|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu la chronique de Gil Courtemanche publiée dans l’édition du quotidien Le Devoir parue le samedi 10 novembre. Cette chronique se concentrait sur la langue française, que l’on croit être de bas niveau au Québec. Or, malgré tout le respect que j’ai pour Monsieur Courtemanche, je me dois de remettre en question certaines des conclusions de son article.
Avant tout, je tiens à préciser que je me préoccupe aussi de la qualité du français des élèves et de leurs enseignants, étant moi-même un ancien étudiant en enseignement. Cela dit, sans vouloir en minimiser l’importance, le débat sur la qualité de la langue m’apparaît être un faux débat ou du moins un débat de second ordre. En fait, le français n’est pas de meilleure qualité qu’il ne le fut à une autre époque. Dans l’article « Le français change... et dérange ! » de Monsieur Nadeau et de Madame Barlow, on apprend par exemple que le français des élèves parisiens d’aujourd’hui n’est pas meilleur que celui de la cohorte de 1850 ! Le « bon vieux temps » où on s’exprimait parfaitement à l’écrit et à l’oral ne serait donc qu’une illusion. Cette impression voulant que l’on maîtrisait mieux notre langue il y a quelques décennies serait due au fait qu’autrefois seule une minorité très douée pouvait mener à terme ses études, alors que ceux qui formaient la majorité abandonnaient les uns après les autres.
On rate la cible lorsqu’on s’attaque au français. Gaston Miron l’avait bien compris : le vrai problème au Québec n’est pas le français, mais l’anglais. Que l’on dise « joual » ou « cheval », tant que l’on ne dise pas « horse ». Si le joual n’est que du franglais, alors il est condamnable. Toutefois, le joual n’est pas nécessairement du franglais. Par ailleurs, n’est-il pas courant d’entendre à la radio des personnes employant un français soutenu utiliser tout de même des expressions telles que « mettre l’emphase sur », anglicisme ayant pris la place de « mettre l’accent sur » ? Là est le vrai problème : la soumission de la langue française à la langue anglaise. Il s’agit d’un problème qui prend maintenant des horizons internationaux. Même la France, berceau de la langue de Molière, laisse des mots tels que « e-mail » envahir son vocabulaire plutôt que d’opter pour « courriel ». Dernièrement, la Mère-Patrie a même ratifié le Protocole de Londres, législation qui met fin à l’obligation de traduire les brevets en français. Les Murailles de Chine sont en train de trembler face à l’invasion mongole…
La plus grande victoire de la Conquête aura sans doute été de faire de nous un « petit peuple », toujours obligé de se prouver à lui-même qu’il peut être suffisamment civilisé pour être digne des autres nations. Cela affecte nécessairement ce que nous pensons de notre langue. Pourtant, les anglophones sont-ils vraiment mieux que nous ? Emploient-ils parfaitement la langue de Shakespeare lorsqu’ils communiquent entre eux via la messagerie instantanée par exemple ? Poser ces questions, c’est y répondre.
Le peuple québécois doit se libérer de cette mentalité de peuple colonisé. Pour ce faire, il doit se libérer point à la ligne.
Maxime Schinck
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

12806$ 64%
|
Pour contribuer en ligne
|