Madame Marois, je suis surpris du silence du Parti québécois dans le conflit en Afghanistan et ne venez pas me servir que les affaires étrangères relèvent de la compétence fédérale lorsqu’on est à la tête d’un parti politique qui veut faire du Québec un pays. Cela serait beaucoup trop facile vous en conviendrez !
Qu’on envoie les fils et les filles du Québec pour qu’ils reviennent dans des boîtes de bois alors que 70% des québécois et québécoises désapprouvent cette mission, nous regardent bien au contraire et que les souverainistes dont vous êtes ont tort de ne pas se mêler de cette ignominie. Nous ne pouvons rester insensibles devant le cas de la jeune femme des Méchins. Combien devrons-nous en envoyer se faire massacrer pour satisfaire la propagande odieuse du fédéralisme canadien ?
La question militaire est aujourd’hui un tabou au sein du Parti québécois. C’est même, une véritable omerta et cela ne fut point toujours comme cela. Je me rappelle de mes années de militance au sein du parti que vous dirigez. Je vous invite à consulter le programme de 1970 aux Éditions du Jour. (La Solution, page 89, chapitre 4, 4.7)
Le Québec devra se faire reconnaître sur le plan international comme une nation pacifiste en adoptant le principe du rejet du recours à la guerre comme solution aux différends internationaux, en favorisant le désarmement et en s’opposant aux expériences et à l’utilisation d’armes nucléaires et bactériologiques.
Dans cette perspective, il semblerait fort indiqué que le Québec se retirât d’alliances militaires comme NORAD et l’OTAN pour adopter une politique pacifiste efficace au moyen d’une éducation populaire préparant à la résistance organisée s’appuyant sur un Corps de paix dont le matériel serait disponible à d’autres fins que celles de la guerre, par exemple en cas de conflagrations, feux de forêts, etc. La nécessité d’assurer l’intégrité du territoire et l’utilité de collaborer avec l’ONU, sont deux des raisons justifiant cette décision.
Cela fait-il encore partie du programme du parti québécois ?
Un important débat doit se tenir au sein de votre parti. Des centaines de militaires québécois ont voté pour votre formation politique lors d’élections générales par le passé. Plusieurs d’entre eux se sont prononcés en faveur de la souveraineté lors des deux derniers référendums. Ils doivent eux-aussi contribuer à l’édification de ce pays québécois. Présentement, ils sont pris en otage par un gouvernement fédéral qui les instrumentalise trop souvent, à des fins politiques.
L’ouverture de ce débat au sein de votre parti doit entre autre servir à leur tendre la main. Si la question nationale les insécurisent ; quelle belle occasion de les rassurer en allant les rencontrer afin d’échanger avec eux, les mettre dans le coup ! La chef de l’opposition à l’Assemblée Nationale du Québec a-t-elle le droit de se rendre à la base militaire de Valcartier pour dialoguer avec les militaires québécois ? Moi, je pense que oui et quel que soit le rôle qu’ils auront à jouer dans un Québec souverain, la situation commande cette démarche de grande ouverture de la part des souverainistes. Le PQ doit se prononcer !
En démocratie ; l’armée doit servir le peuple non pas des régimes ou des systèmes !
Denis Julien, Saint-Apollinaire (Lotbinière)

