De 1968, date de fondation du MSA, à 2008, le temps a passé, beaucoup de choses ont changé. Mais la question nationale n’est toujours pas réglée. Elle n’est pas réglée, mais on sent bien que l’échéance approche, le moment critique où les Québécois devront se brancher : soit renoncer, soit se radicaliser.
Du côté des fédéralistes canadian, le bâton et la carotte !
La période post-référendaire a vu, après un court moment de déstabilisation du pouvoir central, se déployer tout l’arsenal de la volonté canadian de maintenir la subordination du Québec : la propagande ininterrompue des commandites voulant enfoncer dans l’esprit des Québécois les bienfaits de l’appartenance canadian ; la Loi sur la clarté C-20 imposant une majorité qualifiée pour faciliter la manipulation des résultats référendaires éventuels et, surtout, pour dissuader les dirigeants souverainistes de s’aventurer à nouveau sur ce chemin... ; l’approche guerrière du gouvernement Chrétien-Dion ("Nous étions en guerre", dixit le majordome Chuck Guité, condamné à la prison post-commandite...) qui a eu, entre autres effets dysfonctionnalisants, de propulser le dysfonctionnel Stéphane Dion, opposé à la reconnaissance de la Nation québécoise, à la tête du Parti libéral du Canada, à la grande satisfaction des adversaires conservateurs... Comme quoi, la question nationale québécoise non-réglée produit des effets dévastateurs même dans la lointaine capitale canadian...
Pour enrayer de tels effets, le gouvernement Harper emploiera une méthode opposée : le "Grand cirque ordinaire de la flagornerie", associé bien sûr au grand jeu de la "petite loterie"... La reconnaissance symbolique de la "Nation québécoise dans un Canada uni" pourrait être présentée comme l’ultime commandite du gouvernement canadian. C’est la réponse symétrique à la demande péquiste, à la différence près suivante : il n’est pas nécessaire de passer par la souveraineté ! Sauf que, sans souveraineté, cette reconnaissance est sans pouvoirs, les Québécois se retrouvant gros-jean comme devant. Une "reconnaissance sans reconnaissance"..., telle est la flagornerie.
Le Bloc québécois en fait présentement la preuve en forçant le gouvernement canadian à refuser de reconnaître la primauté de la Charte québécoise de la langue française dans le cas des entreprises de la couronne au Québec, puis en forçant le gouvernement Harper à refuser la création d’un CQRT, demande traditionnelle du Québec, rendue encore plus nécessaire depuis que le phénomène de la concentration des médias, puis la suppression éventuelle de l’information régionale à TQS, ont pour effet de mettre en évidence l’impéritie fédérale dans le domaine des Communications.
Les fédéralistes inconditionnels québécois seront largement récompensés de leurs efforts pour convaincre les Québécois que cette reconnaissance est une réponse définitive et positive venant clore le vilain débat..., telle est la petite loterie.
Du côté des fédéralistes québécois, la carotte et le bâton !
Du côté des "récompensés" du régime canadian, on observe un certain triomphalisme feutré ; on est encore loin du triomphalisme arrogant du Congrès juif du Canada où, en 1998, Max Bernard se félicitait : "Nous avons sauvé le Canada". Disons un triomphalisme impatient... impatience agacée et pressée d’en finir avec la question nationale, présentée comme un irritant injustifiable à une intégration inconditionnelle du Québec au Canada. Les plombiers de GESCA, cette manufacture de l’idéologie pro-canadian au Québec, jouent sur tous les tons la mélodie du bonheur canadian. "Rebâtir le Canada", sous la direction d’André Pratte, propose de vouloir la subordination comme ultime condition d’un accomplissement politico-économique québécois : la belle carotte que voilà. "À mes amis souverainistes" d’Alain Dubuc tente de persuader les Québécois que le débat sur la souveraineté constitue un frein au développement économique du Québec : le gros bâton que voilà.
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Du côté des nationalistes québécois, le paysage se modifie radicalement.
L’ADQ disparaît, le PI apparaît
D’abord, le sort de l’ADQ semble scellé à court terme. La chose s’est faite lors du discours de Toronto où Mario Dumont affirmait ne plus voir la question nationale sur son radar... Disparue, la question ; disparues les options. Cela a un nom : DÉNI. Et cela a un prix : DÉMOBILISATION. Bien sûr, les choses ne paraissent pas immédiatement aussi claires aux yeux de tous, mais la logique des choix se déploie dans le temps et montre à l’évidence ce qui paraissait caché dans son principe. Ainsi, la politique de l’autonomisme proposée par l’ADQ, qui semble avoir attiré un grand nombre d’électeurs en 2007, a finalement sombré dans l’insignifiance, tellement sonnait faux le principe qui l’a fait naître. À tel point que l’on peut penser aujourd’hui que ce n’est pas la question nationale qui a disparu du radar adéquiste, c’est le radar lui-même qui est hors d’usage. Ce parti va à la dérive parce qu’il a renoncé à affronter la question nationale dans toute son ampleur et avec toute la rigueur requise en ces matières. Les petites formules assassines, qui font de bons clips, ont perdu de leur force avec l’usage ; ainsi s’est effrité l’espoir d’atteindre les sommets. Les sondages le montrent par des petits chiffres assassins...
À l’opposé du naufrage adéquiste, on voit apparaître l’irruption péiste. Ce nouveau parti propose l’indépendance sans compromis, pure et dure... Son but : faire l’indépendance du Québec, société française en Amérique du nord. Et sans se défiler devant les exigences d’une telle option. Ici, pas question d’instrumentaliser la souveraineté dans un projet de reconfédération canadian, projet qui a mis 40 ans à montrer son infaisabilité.
Ce parti est jeune ; il est formé de personnel politiquement inexpérimenté. Il a fait des choix stratégiques contestables, notamment sur la question de la méthode d’accession à l’indépendance. Il a le temps pour lui, et on peut penser qu’il saura bien corriger ces trajectoires inadéquates en régime démocratique. Mais le fait est là : la simple existence de ce parti indépendantiste représente un immense défi pour le PQ. En effet, jouant dans le même créneau, quoique sur un ton plus radical, il risque de drainer vers lui les péquistes insatisfaits, immobilisés depuis 1995. Nous verrons sa performance lors des trois élections partielles du 12 mai 2008. Nous pourrons mieux apprécier, dans les mois prochains, sa capacité à rassembler candidats et militants. Pour l’instant, on aurait tort de considérer ce parti comme un groupuscule sans incidence politique au Québec.
Puis, il y a le PQ de Pauline Marois...
Le PQ, c’est d’abord un héritage
Le Parti Québécois, c’est une "coalition" de souverainistes. C’est sa nature. Il est un rassemblement de militants et de partisans qui ont un but : réaliser la "souveraineté" du Québec, de façon en rendre possible (lire : "forcer le Canada à accepter la négociation") une "refondation" de la fédération canadian dans le sens d’une plus grande autonomie du Québec à l’intérieur du Canada. C’est l’essentiel du projet péquiste : souveraineté ET association. "Un Québec fort dans un Canada uni"...
Depuis 2001, cette "coalition" a connu quatre chefs : Bouchard, Landry, Boisclair, Marois... Brève longévité. Courte brièveté, même ! Malgré les apparences, il n’y a pas d’énigme péquiste. Il y a plutôt l’échec péquiste. L’échec du reconfédéralisme. Si la direction du PQ est si instable, c’est que le projet péquiste est de nature volatile. Paradoxalement, l’esprit rigoureux et résolu exigé par un projet de libération nationale n’est pas approprié dans un projet de négociation du statut "provincial amélioré" véhiculé par ce parti depuis 40 ans. On négocie à deux. La volatilité tient au fait que l’autre peut anéantir d’un simple NON les propositions du premier. Or, on l’a vu, le Canada s’est durci dans son refus réitéré de modifier quoi que ce soit au cadre constitutionnel canadian. "Négocier d’égal à égal", c’est terminé !
Sans interlocuteur, le PQ se retrouve donc sans projet. Son projet s’est tout simplement volatilisé !...
Que reste-t-il au PQ sinon d’accuser l’échec de son projet ? Il reste le déni ! On fait comme si le projet était toujours pertinent. On substitue la rhétorique à la politique, on sépare discours et actions, les grandes déclarations n’étant plus jamais suivies d’effets...
Pourtant, la seule sortie honorable, ce serait la radicalisation : viser l’indépendance, avec rigueur et résolution ! Mais l’esprit péquiste tremble à cette seule idée...
Le projet péquiste s’est enlisé depuis le 30 octobre 1995. La Grande Frousse d’Octobre 95, c’est le PQ qui l’a eue... S’il fallait que le OUI gagne, bonjour les problèmes... Ce serait une crise avec Ottawa... Vaudrait mieux négocier, régler à l’amiable, demander à Ottawa la permission. Ce serait « moralement irréprochable », même si ce serait politiquement « irréalisable »... Etc.
Tel est le sentiment qui se dégage de la stratégie péquiste depuis 1995 : le PQ a la frousse de proposer aux Québécois le projet de l’indépendance nationale. Il se contente d’en parler. Pour la rhétorique, il est imbattable. Dans les congrès, les élections, les assemblées de cuisine, oui, tout baigne. Mais, dans l’arène politique, tout freine... Il se réfugie dans le projet de reconfédération très politically correct. Ça fait « moralement bien »... Puis, sachant que le Canada a déjà dit NON à un tel projet, par le rapatriement de 1982, par le C-20, par la propagande intensive et ininterrompue depuis octobre 95, le projet de reconfédération n’est pas un projet compromettant... Ce qui a pour effet d’ouvrir des débats stériles, sur le modèle européen, par exemple. Ce qui a pour effet de consolider la perception que les Canadians se sont faite à l’effet que le séparatissss québécois est mort et enterré.
Ce qui a pour effet, plus gravement, de décourager les « porteurs de liberté » eux-mêmes. Par son inaction, par sa rhétorique essoufflée, par sa prétention à « occuper tout l’espace politique », par son orgueilleux esprit provincialiste, satisfait de son bilan de gouvernement provincial, le PQ travaille contre le projet qui l’a fait naître et durer...
Le PQ, c’est surtout un déni
Depuis les commencements, le Parti Québécois a proposé un projet de reconfédération, il a posé la question du Québec dans le cadre canadian, il a cherché à donner une suite politique au fait des deux peuples fondateurs. Depuis longtemps, ce fait a perdu de sa signification. Le pays d’immigration, multiculturel, qu’est devenu le Canada n’a que faire de ces archaïsmes. Le projet péquiste est voué à l’échec depuis les commencements.
Le PQ a cherché à donner une suite politique à un déni. Pourtant, la Conquête a eu lieu, le peuple québécois est un peuple dominé. C’est exactement ce que dénie son projet, en cherchant un accommodement avec le conquérant, niant ainsi les rapports de domination qui ont fait l’histoire des relations Canada-Québec depuis des générations.
La logique est dans les choses. Puisque le PQ ne semble pas résolu à prendre le chemin de la lutte, puisqu’il se contente de la rhétorique, puisqu’il esquive l’action, faut-il s’étonner que s’affaiblisse le lien qui cimentait la coalition péquiste ? Le PQ a perdu son âme. Le corps péquiste se défait, morceau par morceau.
Certains tentent d’étirer à droite dans le but de ramener les péquistes désenchantés qui ont fui vers l’ADQ. Peine perdue. Le PQ n’est pas un parti de droite. C’est une coalition souverainiste.
Certains tentent d’étirer à gauche dans le but de ramener les péquistes désenchantés qui ont fui vers la Gauche. Peine perdue. Le PQ n’est pas un parti de gauche. C’est une coalition souverainiste.
S’ils ont fui vers l’ADQ ou vers la Gauche, ce n’est pas parce que le PQ n’est pas assez à droite ou pas assez à gauche. Ce n’est pas parce que l’ADQ ou la Gauche feraient mieux avec leurs programmes ou leurs leaders. S’ils fuient le PQ, c’est parce que le PQ ne les retient plus. Parce que le projet de souveraineté, tel qu’il est porté par le PQ, ne les convainc plus. Nous sommes devant une crise de confiance. Une rupture. Le liant ne lie plus...
Le lien de confiance peut-il être rétabli ? Le PQ va-t-il survivre à cette grave crise existentielle ? Car il s’agit bien de cela, de son existence même, au-delà de sa réélection. La pesanteur péquiste est telle qu’il faudrait un moment de grâce extraordinaire pour y arriver.
Avec l’arrivée de Bernard Landry aux commandes, des militants s’étaient ramenés au PQ, croyant qu’enfin le parti avait trouvé son chef, celui qui ne pouvait que triompher..., et qui allait engager le bras-de-fer, et sérieusement. En lâchant son fameux « chiffons rouges », Bernard Landry montrait une rare détermination à ouvrir les hostilités. Las ! Après quatre minutes de gloire, il a pris quatre jours à s’excuser, cédant à la réaction bien orchestrée du Canada anglais, qui s’attaque toujours au chef souverainiste pour le déstabiliser. Imaginez le Général De Gaulle allant s’excuser auprès de Pearson après avoir lâché son « Vive le Québec libre »... Ces gestes symboliques doivent être posés avec résolution. Cela n’a pas été le cas. On y a surtout constaté la confusion... La pesanteur péquiste, c’est cela même. Une rhétorique stérile, jamais suivie d’effet. Les militants ont déchanté. Et ont quitté.
La même confusion guette les appels à la solidarité souverainiste : pourquoi être solidaires si rien ne se passe ? Pourquoi des démocrates consentiraient-ils à restreindre pendant plusieurs années encore leur pouvoir de choisir d’autres programmes quand la raison pour laquelle ils y consentaient ne leur semble plus être prise en compte sérieusement par ce parti ? Pourquoi être plus souverainistes que démocrates ? Souverainistes aux dépens de la démocratie ?
La même confusion guette les appels à la solidarité social-démocrate : pourquoi être solidaires si rien ne se passe ?
La même confusion guette les appels à la modernisation du projet souverainiste : pourquoi « retourner chaque pierre » si rien ne se passe ?
Pour le dire en un mot : pourquoi appuyer la rhétorique péquiste que des années d’immobilisme et une confusion originelle ont démentie ?
Le moment de grâce, on le voit, ne peut se présenter que d’une seule façon : dépasser la rhétorique par l’action. Maintenant.
Qu’est-ce à dire ? Comment faire confiance ? Comment ? La parole du PQ est rejetée par ceux qui l’ont déserté. On ne rétablit pas la confiance par un discours, fût-il mille fois réitéré.
Inutile de dire que SANS le PQ, la souveraineté est dans un cul-de-sac. Elle l’est déjà AVEC le PQ...
Bref, inutile de dire...
Faire.
Faire quoi ?
Plutôt que tenter de relancer la mobilisation autour d’une crise de la langue, en promettant une nouvelle loi 101, le parti de Pauline Marois serait bien avisé de reconsidérer sa décision de repousser aux calendes grecques le règlement de la question nationale.
Pour réussir, il lui faudrait repenser son projet, le radicaliser, et repenser sa méthode, la moderniser. Si jamais le PQ parvenait à penser INDÉPENDANCE au lieu de RECONFÉDÉRATION, il retrouverait très certainement sa pertinence sur la scène politique québécoise. Si jamais le PQ parvenait à coaliser les forces souverainistes dans une Grande Alliance, il retrouverait la ferveur populaire, qu’il prétend éteinte, à tort, faut-il le dire, autour d’un projet clair et net, mobilisateur.
Si, dans ce nouveau contexte, le PQ s’engageait à enclencher, immédiatement, le processus d’indépendance s’il réussit à obtenir plus de 50% des voix et une majorité de députés à l’Assemblée nationale aux prochaines élections, il aurait très certainement écarté des obstacles considérables. Exit le partenariat, la reconfédération, le modèle européen. Exit la menace du C-20, les cassures ethniques. Exit le référendum. Exit la majorité qualifiée de S. Dion.
Une élection référendaire serait l’occasion de souder discours et action. Elle montrerait un PQ libéré, guéri de la rhétorique stérile et infantilisante. Un PQ résolu à passer à l’action. Ce faisant, elle rétablirait la confiance, elle créerait les conditions d’une remobilisation des troupes. Elle ferait écho à la demande de changement des électeurs. Une demande de changement qui ne va pas nécessairement dans le sens que les journalistes de GESCA tentent de lui imprimer. Une demande qui exige de PASSER DE LA PAROLE AUX ACTES POUR ENFIN EN SORTIR... Sortir de manière HONORABLE ET TRIOMPHALE de l’impasse constitutionnelle et de la crise identitaire qui frappent depuis des décennies le peuple québécois. Sortir de cette ornière qui gruge nos forces et qui rabaisse notre fierté nationale, d’abord et avant tout à nos propres yeux.
Si le PQ rejette cette solution, s’il s’entête à étirer à gauche et à droite..., s’il s’enlise dans son mantra du « sortir, écouter, convaincre », s’il persiste dans la rhétorique habituelle, alors il faudra dire adieu à ce parti de coalition qui, après avoir gravement négligé son mandat originel et essentiel, ne peut, sans ce liant, satisfaire ni sa droite ni sa gauche, et est promis à la déconfiture.
En sachant bien que dire adieu au PQ ne signifie pas dire adieu au combat pour l’indépendance nationale. Ce serait peut-être même le contraire. Bonjour les vrais combattants de la liberté !
(Version modifiée) Bernard Frappier, "La pesanteur et la grâce", 20.6.2002
Hubert Larocque, Gatineau, le 24 avril 2008
Pourquoi la flambée de l’ADQ retombe-t-elle ? On peut accuser l’inconstance de l’opinion, des anecdotes qui desservent le parti, des départs assez négligeables. Il y aurait aussi l’étonnante habileté de M. Charest qui, par son profil fuyant, neutralise les combats.
D’un parti local, l’ADQ promettait de devenir le parti de l’identité québécoise, et de l’affirmation de celle-ci. Hérouxville répondait à une nécessité historique, même si ses initiateurs n’ont pu porter très loin son inspiration. M. Dumont a suivi la comète le temps qu’elle a duré. Il n’a pas réussi à dépasser le stade de l’instinct, et cet instinct même s’est révélé faible et diffus. Le sentiment s’est effrité faute d’une vision claire, de la formulation d’une doctrine nationale et de l’élaboration d’une politique originale.
Les événements offraient à l’ADQ la chance inestimable de se hisser au premier plan, de mobiliser le Québec contre le chaos que lui prépare la commission Bouchard-Taylor. L’ADQ aurait eu besoin d’une pensée forte, d’un sentiment national sans faille, d’une grande audace de vues et d’action. Elle s’est montrée faible, indécise, opportuniste. Sa médiocrité l’apparente aux autres partis. Est-il trop tard pour qu’elle revienne à son âme ?

