Ben voilà ! On va préparer les États généraux de l’Indépendance indécise, l’UDIQ veillera au grain afin que se réalise, sinon l’unification, du moins l’unité des indépendantistes, le RRQ jouera le rôle du taon socratique envers le PQ, le PQ attendra que l’unité signifie la rentrée au bercail de tout le monde, le PI maintiendra la séparation du bon grain et de l’ivraie entre indépendantisme et péquisme, Bruno Deshaies et Gilles Verrier frapperont des médailles qu’ils épingleront aux personnalités jugées dignes de la Chaire de l’Indépendance, le chassé-croisé de péistes redevenant péquistes, de péquistes s’udiquant, de riquains cherchant à la lanterne d’autres accointances zigzaguera de plus belle, et tout le monde continuera de s’astiquer par commentaires quelquefois anonymes (on ne sait jamais, Big Brother is watching you).
Pendant que s’entrechoqueront les particules élémentaires souverainement séparées, fédérastes, fédépathes, centralisateurs ottawesques et fédéralistes fatigués mais non encore décrochés continueront de nous mentir en se mentant ou de nous manipuler en se bidonnant, et les confédéralistes (en un seul mot) brasseront la sauce à petit feu sous la gouverne du maître-queux Gilles Bousquet.
En 2058, au quatre cent cinquantenaire de Quebec sans accent aigu, les enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants, c’est selon, des Nestor Turcotte, Georges-Étienne Cartier, Andrée Ferretti et autres irréductibles immortalisés dans Vigile formeront la chorale qui entonnera le Maple Leaf Forever à la clôture de la grand-messe évangélique célébrant la naissance du Unified Bloke Empire dans sa nouvelle capitale.
Raymond Poulin
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