Robert Dutrisac et Michel David justifient les ratés du Devoir affirmant en une que Monsieur Jacques Parizeau aurait déclaré « il nous faut une crise politique »
Le Devoir s’illustre... mais sur un mensonge.
Robert Dutrisac dont l’article portant sur l’allocution de Jacques Parizeau du 6 juin dernier au Colloque IPSO était titré fallacieusement « Parizeau : il faut une crise politique » Le Devoir - 10 juin 2009 - VIGILE, tente de se justifier de long et en large aujourd’hui dans son journal. « Un casse-tête pour Marois, un cadeau pour Charest » - Le Devoir 13 juin 2009 VIGILE
Michel David après avoir hier abusivement demandé hier qu’on enferme M. Parizeau dans son titre intiulé Enfermez-le ! - Michel David - 11 juin 2009 - il tente dans Le Devoir d’aujourd’hui de se justifier lui aussi par une argumentation moins outrancière tout en faisant des ex-Premiers ministres du PQ, un troupeau d’éléphants, comme si devaient n’avoir d’impact politique que son troupeau à lui d’autruches qui commentent l’actualité la tête dans le sable de leur poudre aux yeux.
« Après que Jacques Parizeau a ouvert la marche en déclarant qu’un gouvernement péquiste devrait provoquer une crise politique pour ranimer la flamme souverainiste, » Les éléphants - Michel David - Le Devoir 13 juin 2009 - VIGILE.
M. David récidive… Je persiste et signe, M. Parizeau n’a pas dit « il faut une crise ». Tout le monde s’entend pour le dire pourtant quand on décide de rendre-compte vraiment de ce qu’il a dit. Sauf que, depuis la publication de cette fausse déclaration inventée de toute pièce on fait comme si... comme si cette dérive médiatique devait être une norme véritable à l’aune de laquelle tout le monde doit se définir abusivement.
Autant quand on prétend que M. Parizeau a raison, autant quand on dit qu’il a tort, ou qu’il a tort de l’avoir dit publiquement.
Mais difficile de faire autrement si on ne dénonce pas la fabrication depuis que la crise de nerfs de Jean Charest accrédite ce mirage bienvenu pour lui et projeté par Le Devoir. Une crise de nerfs bien compréhensible qui l’a cristallisé dans les esprits cette fausse vérité à la faveur d’une confrontation partisane et électoraliste. Depuis, tout le monde fait comme si M. Parizeau avait affirmé qu’il nous « faut une crise ». M. David a le culot d’affirmer aujourd’hui qu’il lui aurait fallu soit se taire, soit parler plus discrètement, comme si la manchette fallacieuse du Devoir n’était pas plutôt la cause de ce supposé manque de discrétion en inventant par-dessus le marché de toutes pièces une position politique qui n’a jamais existé à savoir « il faut une crise ». Faut le faire !
Sur cette base où une invention fabriquée sur la base d’un mensonge est tenue pour une vérité révélée, comment démêler le tien du mien ? M. David opine qu’il aurait fallu que M. Parizeau se taise, car il prétend que se taisant, nous les souverainistes nous aurions pu mieux provoquer une crise qui serait la seule voie possible pour faire avancer notre cause. Comme si cela pouvait s’avérer !? Pathétique !
Or, M. Parizeau a plutôt dit le contraire. Si d’aucuns observent que lorsque le Canada s’enfonce dans le refus d’accorder au Québec quoi que ce soit fait en sorte que les Québécois placés devant l’évidence de leur marginalisation adhèrent davantage à l’idée de fonder nommément de leurs voix un État valide et légitime, cela ne veut pour autant pas dire qu’il nous faille provoquer de telles crises supposées capables de provoquer telle réaction du Canada et telle réaction des Québécois. Cela d’une part est périlleux, il en riait, et d’autre part insuffisant, le reste de son discours est éloquent à cet égard. Ce qu’il nous faut, a-t-il dit, c’est profiter de l’occasion qui nous est donné d’être dans l’opposition pour questionner ce qui a déjà été fait et qui nous place toujours dans la situation actuelle du blocage malgré tout favorable à la cause du peuple souverain du Québec.
Cette prise de position me semble être historique. Voilà ce qui aurait dû par Le Devoir être mis en évidence. Voilà un homme qui a travaillé comme pas un depuis près de 40 ans à la cause qu’il défend, et qui vient nous dire que le moment est venu de remettre sur le métier son, notre, ouvrage. Cela pas n’importe comment, mais en remettant à peu près tout sur la table de dissection pour comprendre comment le système que nous avons mis en place fonctionne puisqu’il n’a pas fonctionné, et qu’il ne fonctionne toujours pas. Il y a là un constat très dur, mais il nous faut l’assumer et soulever à peu près toutes les pierres sauf celle qui nous fait vouloir fonder nommément un État valide, légal et légitime émanant de nos voix libres et souveraines.
Il note aussi que la députation du Québec siégeant à Ottawa et Québec est majoritaire avec la voix du député Khadir. Une première dit-il qui doit être mieux mise en valeur et bien sûr maximisée lors des prochains rendez-vous électoraux qui seront décisifs et qu’il nous faut bien préparer au cours des ces prochains mois ou années qui nous font être contre mauvaise fortune bon cœur être dans l’opposition.
Les Québécois pensent que la fondation d’un État souverain du Québec est un bon choix, pensent que le statu quo actuel est invalide et insatisfaisant, pensent que la création d’un Québec souverain est faisable et viable, mais pensent qu’il ne se fera pas, comme l’a analysé magistralement très bien, chiffres à l’appui comme M. Parizeau sait si bien le faire, et comme le fait en complément de programme à sa suite M. Jean-François Lisée dans son texte intitulé Espoirs déçus et rêves brisés - www.cyberpresse.ca (opinions) - VIGILE.
M. Parizeau, dans le contexte du Plan-Marois, pense que les crises que pourraient provoquer la revendication d’une ou l’autre des souverainetés sectorielles pourraient « être utiles », mais cela n’est pas suffisant, et n’est pas ce qu’il nous faut privilégier et mettre de l’avant. Tout le contraire du titre du Devoir à la base de cette crise. Ainsi, sans Le Devoir et sa fabrication, nous n’en serions pas à parler de la crise de la crise. Mais bon…
Tout compte fait, comme à chaque fois que M. Parizeau s’en mêle, pendant que s’emmêlent les commentateurs pour le contrer, pour contrer son impact positif et son ascendant sur nos troupes souverainistes, sur le Québec tout entier, tout cela permet de parler de souveraineté, permet, comme l’observe M. Lisée cité par Robert Dutrisac, d’occuper l’espace public médiatique, et permettra sans doute d’aller au fond et de provoquer ce que M. Parizeau souhaite, à savoir, questionner ce qui a déjà été fait et qui n’a pas fonctionné.
Déjà ses déclarations sur « l’argent et des votes ethniques » ont permis que soient finalement dénoncées les manoeuvres commanditaires et illégales des canadianisateurs concernant leurs propres règles immigratoires et contre les Lois référendaires du Québec. Aujourd’hui, ses analyses même trafiquées dans leur présentation publique permettent de montrer le caractère insuffisant du Plan-Marois tel qu’il a été présenté et si abondamment commenté. Une insuffisance avouée du reste, puisqu’il est question d’engager un processus dans les prochains 18 mois nous permettant de déposer sur la table toutes les options qui s’offrent à nous, toutes les propositions qu’il nous faut exposer et dont il faut débattre afin de mettre au point un PROGRAMME de SOUVERAINETÉ capable de faire des prochains rendez-vous électoraux à Montréal, à Ottawa et à Québec des élections décisives permettant à ce peuple souverain du Québec de fonder sur son territoire national un État valide et légitime qui émane nommément de ses voix libres et souveraines.
Ce qui n’est pas le cas du Canada. Un État illégitime répudié par la majorité des Québécois, ce qui désespère les canadianisateurs dont les assauts répétés ont été depuis un an contrés efficacement. Leur activisme partisan n’a cessé de se heurter à ce mur infranchissable : le Canada ne passe pas et n’obtient pas le OUI qui ne lui a jamais été accordé puisque la question n’a jamais été posée à la mariée de ce mariage forcé qui nous a été imposé par les armes lors de la Conquête il y aura 250 ans le 13 septembre de cette année 2009 en cours et dont le Canada légal actuel n’est toujours sur notre territoire national, qu’un illégitime avatar impérial jamais nommément soumit aux voix du peuple du Québec.
Les critiques, ces « ratés sympathiques » de Charlebois, ont la prétention de participer à l’évolution des connaissances exposées par les praticiens en mettant le doigt là où ça fait mal. Les bons critiques y parviennent en interprétant les actes des créateurs et praticiens. Les mauvais inventent de toutes pièces une illusoire réalité qu’ils peuvent mieux conspuer pour se faire valoir. Mais tous participent néanmoins à notre évolution commune. Pour peu que la vérité soit justement exprimée et émerge de tout ce que nous produisons comme discours humain, qu’il soit vérité ou mensonge.




