Ca fait des mois que je souligne que le taux de chômage au Québec est plus bas qu’en Ontario et aux États-Unis. C’est du jamais vu dans notre vie évidemment et ça va à l’encontre de tout le discours misérabiliste de nos colonisés sur le Québec pauvre, pauvre et trop pauvre pour se prendre en mains et devenir indépendant. La nouvelle devrait faire la manchette, susciter des remarques et des débats, voire des hourras. Mais c’est le silence total.
J’avais écrit sur Vigile, en mars 2008, un texte où je soulignais que, depuis le début du siècle, le Québec mangeait l’Ontario, coté performance économique, et pas à peu près http://www.vigile.net/Quebec-7-Ontario
Ben, il aura fallu 16 longs mois pour que la bonne nouvelle atteigne le monde de Gesca.
Mais quel plaisir quand même de lire ça, cette semaine, sous la plume de leur plus célèbre chroniqueur économique :
« Depuis quelque temps, lorsque Statistique Canada publie les résultats de son enquête mensuelle sur la population active, il se passe quelque chose qu’on n’aurait jamais cru possible : le taux de chômage en Ontario est maintenant systématiquement supérieur à celui du Québec. Selon les derniers chiffres, 9,6% en Ontario, contre 8,8% au Québec (...)
Le taux de chômage est un indicateur économique précieux, mais ce n’est pas le seul.
Un autre outil qui permet de mesurer le niveau de prospérité d’une société est le revenu personnel disponible par habitant. Or, les données les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec, incluant les prévisions pour 2009, montrent que les Québécois, à ce chapitre, s’enrichissent plus rapidement que les Ontariens depuis une dizaine d’années.
Le revenu personnel disponible inclut les revenus de toutes sources : salaires, pensions, revenus de location, intérêts et autres revenus de placement, prestations sociales, moins les taxes, les impôts et les cotisations sociales.
Depuis 2000, année après année (à une seule exception près, en 2006), la croissance du revenu personnel disponible, au Québec, a toujours été au moins égale, et la plupart du temps supérieure, à celle de l’Ontario.
Certes, les Ontariens demeurent plus riches que les Québécois, mais l’écart s’amenuise avec le temps. Voyons plutôt :
Entre 2000 et 2009, le revenu personnel disponible par habitant est passé de 22 705 à 28 488$ en Ontario, une hausse de 25%. Les chiffres correspondants pour le Québec sont de 18 915 et 25 408$, une augmentation de 34%. Les montants sont exprimés en dollars courants, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas compte de l’inflation.
Résultat : en 2000, le revenu disponible de chaque Québécois se situait en moyenne à 83% du niveau ontarien. Aujourd’hui, cette proportion atteint 89%.
Le rattrapage est donc bien réel. On pourrait même être tenté de faire une audacieuse projection : à ce rythme, les Québécois seront plus riches que les Ontariens en 2022 ! »
Vous avez bien lu : si la tendance se maintient, les Québécois seront plus riches que les Ontariens dans 13 ans à peine ! Une demi-génération !
