Quel est le chemin vers l’indépendance ? » il faut répondre : « Le chemin de la rigueur et du respect de la population ». Voici pourquoi.
Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable.
Après 30 ans de débats sur la souveraineté, 18 ans de pouvoir pour les souverainistes et 2 référendums, le Québec n’a jamais été aussi mal préparé pour faire la souveraineté.
L’état :
La dette à $120 milliards est très élevée et elle augmente, les finances publiques en déficit de $5 milliards, le système de santé est encore très malade, les services sociaux sont débordés surtout la DPJ et les CHSLD, le système d’éducation est en désarroi et les enseignants épuisés, le système routier est délabré, la pauvreté et l’itinérance s’aggravent, les universités sont sous-financées et elles se complaisent à patauger dans le béton au lieu de rehausser la qualité de la formation, la fonction publique est toujours aussi obèse et inefficace et enfin le parlement se compose d’improvisateurs médiocres (gouvernement et opposition) sans vision, sans volonté politique et sans une perception claire des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux résultant de la mondialisation, du réchauffement de la planète et du vieillissement de la population. De véritables dinosaures politiques et économiques. Le programme de réfection routier de la Ministre Julie Boulet qui favorise l’automobile à Montréal en est un exemple patent.
L’économie :
L’industrie manufacturière, l’aéronautique et les services informatiques sont déportés en Asie et au Mexique, l’industrie forestière n’est plus compétitive après avoir dilapidé nos ressources (nous payons pour donner notre bois), les scieries et les usines de pâte et papier ferment. L’industrie de la pêche est en sursis en raison de l’épuisement des stocks de poisson et l’agriculture est dépassée et de moins en moins compétitive malgré les millions de l’état. Incapable de s’adapter au développement durable, le milieu des affaires est dépassé et il continue de proposer des projets non prioritaires, polluants, mal préparés et parasites de fonds publics. Les syndicats sont fonctionnarisés à l’os et figés comme des chevreuils surpris par les phares de la mondialisation.
La population :
L’épargne personnelle est à un bas niveau record et l’endettement personnel est au maximum, les emplois précaires augmentent au détriment des emplois permanents, le stress professionnel et la course au standing de vie entraînent l’épuisement, la dépression, le burnout, les problèmes affectifs et scolaires des enfants. Le manque de temps et le cynisme politique ont eu pour effet de dépolitiser la population, une population ignorante des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux résultant de la mondialisation, du réchauffement de la planète et du vieillissement de la population. Le vote des jeunes est au plus bas. La manifestation monstre à Québec pour Jeff Fillion et le peu de mobilisation contre le projet Rabaska et la poursuite abusive contre l’AQLPA, montre combien la population est ignorante des enjeux importants. L’absence de mobilisation et de solidarité des fermiers de la Gaspésie et du Bas St-Laurent berné par l’industrie éolienne de l’Ontario est un autre exemple d’une population ignorante, naïve et très vulnérable. Enfin la commission Bouchard-Taylor à montré que les Québécois sont incapable de se tenir debout. Ils s’aplatissent devant des demandes d’accommodements religieux déraisonnables et ils ne défendent pas leur langue en présence d’un unilingue anglophone.
Le mouvement souverainiste :
Pour bâtir leur crédibilité et se gagner la confiance de la population québécoise, les souverainistes se devaient de démontrer une capacité à gouverner supérieure à celle du Parti Libéral du Québec. Malheureusement les souverainistes ont toujours affichée une attitude de braillards contre Ottawa au lieu de se comporter comme des esprits indépendants capable de régler les problèmes relevant de leurs compétences et préparer avec rigueur la souveraineté. Ils n’ont pas su régler les grands problèmes de l’état Québécois soit les finances publiques, la santé, l’éducation et l’entretien des routes. Ces problèmes se pointaient déjà au début des années 1980. Au lieu de commencer à les résoudre, ils ont accumulés les déficits, gonflé la dette publique et nous ont servi la valse des ministres de l’éducation tous aussi impuissants les uns que les autres à réformer le système et à réduire l’énorme bureaucratique de ce ministère. Finalement ils ont bousillé le système de santé en favorisant la retraite anticipée de trop de médecins et d’infirmières au lieu de démanteler la monstrueuse bureaucratie du ministère de la santé qui compte toujours plus de fonctionnaires que de soignants. Dans leur dernier mandat les souverainistes ont laissé faire les aventuriers de la Caisse de Dépôt qui ont risqués et perdus plus de dix milliards de l’argent de nos fonds de pension dans l’aventure Vidéotron et dans l’effondrement des titres technologiques en bourse. Malgré les nombreux avertissements de Stephen Jarislowsky dans les mois précédents, Bernard Landry n’a rien fait. Il y a eu aussi les $500 millions de fonds publics gaspillés dans la moribonde Société Nationale des Chevaux de Course (SONACC), la faillite de Métaforia ($25 millions) et l’horrible cafouillage de la Gaspésia ($100 millions). Depuis sa défaite 2003, le PQ patauge dans l’idéologie entre la vision radicale du SPQ libre et celle de centre-droite d’André Boisclair et de Pauline Marois. Le PQ à aussi perdu une partie de son membership de la gauche à la faveur de Québec Solidaire. À part les référendums poker, un projet de constitution de colonisé ou une citoyenneté de Monopoly, rien de nouveau et de stimulant n’émane du PQ depuis le programme irréaliste et théorique de juin 2005. L’argumentaire souverainiste est complètement périmé et désorienté.
L’indépendance d’esprit d’abord :
Pitoyables ces souverainistes pendus aux lèvres de Stephen Harper attendant qu’il prononce le mot nation. Médiocres ces souverainistes qui passent d’un prétexte à l’autre pour justifier l’accession du Québec à la souveraineté. Après le français, ce fut l’empiètement du fédéral et le déséquilibre fiscal, maintenant c’est l’éducation et l’environnement. Qui veut faire l’indépendance du Québec avec ces handicapés de l’autonomie intellectuelle qui ne peuvent agir sans s’appuyer sur une béquille ? Le jour ou les leaders souverainistes s’affranchiront des prétextes béquilles, du braillage contre Ottawa et du chantage des multinationales (emplois-fermetures), la population reconnaîtra la force de leur indépendance d’esprit et pourra commencer l’affranchissement de sa propre dépendance. Tous comprendront alors que la souveraineté c’est tout simplement d’êtres maîtres chez nous.
La souveraineté ne solutionnera rien :
En résumé le Québec n’a jamais été aussi mal préparé à faire la souveraineté parce que l’état est désorganisé et sans vision, son économie n’est pas favorable, la population n’est pas prête et le mouvement souverainiste est démotivé, démobilisé, désolidarisé, désorganisé et son argumentaire est périmé. Il serait irresponsable pour le PQ de continuer à vouloir faire basculer le Québec dans le vide sans parachute. Avec une performance plutôt médiocre et des déclarations aberrantes depuis son entrée à l’Assemblée Nationale, Pauline Marois n’est vraiment pas la personne de la situation. Elle n’a pas l’audace et l’indépendance d’esprit d’un vrai chef souverainiste. Malgré les quelques secteurs d’exception où c’a va bien, globalement le Québec est dans un état de fragilité et de précarité inquiétants. Dans ces conditions, l’aventure de la souveraineté serait suicidaire. Les soubresauts de l’après indépendance de Mme Marois deviendraient des secousses de 7.5 à l’échelle de Richter. Face à ce constat alarmant, les Québécois doivent absolument mettre la souveraineté en veilleuse tant et aussi longtemps qu’ils ne pourront compter sur un mouvement souverainiste uni, formé de gens responsables et compétents, capable de repréparer avec rigueur l’état, l’économie et la population en vue de l’accession à l’indépendance politique du Québec. Tout comme on se met en forme pour faire du sport et pas le contraire, le Québec doit se remettre en forme pour faire la souveraineté. La prétention du contraire par le PQ est une désinformation aux conséquences graves et pénibles pour la population.
Rester vigilants et s’adapter au plus vite :
Dans l’intervalle les Québécois doivent demeurer vigilants pour rappeler leur gouvernement à l’ordre d’un développement économique qui soit écologique et durable. Vigilants pour contrer les détournement de fonds publics vers les multinationales multimilliardaire, Les Québécois doivent aussi demeurer vigilants pour forcer le milieu des affaires à devenir plus compétitif face à l’ouverture des marchés et à élaborer des projets de développements qui soient socialement, écologiquement et économiquement viables et utiles à la société. Des projets financés par le privé pour éviter d’endetter inutilement les générations futures. Les Québécois se doivent enfin de supporter les partis aux niveaux fédéral et provincial dont la vision politique correspond exactement à ce que le Québec a besoin pour s’adapter à la mondialisation et aux changements climatiques. Des partis nouveaux avec de nouvelles idées pour remplacer les vieux partis désuets contrôlés par les intérêts du capitalisme sauvage.
Albert Bertrand BSpEP
Mont St-Hilaire, Qc.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

