Le PQ coupable de « fausses représentations »

Le PQ a trompé les électeurs, fustige Françoise David

« On ne reconnaît plus la Martine Ouellet d’avant l’élection »

dimanche 27 janvier 2013

Flirt avec l’industrie pétrolière, promesses rompues, reculs à répétition : le Parti québécois a trompé les électeurs qui l’ont porté au pouvoir, selon Québec solidaire.

Après des débuts prometteurs l’automne dernier, le gouvernement de Pauline Marois s’est montré par la suite « extrêmement décevant », a constaté la coporte-parole de la formation de gauche, Françoise David, en entrevue à La Presse Canadienne.

À l’exception de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 -annoncée quelques semaines après le scrutin du 4 septembre-, le gouvernement péquiste a renié ses principes dans le dossier des ressources naturelles, a fait valoir Mme David.

« On ne reconnaît plus la Martine Ouellet (ministre des Ressources naturelles) d’avant l’élection. Visiblement, sa chef a décidé que, probablement, on irait de l’avant avec (l’exploitation) du pétrole. Elle ne semble pas avoir de problèmes à aller en chercher à l’île d’Anticosti », a-t-elle dénoncé.

La coleader de QS estime que Mme Marois a posé un geste de rupture avec les électeurs lorsqu’elle a entrouvert l’automne dernier la porte au pétrole albertain.

Mme Marois et son homologue albertaine, Alison Redford, ont en effet convenu de former un groupe de travail pour examiner la faisabilité du projet de la société Enbridge d’inverser le flux du pipeline reliant Montréal et Sarnia, en Ontario.

Ce projet hautement controversé aurait pour effet « d’apporter ici du pétrole venant des sables bitumineux », s’est insurgée Mme David.

« Le Québec n’a pas voté pour ça ! Lors de la dernière élection, je suis certaine que l’immense majorité des personnes qui ont voté pour le Parti québécois n’ont pas voté pour que le Québec devienne une espèce de paradis pétrolier pour des grandes entreprises canadiennes ou multinationales », a-t-elle soulevé.

Le minuscule caucus de Québec solidaire -Françoise David et Amir Khadir- fera sa rentrée la semaine prochaine à Québec. Le ton qu’il emploie envers le gouvernement du Parti québécois s’est passablement durci depuis le scrutin.

Le PQ coupable de « fausses représentations »

Pour Mme David, force est de constater que le Parti québécois s’est rendu coupable de « fausses représentations » pendant la dernière campagne électorale.

« Ça donne l’impression qu’ils ont défendu des positions écologistes et de centre gauche parce qu’ils avaient le sentiment que c’est là que l’électorat allait. Maintenant qu’ils sont au pouvoir et qu’ils se plaignent de manquer d’argent, c’est plus facile de dire qu’on va aller chercher de l’argent à partir de redevances pétrolières, minières et gazières », a-t-elle analysé.

En ce qui concerne l’exploitation minière, la députée de Gouin a exprimé sa vive inquiétude quant au sort que réserve le gouvernement à son engagement électoral de hausser le niveau des redevances versées par l’industrie.

« Le gouvernement n’a pas été capable d’indiquer comment il irait chercher des redevances au moment du budget. Il dit qu’il veut consulter l’industrie minière. Évidemment, l’industrie va lui dire qu’elle ne veut pas en payer plus », a-t-elle dit.

Dans ce domaine comme dans d’autres, le navire péquiste, selon Mme David, semble voguer sans gouvernail, à l’aveuglette.

« C’est tellement mou, il n’y a pas de position ferme, claire, pas d’audace, on ne va pas de l’avant vers une nouvelle manière de voir les ressources énergétiques et minières alors que le discours dans l’opposition était bien plus ferme que ça », a-t-elle argué.

Si le bilan de l’administration Marois est sombre dans le dossier des ressources naturelles, il n’est guère plus reluisant en matière fiscale, aux yeux de Québec solidaire. Cette année encore, chaque Québécois devra payer 200$ pour la contribution santé, une taxe que le PQ s’était engagé, la main sur le coeur, à abolir, a rappelé Mme David.

De même, a-t-elle poursuivi, la première ministre a envoyé un message troublant sur la valeur qu’accorde le PQ à l’éducation en refusant de garantir le réinvestissement prévu de 1,7 milliard $ dans le budget des universités au cours des prochaines années.

Le gouvernement « a-t-il été plus sensible au lobby des affaires qu’aux promesses qu’il avait faites à la population ? C’est aussi une question qu’on peut se poser », a déclaré la leader solidaire.

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Photo : Patrice Laroche


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