Pour certains, ce 8 mai 2007
a été jour de deuil.
Boisclair, estiment-ils
a fait preuve de courage et de noblesse.
Il a été un bon chef, etc.
D’autres ont accueilli
la nouvelle de sa démission
avec soulagement.
Boisclair, estiment-ils
avait perdu les pédales.
Quoi qu’il en soit, la place est libre.
Les députés du Bloc
pressent M. Duceppe
de faire ses valises
dans l’intention peut-être de le suivre.
Mais qu’est-ce que la formation péquiste
aurait aujourd’hui à gagner
de l’arrivée d’un Gilles Duceppe,
fatigué de faire le tour du bloc, à sa tête ?
En quoi un expert en matière de politique canadienne
ayant mené, lors des dernières élections,
son parti à une demi-défaite
saurait mieux profiter
de l’impopularité du gouvernement Charest
que Boisclair ?
Celui qui, à la suite d’une erreur stratégique,
approuvait dans la joie et la bonne humeur
la résolution conservatrice
énonçant que les Québécois et non le Québec
formaient une nation, a-t-il
dans un PQ réduit à sa plus simple expression,
un avenir ?
En manifestant son désir de venir s’installer à Québec,
un geste, aux dires de Denis Coderre, courageux
M. Duceppe ne donnerait-il pas davantage l’impression
qu’il cherche à fuir le front électoral fédéral
plutôt qu’à reconstruire le PQ ?
M. Duceppe qui en 1980 avait, on s’en souviendra,
voté non au référendum,
saurait-il, pour reprendre les termes de Robert Laplante,
« accomplir ce que l’Histoire exige de nous »
ou se satisferait-il
comme son prédécesseur
de faire de l’éducation
la priorité nationale du Québec ?
Avec Boisclair, nous avions le vide.
Avec Duceppe, n’aurions-nous pas le vide accompagné
d’un peu de bruit ?
Le PQ n’est pas cette machine
à broyer ses chefs
que s’emploient à décrire les médias.
Le PQ est une machine
qui a perdu la faculté de les choisir.

