[1] J’ai écrit à plusieurs reprises pendant la dernière campagne électorale que le Parti québécois devait avoir une position très dure envers le gouvernement Charest en le tenant responsable "politiquement" des déboires anticipés de la Caisse de dépôt et placement. Voir : http://www.vigile.net à la section Auteurs et à la sous-section Pierre Cloutier. Je n’étais pas le seul. J.C. Pomerleau a lui aussi écrit à de nombreuses reprises sur le sujet. Mais qui sommes-nous ? De simples citoyens. Malgré cela, PQMarois a été assez timide sur la question. Pourquoi ?
[2] Je n’étais pas dupe des mensonges éhontés et des "grandes manoeuvres" de manipulation de l’opinion publique du gouvernement Charest qui, c’était clair dans mon esprit, a décidé de tenir des élections anticipées pour éviter justement de porter sur ses épaules l’odieux du déficit dramatique appréhendé de la CDPQ. On a vu le résultat. Le taux de non participation des électeurs québécois a atteint presque un record et les "squatteurs" de notre État national sont encore au pouvoir. Pour 4 autres longues années. Le temps de finir la "job de bras" du démantèlement de cet État pour remettre ses plus beaux joyaux entre les mains des "requins" qui naviguent dans les parages ? Voyez le retour de Claude Garcia et sa partition sur la privatisation d’Hydro-Québec.
[3] Je n’étais pas dupe, non plus, du "congé de maladie" du président de la CDPQ, Richard Guay, le dauphin de Henri-Paul Rousseau parti chez Power Corporation de Paul Desmarais, le pire ennemi de l’indépendance de notre patrie. Voir l’offensive médiatique de Nicolas Sarkozy, l’ami et mentor de Paul Desmarais et la remise de médaille à Jean Charest. Tous les éléments sont en place pour remettre le peuple québécois à sa place, c’est-à-dire comme serviteur des prédateurs de l’Ordre marchand, par sa filiale privée de Bay Street et de ses complices, les politiciens du gouvernement fédéral.
[4] Je n’étais pas dupe, enfin, du mensonge éhonté de Jean Charest qui affirmait, pendant l’élection, le plus sérieusement du monde, "qu’il ne connaissait pas l’ampleur du déficit de la CDPQ", alors que la Caisse a l’obligation, par sa loi constitutive, de transmettre au ministre des finances tous les renseignements qu’elle désire. Le mensonge ici était de taille. Comment une ministre des finances peut-elle garder pour elle une telle catastrophe alors qu’elle déclare aujourd’hui qu’elle va "recommander" au premier ministre l’inclusion du sous-ministre des finances au conseil d’administration de la Caisse ?
[5] Je ne suis pas dupe non plus des grandes manoeuvres du gouvernement Charest de se dédouaner aujourd’hui de sa responsabilité politique - à cause principalement de l’introduction de l’article 4.1 dans la loi constitutive de la CDPQ - le rendement à tout prix avant la santé de l’économie du Québec - en voulant apparaître comme le "grand nettoyeur des écuries d’Augias", un des douze travaux d’Héraclès (ou d’Hercule, chez les Romains).
[6] Cependant, contrairement à Augias, les "écuries" de la Caisse n’étaient pas sales. Elles étaient et sont toujours contaminées par le virus du néo-libéralisme spéculateur et prédateur qui caractérise l’économie financière de l’Ordre marchand et qui conduit dans sa logigue carnassière l’humanité à sa perte.
[7] Aussi - et personne ne se pose la question, je m’interroge sérieusement sur la pertinence de maintenir un régime de retraite par capitalisation lié à la volatilité des marchands financiers - le modèle adopté par le monde anglo-saxon - et sans aucune sécurité - comme le démontre le désastre financier de la CDPQ - alors que le régime de retraite par répartition, garanti par l’État et par l’ensemble des actifs (comme en France) est beaucoup plus sécuritaire pour les citoyens et futurs retraités.
[8] Je ne suis pas dupe, enfin, de l’échec flagrant, patent et tragique d’un système financier et monétaire issu du néo-libéralisme carnivore, énergivore, liberticide, corrupteur, sanguinaire et pourri jusqu’à la moëlle qui nous est infligé dans notre courte vie sur cette planète. Honte à nous, pauvres humains.
[9] Je reprends toujours la même phrase comme un "cloutier" qui frappe sur le même clou : si, comme citoyens, nous sommes incapables de tirer de cette crise les leçons qu’elle mérite, nous sommes des IMBÉCILES COMPLETS.
Pierre Cloutier
Pierre Cloutier ll.m
Lawrenceville (Québec)

