On se calme. On respire par le nez.
Il faut face à la nouveauté prendre le temps de mesure l’impact de la nouveauté. Tous les impacts de la nouveauté.
Favorables et défavorables aux volontés du peuples souverain du Québec.
Un impact favorable est l’introduction de la nouveauté qui consiste à prendre acte de la fin du bipartisme. Du moins, prendre acte de sa vraie prise en compte dans un système uninominal à un tour comme celui que nous « subissons ». Cet outil du gouvernement de coalition est un outil essentiel dont nous devons pouvoir nous prévaloir. Le fait que la nouveauté émane du Canada, permet que le jour où les souverainistes voudront s’en prévaloir, on ne pourra être accusé de faire un coup d’État. Ce pourquoi, la réussite de ce qui semble vouloir se passer à Ottawa est importante. Or, la coalition PLC, NPD ne peut réussir que dans le cas où sa stabilité est assurée pour un terme raisonnable. Cela ne peut passer que par l’appui du Bloc, ce pourquoi son appui mérite d’être au moins considéré et non pas écarté d’emblée. Ce que vous faites.
Vos raisons ont quelque valeur, mais il n’y a pas qu’elles. Celles que je viens d’exposé brièvement méritent d’être souspesées. il faut donc se garder des prises de positions intempestives.
Les accusations des Conservateurs à l’effet qu’ils ne formeraient jamais d’alliance avec les souverainistes du Bloc québécois, ont l’avantage de montrer le peu de profondeur de leur supposée ouverture au peuple souverain du Québec. A contrario, le fait que le Canada s’habitue à gérer de saines relations avec les représentants du peuple souverain du Québec, via l’appui que le Bloc va donner au gouvernement du Canada afin qu’il se dote d’un gouvernement fonctionnel, permet de favoriser le respect mutuel. Tout le contraire de l’antagonisation de nos deux nations. Toutes choses utiles à l’avènement d’une accession à la souveraineté de l’État du Québec dans le calme, le respect mutuel et la sérénité. Toutes choses qui sont désirées par le peuple démocratique, pacifiste et souverain du Québec. Faire en sorte qu’il soit appelé à nommément fonder un État qui émane de lui, cela sans drame, ni hostilité, librement et loin des menaces de représailles. Apprendre à gérer de saines relations participe au fait que le recours aux menaces devienne nul et non avenu. Quand des représentants supposés hostiles permettent à son gouvernement de bien fonctionner, cela permet inévitablement de transformer l’idée que les canadians se font des méchants souverainistes.
Votons en Bloc pour le Parti québécois de Pauline Marois
Concentrons-nous pour l’heure sur ce qui se passe au Québec. Nous avons besoin de l’appui du Bloc souverainiste. Nous devons faire l’unité pour renverser le gouvernement démissionnaire de Jean Charest. Ce qui se passe à Ottawa, rendu possible par l’appui du Bloc québécois, permet d’être encouragé à cet égard, car, même si le PLQ du Premier ministre démissionnaire Jean Charest est élu minoritaire, rien ne permet plus maintenant d’assurer pour longtemps son gouvernement, comme on peut le constater en contemplant ce qui se passe à Ottawa.
Si M. Stéphane Dion a pu être un adversaire redoutable, c’est qu’il a pu l’être en vertu de gouvernements majoritaires du PLQ qui sont de l’histoire ancienne grâce au fait que les souverainistes ont pu faire l’unité autour du Bloc québécois, malgré toutes les tentatives canadianisatrices pour nous encourager à la démission et à la division. M. Dion n’est plus que l’ombre de ce qu’il a déjà été ce grâce à l’unité souverainiste. Il n’est plus parti d’un gouvernement majoritaire. Il devra composer avec le NPD et avec le Bloc. Une tout autre donne. Une donne favorable aux souverainistes. S’empêcher d’assurer la stabilité d’un gouvernement du Canada qui ne soit pas Conservateurs, assurer la survie d’un gouvernement de coalition, aussi solide que le voudrons les souverainistes du Bloc, permet de se concentrer sur le Québec et sur ce qui se passe ici. Les souverainistes n’ont pas intérêt à voir le Canada sombrer dans l’absence de gouvernement, ni maintenant, ni quand il voudra faire sécession. Si le Bloc contribue à telle stabilité du Canada, au meilleur des intérêts du peuple souverain du Québec, c’est le Québec souverainiste qui est gagnant.
Bref, il faut prendre le temps d’absorber la nouveauté et ce qu’elle ouvre comme possibilité. Pour l’heure, celle qui consiste à incarner dans de nouvelles moeurs politiques l’outil du gouvernement de coalition, nous permet d’envisager faire la même chose au Québec sans que les souverainistes portent l’odieux de la première. Que ce gouvernement de coalition vive effectivement ou pas, il a déjà vécu. Un mur est tombé.
Ainsi, c’est ce qu’aurait pu choisir de faire Madame Marois il y a moins d’un mois. D’autant que, c’est ce qui risque d’advenir plus tard, devoir et pouvoir changer un gouvernement minoritaire en gouvernement de coalition majoritaire sans élections obligées. Ce qui semble le souhait du peuple souverain, du moins celui du Québec. Terminé le gouvernement d’un seul parti de l’arrogance. Vive la majorité de coalition. Ce qui aurait permis à Madame Marois de former un gouvernement avec l’ADQ. Elle a choisi d’aller en élection pour incarner dans la députation québécoise, le recul de l’ADQ. Elle aura donc de meilleures armes pour les souverainistes pour former un gouvernement de coalition, si les souverainistes s’obstinent à ne pas faire Bloc pour l’appuyer suffisamment pour s’en passer en donnant à Madame Marois un gouvernement majoritaire.
Votons en Bloc pour le Parti québécois de Pauline Marois