Faut être à Québec et écouter la radio-poubelle (CHOIX et le FM93) pour en connaitre sa technique de base, aussi grosse que le Complexe G, mais très efficace si l’on se fie au vote dans la région....
Depuis une semaine, on s’active très fort contre le Moulin à Paroles, c’est excellent pour les cotes d’écoute. On ne tolère pas qu’après avoir dû annuler la commémoration de la bataille des Plaines à cause des menaces d’une bande de séparatissss de Montréal (on joue très fort la rivalité Québec-Montréal), on s’en prend à l’événement des séparatisss. Jusque là, c’est de bonne guerre sauf qu’on oublie de mentionner que ce n’est pas Falardeau qui a annulé l’événement mais Juneau ! Et que, s’il l’a fait, ce n’est pas parce que Falardeau menaçait la vie des enfants-soldats comme évoqué (Falardeau n’est quand même pas un fou !), mais parce lorsque que la controverse a poigné, Juneau a été abandonné par Charest, Hamad, Verner et Labaume. Comme ses capacités intellectuelles sont très limitées, il ne savait plus où donner de la tête, il est allé demander conseil à un pro des coms qui lui a dit : « Annule tout, André, pis blâme les séparatisss. Ca va marcher. » Et ça a marché. Tout le monde en ville blâme Falardeau. Personne blâme Juneau qui a reculé, en bout de ligne, face à quelques menaces sur Internet ! (Y’a longtemps qu’Obama serait mort si on capotait sur Internet...)
Là où ca dérape, et devient scandaleusement malhonnête, c’est qu’on prend un sujet tabou (le terrorisme), un sujet qui fait lever le coeur à tout le monde, et on fait tout pour associer l’événement et ses participants au tabou.
La technique a été utilisée avec grand succès sur Robert Gillet. Gillet était numéro 2 dans le marché de Québec. Il avait un public payant pour la pub : les 30-50, les femmes surtout. En plus, il avait fait perdre la job à Arthur dans un conflit avec le boss (les 2 travaillaient au même endroit). Alors, lorsque l’histoire de la prostitution juvénile est sortie, on lui a rentré dedans.
Gillet a été accusé et condamné pour avoir eu une relation sexuelle (un 69) avec une prostituée de 17 ans et demi, de 5 pieds et demi. Comme la fille était techniquement mineure, et comme la pédophilie fait lever le coeur à tout le monde, on a répété ad nauseam que Gillet avait été condamné pour avoir eux une relation avec une mineure, ce qui était techniquement vraie. On se disait que l’auditeur allait ajouter le bout manquant...
Le but était évidemment de tuer Gillet professionnellement et d’aller chercher ses auditeurs de 30 à 50 ans que n’attirait pas alors CHOIX. On parle de millions de dollars ici, plusieurs millions. Ca marché. Juste après, CHOIX s’est envolé et Fillion est devenu le king en ville. Mais le pauvre n’a jamais été assez habile pour se négocier un vrai salaire fait que c’est son boss qui a tout encaissé.
La technique a aussi été utilisée sur Boisclair. Boisclair sniffait de la coke, la vente de la coke était sous le contrôle des Hells, fait que Boisclair pouvait être victime de chantage des Hells.
On utilise maintenant la même technique avec le Moulin à paroles. On isole un seul texte parmi les 140 qui vont être lus, on passe par-dessus le Rapport Durham, les lettres de Wolfe (lues en anglais par son descendant) et, tenez-vous bien, par-dessus Mordicai Richler, ennemi des sépartisss s’il en est, et on focus, on se concentre sur un seul et unique texte : le Manifeste du FLQ.
On souligne, pendant des heures, des jours (et faut l’écouter pour voir le matraquage) que c’étaient d’affreux terroristes, en oubliant tout le contexte québécois et international de l’époque, on fait de Laporte un saint (on cache les liens entre Laporte et la Mafia tels qu’établis par la CECO), on oublie la bibliothèque personnelle du Con...sort, faite par l’assassin de Laporte, on cache le terrorisme de la GRC, on oublie la Loi sur les mesures de guerre, et on met le paquet sur un seul et unique mot : terrorisme. Le mot maudit de tous au 21e siècle.
Ensuite, on lie tous les gens qui vont être là, de Pauline à Ti-Gilles, en passant par Mervill qui va lire le texte, et on les salit gaiement en les associant au FLQ, au terrorisme. Pourquoi faire compliquer lorsqu’on peut faire simple ?
On pensait que le départ d’Arthur allait enlever l’odeur de purin sur la ville. Hélàs elle est toujours là, cote d’écoute oblige.
