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Deux militantes de longue date du Parti québécois, Dominique Ollivier et Isabelle Beaulieu, ont démissionné de l’exécutif national du Parti québécois. Le temps dira s’il s’agit d’un geste isolé ou s’il est révélateur d’un malaise plus profond au sein de la formation dirigée par André Boisclair.
En politique, les ambitions personnelles et les principes sont toujours entremêlés. Mme Ollivier, qui est d’origine haïtienne, voulait être candidate à l’élection complémentaire de Gouin en 2004 ; elle a été battue par Nicolas Girard, aujourd’hui organisateur en chef du parti. Cet été, Mme Ollivier souhaitait se présenter dans Taillon ; on lui a préféré Marie Malavoy. C’est la goutte qui a fait déborder le vase : Mme Ollivier a claqué la porte et Mme Beaulieu l’a suivie.
Dans leur lettre de démission, Mmes Ollivier et Beaulieu déplorent le peu de place accordée jusqu’ici par M. Boisclair aux candidats issus des communautés culturelles. " Force est de constater que dans toutes les circonscriptions prenables, la vieux réflexe de l’homogénéité joue encore ", écrivent-elles. Des fédéralistes ne manqueront pas de voir dans ces propos la confirmation de ce qu’ils ont toujours pensé du mouvement souverainiste, soit qu’il est par nature fermé aux minorités, voire xénophobe. Ce préjugé poussiéreux n’est pas fondé.
Les souverainistes ont fait des pieds et des mains depuis plusieurs années pour se rapprocher des communautés culturelles. Toutefois, au plan électoral, les succès ont été rares. Il faut dire que, selon notre dernier sondage CROP, à peine 8 % des non-francophones du Québec voteraient OUI à un référendum sur la souveraineté. Le bassin de recrutement de candidats est donc relativement petit. Quand même, de nombreux militants et les têtes dirigeantes (en particulier Bernard Landry) ont continué de labourer ce sol rocailleux. André Boisclair s’est engagé à faire de même.
Aujourd’hui, la députation péquiste reste d’une laine on ne peut plus pure. Un seul député du PQ est né hors du Québec : Mme Malavoy, dont les parents français ont immigré ici alors qu’elle avait trois ans. M. Boisclair devra se résoudre à sacrifier d’autres considérations pour offrir des circonscriptions sûres à des représentants de minorités, ce qu’il n’a pas su faire jusqu’à maintenant.
Malgré leurs prétentions à ce chapitre, les libéraux n’ont pas de leçons à donner. Ils comptent bien dans leurs rangs une dizaine de députés venant d’une minorité ou d’une autre. Mais seulement quatre d’entre eux sont immigrants. Résultat : les minorités linguistiques et ethniques sont nettement sous-représentées à l’Assemblée nationale.
C’est le cas aussi au sein de la fonction publique, malgré les plans d’action lancés par les gouvernements successifs. Encore aujourd’hui, moins de 4 % des fonctionnaires viennent de communautés minoritaires.
En somme, si les démissions de Mmes Ollivier et Beaulieu mettent en évidence le fossé qui subsiste entre les minorités culturelles et le PQ, c’est tout l’appareil politique et gouvernemental québécois qui doit s’efforcer d’ouvrir plus grandes ses portes aux Québécois de diverses souches.

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